EMMY AWARDS 2017, 69ème

 

Dimanche soir, le palmarès des Emmy Awards a fait mentir Cristiano Ronaldo qui affirmait à l’issue de l’Euro 2016 : « Ce n’est pas toujours la meilleure équipe qui gagne ! » Car ce 17 septembre à Los Angeles, sur la scène du Microsoft Theatre où avait lieu la remise des trophées qui récompensent le fleuron de la télévision américaine, ce sont bien les meilleurs qui l’ont emporté.

En l’absence du poids lourd Game Of Thrones, dont la saison 7 a été diffusée trop tard pour être éligible (il fallait aux programmes avoir été diffusés entre le 1er juin 2016 et le 31 mai 2017), The Handmaid’s Tale et Big Little Lies sont donc les grandes gagnantes de la saison. Bien que très différentes, les deux séries abordent un thème commun : la condition féminine et, en particulier, les violences faites aux femmes.

 

The Handmaid’s Tale : Meilleure série dramatique

Et pourtant, la concurrence était rude (Westworld, Stranger Things, The Crown, Better Call Saul, The Crown, House Of Cards, This Is Us), mais la série adaptée du roman de Margaret Atwood a impressionné à tous les niveaux : écriture, mise en scène et performances d’acteurs (lire critique AFAP) .

La virtuose Elisabeth Moss a reçu l’Emmy Award de la Meilleure actrice dans une série dramatique, forcément. Ann Dowd celui du Meilleur second rôle féminin et Alexis Bledel, l’inoubliable Rory de Gilmore Girls, celui de la Meilleure guest actress

The Handmaid’s Tale a également été couronnée pour la Meilleure mise en scène (pour l’épisode Offred, signée Reed Morano) et le Meilleur scénario (pour le même épisode, écrit par Bruce Miller). Dans les catégories techniques, la photo et la direction artistique ont également été récompensées.

Big Little Lies : Meilleure mini-série

Préférée à la pourtant géniale The Night Of, la série du créateur d’Ally McBeal a elle aussi séduit le public cette année. Elle narre les tribulations de trois femmes de Monterey (Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley), mères d’élèves de la même école, qui se rapprochent et s’allient lorsqu’à la rentrée des classes, le petit garçon de l’une d’elles tente d’étrangler la fille d’une des mères les plus influentes de l’établissement (Laura Dern). Adaptée du roman homonyme de Liane Moriarty, Little Big Lies montre la face cachée d’une communauté WASP de Californie. L’enquête sur un meurtre mystérieux sert de fil rouge à ce Desperate Housewives sulfureux, dérangeant et violent, transcendé par des numéros d’actrices et acteurs sensationnels. Mise en scène par le Québécois Jean-Marc Vallée, la mini-série s’achève en apothéose, sur un septième épisode en forme d’uppercut.

Nicole Kidman remporte l’Emmy Award de la Meilleure actrice dans une mini-série. Elle était en concurrence avec sa partenaire Reese Witherspoon, tout aussi remarquable, mais pour le traitement de choc réservé à son personnage tout au long du show, Kidman méritait une récompense.

Alexander Skarsgard, qui n’a pas hésité à écorner son image, et la stupéfiante Laura Dern, raflent légitimement ceux des Meilleurs seconds rôles masculin et féminin.

Big Little Lies permet aussi à Jean-Marc Vallée de rafler l’Emmy Award du Meilleur metteur en scène, tandis que trois trophées ont salué l’excellence du Casting, de la Supervision musicale et des costumes.

 

The Night Of : Riz Ahmed, Meilleur acteur dans une mini-série

Avec ses treize nominations, la mini-série de Steven Zaillian pouvait prétendre à de nombreux trophées, mais elle a été devancée dans sa catégorie par Big Little Lies, plus récente et probablement plus fraîche dans l’esprit du jury. Néanmoins, l’épatant Riz Ahmed a obtenu l’Emmy Award du Meilleur acteur pour sa performance dans le rôle de Nazir “Naz” Khan, et on s’en félicite. Le show a également été récompensé dans quatre catégories techniques (la photo, le montage, le mixage et le montage sonores).

Et parmi les autres récompenses notables…

This Is Us

Sterling K. Brown qui avait tant impressionné dans American Story : The People Vs O. J. Simpson reçoit l’Emmy du Meilleur acteur dans une série dramatique et Gerald McRaney est salué en tant que guest actor.

Black Mirror : Emmys du Meilleur téléfilm et du Meilleur scénario pour un téléfilm.

Veep : La sixième saison de la série créée par Armando Iannucci reçoit l’Emmy de la Meilleure comédie tandis que son héroïne, Julia Louis-Dreyfus, est couronnée Meilleure actrice pour la sixième année consécutive !

Atlanta : Véritable révélation, Donald Glover, créateur et acteur du show est récompensé en tant que Meilleur acteur dans une comédie, et reçoit également l’Emmy de la Meilleure mise en scène pour l’épisode B. A. N.

The Crown, une des grandes perdantes de la soirée (avec Westworld) est malgré tout saluée par l’Emmy du Meilleur second rôle dans une série dramatique, qui est allé à John Lightow, impérial dans le rôle de Churchill.

Et enfin le trophée de la Meilleure émission de divertissement à sketches a été attribué à Saturday Night Live, également récompensée pour la réalisation, ses seconds rôles Alex Baldwin et Kate McKinnon, et ses guests Melissa McCarthy et Dave Chappelle.

La cérémonie présidée par l’humoriste Stephen Colbert avait débuté de manière fracassante par un numéro musical en hommage aux séries en lice de la saison, dont le refrain « Everything is better on TV ! » a dû aller droit au cœur des sériephiles. Le remplaçant de David Letterman au Late Show a fait brillamment le job, en taclant abondamment Donald Trump, cible de la plupart des lauréats durant leur discours et notamment de l’inoxydable trio Jane Fonda-Dolly Parton-Lily Tomlin. La soirée a été pimentée, entre autres, par l’apparition surprise de l’ex-attaché de presse de la Maison Blanche Sean Spicer, le baiser d’Alexander Skarsgard à Nicole Kidman sous les yeux du mari de cette dernière, et l’intrusion de Colbert dans l’univers de Westworld, où il est apparu nu, à la manière des robots de la série, interrogé par le sinistre docteur Ford campé par Jeffrey Wright. A la question récurrente dans le show : « Avez-vous déjà remis en question la nature de votre réalité ? », l’animateur a asséné : « Chaque jour depuis le 8 novembre dernier ! »

Site Officiel des Emmys 2017

CÉSAR, OSCARS, RAZZIES 2017

 

CÉSAR 2017, 42ème

 

 (Photo AFP)
 « Monsieur Terzian, vous nous éclaboussez de joie de vivre ! ».

Même s’il n’a pas véritablement démérité, Jérôme Commandeur a manqué un tantinet de peps pour animer cette 42ème cérémonie des César à la Salle Pleyel, et son humour pince-sans-rire est apparu souvent terne comparé à celui, plus rentre-dedans, de sa consœur Florence Foresti l’année précédente. Après une séquence d’ouverture laborieuse, puis un hommage dansé à George Michael à peine plus enlevé, la cérémonie sans président — Roman Polanski s’étant retiré sous la pression des ligues féministes — s’est déroulée sans encombre, ni exaltation, relevée quand même par des moments sympathiques.

Morceaux choisis 

« Je salue le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux ! Il a peu de travail en ce moment, il peut se permettre de venir aux César. »

À Isabelle Huppert : « Golden Globe de la Meilleure actrice le mois dernier, nommée ce soir aux César dans la même catégorie et qui s’envole demain pour les Oscars. Vous raflez tout chère Isabelle, à tel point que la presse parle d’une hupperisation du cinéma. »

À Anne Fontaine : « Les Innocentes, c’est l’histoire de nonnes abusées par des soldats russes, dans un couvent polonais en décembre 45… Autant dire, chère Anne, que pour les César, vous avez mis les chances de votre côté. »

 « A l’énoncé de ce speech, on peut dire, cher François Ozon, que Frantz, sublime et impossible histoire d’amour entre une Allemande et un Français à la fin de la Première Guerre mondiale, comparé au Innocentes d’Anne Fontaine, c’est Camping 3. »

Les lauréats sont… 
 

L’année 2016 a été plutôt réjouissante pour le cinéma français. Outre le record historique de fréquentation des salles, la production a brillé par sa diversité et sa qualité. La compétition s’annonçait donc des plus serrées. Avec leurs onze nominations chacun, Elle de Paul Verhoeven, et Frantz, de François Ozon, faisaient figure de favoris, suivis de Ma Loute (9 nominations), Mal de pierres (8) et Divines (7).

Elle a logiquement raflé les César du Meilleur film et de la Meilleure actrice pour Isabelle Huppert (son deuxième après celui obtenu pour La cérémonie, de Claude Chabrol), mais il aura fallu attendre la toute fin de soirée pour que le film de Paul Verhoeven remporte ses deux premiers trophées.

(Photo AFP)

« Je pense parfois aux rapports entre l’interprète que je suis et les rôles que j’ai joués. Et bien je crois que pour Elle, le rôle l’emporte sur l’interprète. Parce qu’au fond, je ne jouais pas plus mal dans d’autres films, mais, cette année, il me semble que vous l’avez mieux remarqué. »

Pour Frantz, en revanche, c’est un peu la douche froide, le film ne s’est vu attribuer que le César mérité de la Meilleure photo (signée Pascal Marti), celui du Meilleur espoir féminin attendu pour l’extraordinaire Paula Beer lui ayant échappé.

Au nombre de trophées, c’est Juste la fin du monde et le challenger Divines qui l’emportent, avec trois César chacun. Le bijou de Xavier Dolan a été salué pour le montage, la réalisation et pour la jolie prestation de Gaspard Ulliel, César plutôt inattendu du Meilleur acteur (surtout lorsqu’on pense à la performance de Nicolas Duvauchelle dans Je ne suis pas un salaud). L’absence de Gaspard Ulliel (en tournage) a permis à l’inénarrable Xavier Dolan de battre le record de présence sur scène de la soirée (il est en effet le monteur de ses films).


(Photo Bertrand Guay/AFP)

Divines, de Houda Benyamina, couronné Meilleur premier film, offre respectivement à ses deux comédiennes Déborah Lukumuena et Oulaya Amamra les César de Meilleur second rôle féminin, et du Meilleur espoir. On pardonne à Déborah Lukumuena d’avoir chipé le trophée aux épatantes Nathalie Baye et Anne Consigny, pour son discours aussi pertinent qu’émouvant.

(Photo Bertrand Guay/AFP)
Reprenant les mots d’Annie Girardot, la jeune comédienne débutante, très émue a clamé : « Moi je ne sais pas si le cinéma m’aime, mais j’ai envie de vous dire que je l’aime terriblement. »

 

(Photo Philippe Wojazer/REUTERS)
Si les votants n’ont pas donné leur préférence au surprenant Diamant noir, premier film d’Arthur Harari, il a brillé malgré tout grâce à son comédien principal, Niels Schneider, lauréat habité du César du Meilleur espoir : « Je vous prie d’excuser mes cafouillages, les mots ont tendance à se télescoper dans les moments de joie comme celui-ci. », qui a rendu un hommage vibrant à Hafed Benotman, son partenaire dans le film, décédé en 2015.


Injustement boudé par la critique à sa sortie début 2016, L’Odyssée de Jérôme Salle, a remporté quant à lui le César du son, ce qui a valu le discours le plus romantique de la soirée, de la part d’un des membres de l’équipe venu chercher le trophée « Je voudrais partager ce César, d’une part avec mon fils, et d’une part avec la femme que j’aime, qui est ma voisine d’en face. »

 


Moi Daniel Blake, de Ken Loach, rafle sans surprise le César du Meilleur film étranger, et Ma vie de courgette, de Jean-Claude Barras, est couronné des César du Meilleur long-métrage d’animation, et de la Meilleure adaptation (elle est signée Céline Sciama). Le film a également reçu une nomination à l’Oscar.

 


L’Académie a également distingué Chocolat, via le César du Meilleur second rôle pour James Thierrée et les décors de Jérémie D. Lignot, L’effet aquatique, pour le scénario original de la regrettée Solveig Ansbach et Jean-Luc Gaget, Dans les forêts de Sibérie, pour la musique de l’incontournable Ibrahim Maalouf et La danseuse, pour les costumes signés Anaïs Romand.

 


Parmi les coups d’éclat de cette cérémonie, on retiendra l’hommage à Jean-Paul Belmondo, devant sa famille et entouré de sa famille de cinéma, le clin d’œil à La La Land par Jérôme Commandeur et Marthe Villalonga, le sketch du choix du superlatif par Jérôme Commandeur et Nathalie Baye, et le coup de gueule de François Ruffin, réalisateur de Merci Patron, récompensé par le César du Meilleur documentaire, envers les délocalisations des usines.

« Ca dure comme ça depuis trente ans parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés et donc on n’en a rien à foutre ! Si c’était des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement ! »

 

(Photo Bertrand Guay/AFP)
La palme de l’humour revient à Jean Dujardin et George Clooney venu recevoir son César d’honneur. Chargé par ce dernier de traduire ses propos, l’acteur français en a profité pour tacler Donald Trump, avec la complicité avec son ami américain :

George Clooney : « Les réalisateurs incroyables avec qui j’ai travaillé m’ont protégé, inspiré. Grâce à eux je mesure l’honneur de travailler dans le cinéma. »
Traduction par Jean Dujardin : « Donald Trump est un danger pour le monde, et je ferai tout mon possible pour m’opposer à la peur et à la haine qu’il tente d’instaurer. »

Déceptions

Force est de constater que si le palmarès s’est révélé équitable et équilibré, certains films méritants sont tout de même restés sur le carreau. Bruno Dumont, hélas, n’a pas été récompensé pour son audace. Ma Loute est en effet reparti bredouille, comme Les innocentes d’Anne Fontaine et le beau Mal de pierres de Nicole Garcia. Rien non plus pour Le fils de Jean, ni Victoria, Irréprochable, ou La fille de Brest pourtant plébiscités par la critique,

Glamour

Le César AFAP du Glamour est décerné à Soko, nominée malheureuse de La danseuse, mais magnifique en robe Gucci.

(ABACA)

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES CÉSAR 2017 
Critique Elle
Critique Frantz
Critique Diamant noir
Critique Juste la fin du monde

 

OSCARS 2017, 89ème

 

« Peut-être que ce n’est pas très tendance en ce moment, mais j’aimerais remercier le Président Trump. Vous vous souvenez, l’année dernière, on pensait que c’était les Oscars qui étaient racistes… »

 Qui aurait pu penser que la cérémonie des Oscars, d’ordinaire huilée comme une horloge suisse, allait cafouiller à ce point. Tout avait pourtant bien commencé, avec une performance de Justin Timberlake, qui, sur son tube « Can’t Stop The Feeling », nommé à l’Oscar de la Meilleure chanson, a fait danser d’entrée de jeu tout le parterre d’invités avant que le maître de cérémonie, Jimmy Kimmel, spirituel animateur du Jimmy Kimmel Live, n’investisse la scène.

« Des millions de téléspectateurs regardent cette retransmission dans deux cent cinquante pays, qui, soit dit en passant, maintenant nous détestent. »

A Isabelle Huppert : « Je suis ravi qu’on vous ait laissé passer la frontière. On est très accueillants, ici à Hollywood. On ne fait pas de discrimination basée sur le pays d’origine. Ici, en général quand on discrimine, c’est en fonction de l’âge et du poids. »

« C’est une année incroyable pour le cinéma, les noirs ont sauvé la Nasa, et les blancs ont sauvé le jazz. C’est ce qu’on appelle le progrès. » (allusion aux Figures de l’ombre et La La Land)

« Matt Damon et moi on se connaît depuis longtemps. Vraiment. D’ailleurs, ça fait tellement longtemps qu’on se connaît que quand je l’ai rencontré, le plus gros des deux, c’était moi. »

 « Viggo Mortensen, il est vraiment formidable. Il est nommé comme Meilleur acteur dans Captain Fantastic. C’est vraiment mérité. Ça arrive trop souvent que l’Académie des Oscars ne récompense que des films que les gens ont vus. »

« Nous sommes ici pour rendre hommage aux grands acteurs, mais aussi aux acteurs qui ont l’air formidable, et qui ne le sont pas vraiment. Parmi tous ces ‘soi-disant’ grands acteurs à Hollywood, il y en a une sur qui le temps n’a pas d’emprise. Ses performances ne manquent jamais de décevoir. Depuis son interprétation médiocre dans Voyage au bout de l’enfer, en passant par Out Of Africa, Kramer contre Kramer, ou Le choix de Sophie, Meryl Streep déçoit systématiquement, et ça fait cinquante films tout au long de sa terne carrière qu’elle fait ça. » (allusion au tweet de Donald Trump, sur le tweet assassin de Donald trump, qui avait dit de Meryl Streep qu’elle était « l’actrice la plus surestimée d’Hollywood »).

« Vous êtes nommés et certains d’entre vous auront le privilège de faire un discours, qui sera retweeté en lettres majuscules par le Président des Etats-Unis, pendant qu’il sera assis sur le trône à cinq heures du matin. »

 

Les lauréats sont… 

Hélas, le raz de marée La La Land n’a pas eu lieu. Estampillé phénomène dès sa sortie, en décembre 2016, le deuxième long-métrage de Damien Chazelle, auréolé de sept Golden Globes le mois précédent, n’a pas transformé ses quatorze nominations. Ce n’est pas réellement une surprise, le film était victime d’un backlash depuis quelques semaines aux Etats-Unis. Les critiques et les médias ont été en effet aussi prompts à le démolir qu’ils l’avaient été à l’encenser, le jugeant finalement « pas si terrible », « truffé de clichés », et pointant « les médiocres qualités de danseurs et chanteurs » d’Emma Stone et Ryan Gosling. Si l’Oscar du Meilleur film lui a échappé au profit de Moonlight, le deuxième long-métrage de Barry Jenkins, La La Land repart vainqueur au nombre de trophées, six au total.

(photo Gavin Bond pour Variety)

La comédie musicale a logiquement remporté les Oscars de la Meilleure chansonCity Of Stars ») et de la Meilleure musique (elle est signée Justin Hurwitz), ceux des Meilleur décors et Meilleure photo (Linus Sandgreen), celui du Meilleur réalisateur (à trente-deux ans, Damien Chazelle devient ainsi le plus jeune cinéaste oscarisé), et de la Meilleure actrice pour Emma Stone, dont le talent de comédienne ne souffre pas de discussion, qui coiffe au poteau Isabelle Huppert et Natalie Portman.

 

 

Difficile de ne pas voir dans la victoire de Moonlight, de Barry Jenkins, la volonté de l’Académie de faire oublier les polémiques de l’année précédente, et le fameux #OscarsSoWhite. Racontant le parcours d’un jeune homosexuel noir aux Etats-Unis, Moonlight bat non seulement le record du plus petit budget de l’histoire des Oscars (un million et demi de dollars) mais s’inscrit également comme le premier film LGBT (Lesbians, Gays, Bisexuels, Trans) noir à remporter l’Oscar.

(photo REUTERS/Lucy Nicholson)

Moonlight remporte aussi l’Oscar de la Meilleure adaptation et l’Oscar du Meilleur second rôle masculin, pour le très sympathique Mahershala Ali.

 

(photo Forbes)

Très logiquement aussi, Casey Affleck rafle l’Oscar du Meilleur acteur, pour le bouleversant Manchester By The Sea devant son frère ému aux larmes. Sa victoire a été accueillie par une volée de bois vert sur la toile, l’acteur de quarante et un an faisant face à des accusations de harcèlement sexuel sur des faits remontant à 2010. Le film de Kenneth Lonergan remporte également l’Oscar du Meilleur scénario original.

 

Parmi les autres films distingués, Tu ne tueras point, de Mel Gibson remporte deux Oscars techniques, pour le son et le montage.

 

Fences, de Denzel Washington est salué par l’Oscar du Meilleur second rôle féminin. La toujours formidable Viola Davis a livré le discours le plus bouleversant de la soirée :

« Je veux exhumer les histoires de gens qui ont eu d’énormes rêves et n’ont jamais vu ces rêves devenir réalité. Des gens qui sont tombés amoureux et ont perdu. Je suis devenue une artiste et heureusement que je l’ai fait. En effet, nous sommes la seule profession qui célèbre le sens de vivre une vie. »

 

Le Client, d’ Asgar Fahradi, remporte l’Oscar du Meilleur film étranger. Resté dans son pays avec toute l’équipe du film en guise de protestation, et refusant de bénéficier d’une exception en tant qu’artiste, le cinéaste iranien a fait lire une déclaration applaudie par l’assistance.

« Mon absence témoigne de mon respect envers mes compatriotes et des autres nations à qui on a manqué de respect du fait de cette loi inhumaine interdisant aux immigrants l’accès aux Etats-Unis. »

 

Tandis que Les animaux fantastiques reçoit l’Oscar des Meilleurs costumes, Premier contact celui du Meilleur montage sonore, et Le livre de la jungle celui des Meilleurs effets spéciaux, l’épatant Suicide Squad remporte l’Oscar des Meilleurs maquillages et on s’en réjouit.

A la fin de ses remerciements, l’un des membres de l’équipe, en tant qu’immigré italien, a tenu à dédier cette victoire à tous immigrés du monde.

 

La chouette production Disney Zootopie remporte l’Oscar du Meilleur film d’animation.

 

Après le succès de la série American Crime Story, consacré au tristement célèbre ex-joueur de football américain, c’est O.J. : Made in America, le documentaire fleuve (7h 43) d’Ezra Edelman qui obtient l’Oscar dans sa catégorie.

 

Parmi les moments mémorables :

– Les bonbons tombés du ciel.
– Les vannes continuelles de Jimmy Kimmel à Matt Damon, et le reportage hilarant censé témoigner du manque de talent de l’acteur.
– L’édition Oscar des tweets méchants, lus par les acteurs concernés.
« Emma Stone ressemble à une traînée qui prend du crack, dans chacun de ses rôles. »

– Les touristes débarqués d’un bus tour qui arrivent d’une entrée latérale au beau milieu de la soirée, pensant visiter une exposition sur les costumes. N’en croyant pas leurs yeux, ils se retrouvent nez à nez avec le parterre de stars qui leur sont présentées par Jimmy Kimmel :
« Je vous présente Ryan Gosling, surtout ne le regardez pas trop longtemps, vous allez vous brûler les yeux. »

#LaLaGate #EnveloppeGate

Et enfin, la bourde magistrale, voire historique, a été commise dans les dernières minutes de la cérémonie par le tandem mythique Faye Dunaway et Warren Beatty venus remettre l’Oscar du Meilleur film. Visiblement embarrassé en lisant le résultat, Beatty a refilé le carton à sa partenaire, qui a clamé « La La Land ». Le temps que toute l’équipe du film se précipite sur scène, émue, pour remercier, le staff de l’Académie s’est rendu compte de l’erreur. Après un moment de confusion générale, Jordan Horowitz, le producteur de La La Land lui-même, s’est emparé violemment du bon carton et annoncé au micro la victoire de Moonlight. L’incident de l’enveloppe donnée par erreur a valu de nombreux tweets hilarants, dont celui de M. Night Shyamalan : « I wrote the ending of Academy Awards 2017@JimmyKimmel We really got them ! »

(Photo by Kevin Winter/Getty Images)

Dans son émission, Jimmy Kimmel a déclaré que « c’était la pire fin d’un show TV depuis la fin de Lost. » et a raillé la fuite de Faye Dunaway. La vilaine (son visage revu par la chirurgie esthétique est une véritable horreur !) s’est en effet enfuie comme une malpropre, laissant l’infortuné Warren Beatty tenter bravement et vainement de s’excuser.

(Photo Variety)

Pas de rancœur toutefois. Depuis, Damien Chazelle et Barry Jenkins, deux jeunes cinéastes qui se connaissent depuis leurs débuts, sont revenus avec fair play sur l’incident en livrant une interview commune au magazine Variety.

Glamour

Oscar de la plus belle robe AFAP est attribué cette année à Nicole Kidman, sublime en Armani Privé

(Getty Pictures)

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES OSCARS 2017

RAZZIE AWARDS 2017

La veille des Oscars, avait lieu comme il est d’usage la 37ème soirée des Razzie Awards, qui récompensent le pire du cinéma hollywoodien. Deux films se sont partagé les trophées.

Il avait été applaudi par Donald Trump durant la campagne, mais ce 25 février, le documentaire à charge, Hillary’s America, The Secret History of the Democratic Party a été élu le pire film de l’année, son metteur en scène très conservateur Dinesh D’Souza a été lui aussi distingué en tant que pire réalisateur et acteur (dans son propre rôle), sa partenaire Becky Turner, qui prête ses traits à Hillary Clinton, a été couronnée elle aussi.

Batman v Superman : l’aube de la justice, de Zack Synder, continue son chemin de croix. Il a remporté quatre trophées, dont celui de la pire suite ou remake, du pire second rôle (Jesse Eisenberg), pire scénario et pire combinaison à l’écran (Ben Affleck et Henry Cavill).

Quand à Kristen Wiig, elle a été distinguée par le trophée du pire second rôle de l’année pour sa prestation dans Zoolander 2, de Ben Stiller, qui avait obtenu le plus grand nombre de nominations (8) à égalité avec Batman v Superman.

BEST OF 2016

FILMS

Je n’en ai retenu que sept cette année. Ils sont pour moi les plus accomplis, dans la forme et le fond. Ils sont aussi ceux que je conseillerais à mes amis, et que je reverrai avec plaisir. Je réserve trois places pour d’éventuels chefs-d’œuvre pas encore vus, comme The Strangers, qui débarque ce mois-ci en DVD/Blu-ray. Suicide Squad, que j’ai adoré, n’y figure pas, mais j’ai dû me faire violence, parce que Margot Robbie y est absolument géniale.

 

THE REVENANT – Alejandro G. Innaritu (février 2016 France)
Critique

 

LES HUIT SALOPARDS (The Hateful Eight) – Quentin Tarantino (6 janvier 2016 France)
Critique

 

ELLE – Paul Verhoeven (mai 2016)
Critique

 

JUSTE LA FIN DU MONDE – Xavier Dolan (septembre 2016)
Critique

 

ROGUE ONE (Rogue One – A Star Wars Story)- Gareth Edwards (décembre 2016 France)
Critique très prochainement

 

LOVE & FRIENDSHIP – Whit Stillman (22 juin 2016 France)
Critique

 

MA LOUTE – Bruno Dumont (mai 2016)
Critique

 

 

SÉRIES

Dans la pléthore de séries diffusées en 2016, j’ai retenu les dix qui m’ont scotchée au fauteuil, dont les huit premières sont de véritables merveilles et ont une vraie dimension cinématographique (ça m’arrache le cœur, mais j’ai  dû écarter The Walking Dead et Mr Robot, un peu décevantes cette année et Westworld, que je qualifierai de « prometteuse » pour le moment).

THE NIGHT OF

 

VINYL

 

GOMORRA Saison 2

 

GAME OF THRONES Saison 5

 

STRANGER THINGS Saison 1

 

AMERICAN CRIME STORY : THE PEOPLE v. O.J. SIMPSON

 

HAPPY VALLEY Saison 2

 

LES ENQUÊTES DE MORSE Saison 3

 

BATES MOTEL Saison 4

 

VIKINGS Saison 4

 

 

MUSIQUE

Pour le fun, voici la playlist de mes dix chansons de l’année, que j’aime pour des raisons diverses et variées et que j’ai véritablement écoutées en boucle, au risque de faire s’étrangler parfois mon rock critic de mari…

Riz MC (Riz Ahmed) – Englistan
Kazy Lambist – All I Wanna Do
The Divine Comedy – Catherine The Great
The Weeknd – Starboy (ft Daft Punk)
Hypnolove -La piscine
David Bowie – Dollar days
The Dandy Warhols – You are killing me
Keren Ann – Insensible World
ABC – Viva Love
Justin Timberlake – Can’t stop the feeling !