Kris Kristofferson joue les justiciers au grand cœur dans ce néo-noir romantique d’Alan Rudolph de 1985, où les paumés et les losers sont rois.
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Trouble in mind, I’m blue.
But I won’t be blue always
Cause the sun’s gonna shine
In my back door some day
« Trouble In Mind » (Richard M. Jones)
WANDA’S CAFÉ (Trouble In Mind)

1985
Disponible en Blu-ray chez BQHL Éditions
Dans un futur proche, le bar de Wanda (Geneviève Bujold) est un havre de paix pour les paumés de Rain City. Ancien amant de la belle tenancière et ex-flic sorti fraîchement de prison, Hawk (Kris Kristofferson) réapparaît. Il se prend de sympathie pour un jeune couple d’amoureux venu de la campagne qui a élu domicile chez Wanda et dont l’homme (Keith Carradine) s’est naïvement acoquiné avec de dangereux truands…
Comme dans Choose Me, réalisé un an auparavant, il règne dans Wandas’s Café la même ambiance étrange, si propre à ce cinéaste d’une grande sensibilité, ex-assistant de Robert Altman dans les années 70. Et comme toujours, les comédiens, attachants, excellent. Kris Kristofferson impose sa magnifique stature de héros cabossé par la vie. Keith Carradine joue les androgynes déjantés. Geneviève Bujold est impeccable, et la jeune Lori Singer (double troublant de Daryl Hannah), adorable. On remarque aussi Divine, sans maquillage extravagant, parfait en tueur implacable, son premier rôle masculin. L’âpreté de la chanson « Trouble In Mind » — par ailleurs titre original du film, bien plus pertinent — qu’interprète, avec toute sa délicatesse légendaire, la talentueuse Marianne Faithfull, donne à ce néo-noir des atours de ballade triste. Le café de Wanda est situé dans un quartier sordide, à l’extrémité de Rain City, une ville où il ne pleut jamais (Seattle a servi de décor) et le futur ressemble étrangement aux années 40, façon Blade Runner. Baroque, mélo, avec une touche de dystopie, ce thriller envoûtant peut tout aussi bien dérouter. L’audace d’Alan Rudolph a d’ailleurs été loin de faire mouche et contrairement à Choose Me, hélas, ce film poétique et mélancolique n’a pas trouvé son public.
1 h 51 Et avec Joe Morton, John Considine, George Kirby, Dirk Blocker…




