LA LA LAND

Here’s to the ones
Who dream
Crazy, as they may seem
Here’s to the hearts that break
Here’s to the mess we make
 

LA LA LAND


Damien Chazelle
2016 (Dans les salles françaises depuis le 25 janvier 2017)
Sept Golden Globes, quatorze nominations aux Oscars 2017

A Hollywood, Mia (Emma Stone) aspire à devenir actrice et joue les serveuses de café entre deux vaines auditions. De son côté, Sebastian (Ryan Gosling), pianiste de jazz doué et puriste, écume les clubs miteux de Los Angeles en rêvant d’avoir un jour le sien. Ils se rencontrent. Le coup de foudre est réciproque. Leur amour résistera-t-il aux sirènes de la réussite ?

En 2014, l’incroyable Whiplash avait révélé le talent du jeune cinéaste américain Damien Chazelle, qui semblait avoir tout compris de ses aînés, tout en les réinventant. Il y avait du Cassavetes, du Scorsese et même du Kubrick dans cette mise en scène nerveuse, ce sens du rythme inouï, cette photo à tomber et cette écriture intelligente. Il y a à nouveau tout ça dans La La Land, et bien plus encore. Car si le film a les atours d’un hommage aux grandes comédies musicales de l’âge d’or d’Hollywood (celles de Stanley Donen, Vincente Minnelli…), à celles de Jacques Demy (Chazelle, dont le père est Français, a une prédilection pour Les parapluies de Cherbourg), et au Coup de cœur de Coppola — il resplendit de modernité. La pluie de références au passé (jazz, cinéma…) nourrit le présent de ces personnages aux préoccupations bien contemporaines. Comme dans Whiplash, la musique (et le jazz en particulier), signée Justin Hurwitz, est le moteur du film. Elle entraîne dans son sillage des chansons et des chorégraphies enlevées (dont une scène d’ouverture à couper le souffle). L’histoire d’amour de Mia et Sebastian (formidablement émouvants, Emma Stone et Ryan Gosling sont véritablement en osmose) emporte dans un tourbillon entre réalité et fantasy, où le retour au réel a la brutalité d’une sonnerie de téléphone portable, tel le petit mouvement sec de Fletcher dans Whiplash, pour intimer l’ordre à ses élèves d’arrêter de jouer. Car s’il apparaît souvent comme un feel good movie merveilleux, au romantisme échevelé, La La Land est aussi une réflexion non dénuée d’amertume sur la vie, mais surtout sur l’art et la réussite, et les sacrifices qu’ils imposent (toujours cette obsession chez le réalisateur). Il en émane une profonde mélancolie, et un parfum de paradis perdu. Un hymne aux rêveurs, lucide donc, mais romantique jusqu’au bout.
2h 08 Et avec John Legend, J.K. Simmons, Rosemarie DeWitt, Callie Hernandez, Jessica Rothe, Sonoya Mizuno, Finn Wittrock…

BANDE-ANNONCE

 

 

 

Si le thème de La La Land reste autant dans la tête, c’est grâce au jeune compositeur Justin Hurwitz, ami et complice de longue date de Damien Chazelle. Whiplash c’était lui, et il était déjà de l’aventure de Guy And Madeline On A Park Bench, premier court-métrage du réalisateur paru en 2009, une comédie musicale qui préfigurait La La Land. A noter que les textes des chansons sont signées du jeune tandem Benj Pasek et Justin Paul, qui a fait ses classes au théâtre et à Broadway.
La BO de La La Land est disponible chez Interscope Records.

Bande-annonce Guy And Madeline On A Park Bench






2 réflexions au sujet de « LA LA LAND »

  1. « La La Land », une bouffée d’oxygène qui nous fait remonter à la surface et engloutit pendant 2h00 les périodes moroses avec des confettis et des étoiles ! Superbe !!

  2. Ah La La Land ! C’est un très beau film qui a marqué le cinéma hollywoodien. Je ne savais pas que Ryan Gosling dansait aussi bien !  D’ailleurs, il m’arrive d’écouter la chanson « City Of Stars » de temps en temps. Ce long-métrage a fait revivre le jazz !
    Ciao.

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