HOPE de Na Hong-jin

Il faut le voir pour le croire ! Le réalisateur sud-coréen de The Chaser, The Murderer et The Strangers a pris de la hauteur. Il signe un thriller hybride et fantastique à tous points de vue ! (Sans spoilers)

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« What a freaking mess… »

 

HOPE (Hopeu)

Na Hong-jin
2026
Dans les salles françaises depuis le 28 octobre 2026

En Corée du Sud, à la frontière avec le Nord, le chef de la police du village de Hope Harbor (Hwang Jung-min) a été appelé d’urgence. En lisière de forêt, des chasseurs ont découvert la dépouille d’un bœuf lacéré de griffures étranges. On évoque la présence d’un tigre meurtrier venu de Sibérie. Affolé, le policier file prévenir les habitants, tandis que les chasseurs partent explorer les bois. Ils sont loin d’imaginer la nature et l’ampleur de la menace…

On n’avait pas de nouvelles de Na Hong-jin depuis 2016 et son cauchemardesque The Strangers. Le cinéaste sud-coréen a en effet mis une décennie à concevoir Hope, un film de dingue (il serait le plus cher de l’histoire du pays) dont il convient d’en connaître le moins possible avant le visionnage. On embarque pour une course folle façon montagnes russes durant deux heures quarante, sans temps mort. L’action, le fantastique, le suspense, l’horreur, la science-fiction, le western, le gore parfois, et la comédie tout le temps s’enchevêtrent dans cette aventure rien moins qu’époustouflante. En dépit du chaos ambiant, la narration ne s’égare jamais et tient le spectateur en haleine jusqu’au bout. Cette maîtrise impressionnante n’est pas nouvelle. Na Hong-jin avait fait sensation dès ses débuts en 2008 avec The Chaser, un thriller urbain violent et horrifique qui révélait déjà sa virtuosité à filmer l’action, et son penchant pour la traque et les courses-poursuites échevelées et à rallonge. Ici, il est passé à la vitesse supérieure, et elles se font à pied, en voiture, à cheval et même à vélo…

 Pour cette chasse au monstre truffé de surprises — et notamment la présence de Michael Fassbender et Alicia Vikander, dans des rôles inattendus –, le réalisateur s’est autorisé à rêver en grand, et a transposé ses délires dans un espace bien plus vaste. Il n’a pas la noirceur des films précédents, mais on y retrouve le réalisme et l’aspect viscéral de son cinéma. Les personnages de Hope font les frais de sa coutumière misanthropie : beaucoup sont cupides, déviants, lâches ou simplement idiots. Face à l’ampleur de la catastrophe, les réactions des villageois hébétés restent très terre à terre. Les dialogues, parfois absurdes, confèrent aux moments de tension extrêmes un caractère éminemment burlesque. On pense inévitablement à The Host ou même à Memories Of Murder, de son compatriote Bong Joon-ho. Ainsi, le chef de la police, chevronné à défaut d’être futé, est loin d’être héroïque. Heureusement, sa jeune adjointe, campée par une formidable Hoyeon (vue dans Squid Game) fait, elle, preuve de jugeote, mais aussi d’un courage et d’un sang-froid à toute épreuve. Si la dernière partie de l’aventure, faisant entrevoir une possible suite, laisse un peu sceptique, la mise en scène, spectaculaire et euphorisante, suffit à émerveiller. À l’heure où le 7e art est malmené par les séries et les plateformes de streaming, Hope est une pure et jubilatoire expérience de cinéma, à vivre en salle… évidemment.
2 h 40 Et avec Zo In-sung, Taylor Russell, Lee Sang-he, Eum Moon-suk, Im Yyun shik…

 

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