C.B. STRIKE/VICTORIA

Alors que la diffusion de la quatrième saison de l’épatante Poldark vient de démarrer outre-Manche, retour sur deux autres petites Anglaises qui, en dépit de leur discrétion médiatique en France, en ont également sous le capot.

  « You could find beauty nearly anywhere if you stopped to look for it. » 

 

C. B. Strike (Strike)


2017
Mini-série en deux saisons diffusée en 2017 et 2018 sur BBC One. Les deux sont disponibles en France sur OCS City depuis le 16 juin 2018.

Vétéran de la guerre d’Afghanistan qui lui a coûté une jambe et ex-flic dans l’armée, Cormoran Strike (Tom Burke) est désormais détective privé à Londres. Ce fils de rock star et d’une groupie top model morte dans des circonstances mystérieuses, vient de se séparer de sa fiancée et passe davantage de temps à broyer du noir au pub du coin qu’à gérer son activité qui périclite. L’arrivée de Robin Ellacott (Holliday Grainger), jeune intérimaire pleine de ressources, va le remettre sur les rails…

 C. B. Strike fait partie de ces séries confortables, à l’ancienne, old school, qui ne révolutionnent pas le genre, mais dont le visionnage procure un plaisir fou. Le charme opère dès le générique, sur la chanson de Beth Rowley « I Walk Beside You ». Contre toute attente, les aventures de ce Sherlock Holmes destroy ont été imaginées par l’auteur de la saga Harry Potter. En effet, c’est sous le pseudonyme de Robert Galbraith que J. K. Rowling en a publié en 2013 le premier tome, L’appel du coucou, passé inaperçu avant que le subterfuge ne soit révélé. Le vers à soieet La carrière du malont suivi. Ces trois intrigues adaptées pour la télévision par Tom Edge (The Crown) et Ben Richards (Tunnel) constituent les deux saisons de la série (dont J. K. Rowling est productrice exécutive), en attendant de nouvelles publications. Pour autant, ce ne sont ni les enquêtes, ni la teneur des énigmes qui passionnent, mais plutôt les atmosphères et la personnalité des deux protagonistes dont l’alchimie est indiscutable. Les amoureux de Londres et de l’Angleterre y trouveront également leur compte. La série a été tournée le plus près possible des vrais lieux choisis par la romancière. Ainsi le bureau de Cormoran Strike est situé sur Denmark Street, la rue des magasins de musique vintage prisée des musiciens des années 50 à 70. On reconnaît également Kensington, Oxford Street et le quartier de Fitzrovia. A la manière de la divine série Chapeau melon et bottes de cuir, les enquêtes mènent le tandem à la campagne, dans le Kent, le Yorkshire… Et comme dans la relation entre John Steed et Emma Peel, une tension amoureuse est sous-jacente entre ce privé fracassé et solitaire, et cette détective en herbe sur le point d’en épouser un autre. Tom Burke, vu dans The Hour, Guerre et paix ou The Musketeers, fait un taciturne très séduisant et pousse même la galanterie jusqu’à laisser l’exquise Holliday Grainger, qui fut la Lucrèce Borgia de la série de Neil Jordan, lui voler la vedette.
Sept épisodes d’une heure environ. Et avec Kerr Logan, Ben Crompton, Tara Fitzgerald, Tim McInnerny, Killian Scott, Peter Sullivan…

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« You don’t think I’m too short to be dignified ?
– To me Ma’am, you are every inch a queen. »

Victoria (Saison 1)


2017
Diffusée depuis 2016 sur ITV, en France sur Altice Studio (SFR). Première saison en Blu-ray et DVD chez Koba Films depuis le 6 avril 2018

 En 1837, le roi d’Angleterre Guillaume IV meurt sans héritier légitime. Son frère Ernest-Auguste convoite le trône mais se fait damer le pion par sa nièce Alexandrina Victoria (Jenna Coleman). Agée de dix-huit ans, la jeune fille a été élevée à l’écart du monde par sa mère, la duchesse de Kent, et l’ambitieux régent John Conroy, dont il se murmure qu’il est l’amant. A Buckingham les esprits s’échauffent en évoquant la jeunesse et l’inexpérience de la souveraine dont les gestes sont scrutés à la loupe. Mais Victoria, qui fait preuve d’une force de caractère inattendue, va trouver un allié de poids en la personne du sage et brillant Lord Melbourne (Rufus Sewell)…   

Sept ans après le film de Jean-Marc Vallée (Victoria, les jeunes années d’une reine, avec Emily Blunt dans le rôle-titre), celle qui fut une des monarques les plus influentes de l’histoire (soixante-trois ans de règne) revient sous les traits de la jeune et mutine Jenna Coleman, bien connue des fans de la série Doctor Who. Là encore, on entre dans le show créé par Daisy Goodwin par un générique de toute beauté, qui mêle assez astucieusement classicisme et modernité. Il est souligné par le magnifique « Alleluia » composé par Martin Phipps et interprété par l’ensemble vocal anglais féminin Mediæval Bæbes. Victoria semble regarder le spectateur dans les yeux, et le visage de Jenna Goodman reflète tous les aspects de la personnalité de cette reine passionnée, impulsive et à la volonté de fer. A peine sortie d’une enfance dorée mais solitaire, la jeune fille est confrontée aux luttes intestines et aux perfidies de son entourage. La saison 1, celle de la métamorphose, s’attarde sur sa relation avec Lord Melbourne (formidable Rufus Sewell) puis sa rencontre passionnée avec le Prince Albert, campé par un Tom Hugues (The Game, Adieu à Cemetery Junction) irrésistiblement romantique. Aux critiques, qui ont reproché l’excès de scènes sentimentales, on répondra qu’il aurait été absurde d’occulter cet aspect important de la vie de la reine. L’adoration pour son époux est restée légendaire et Victoria sera toute son existence une grande amoureuse. C’est sous l’influence d’Albert, qui s’intéressait à la modernisation de l’industrie autant qu’aux conditions de vie des ouvriers, que Victoria fera entrer l’Angleterre dans une nouvelle ère. Les changements sociaux, économiques et technologiques sont mis en exergue dans la peinture de la vie des domestiques de Buckingham, dont on suit les tribulations et qui ne manquent pas une occasion de débattre de ce qui se passe au Palais. Enfin, la série est une splendeur en termes de photo, costumes et décors. Les intérieurs de Buckingham Palace ont été recréés fidèlement et de manière sensationnelle ; grâce aux effets spéciaux subtils, on est littéralement propulsé dans le Londres victorien. La troisième saison de cette série très populaire outre-Manche est en cours de production.
8 épisodes de 48 minutes. Et avec Nell Hudson, David Oakes, Adrian Schiller, Daniela Holtz, Catherine Flemming, Eve Myles, Ferdinand Kingsley…

 

 

De très belle facture, le coffret 3-DVD propose les huit épisodes en VO et VOST, ainsi qu’un bref making of et des featurettes instructives sur les coulisses de la production.

 

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A noter que Koba Films propose également de redécouvrir en DVD l’excellente mini-série anglaise Sous influence, diffusée sur Arte en mars dernier, avec une Emily Watson impressionnante.

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