BEST OF FILMS ET SÉRIES 2021

TOP 10 FILMS

Rien de renversant, à mon goût, dans la production de 2021 (déçue par Titane, Dune, The Power Of The Dog, Matrix 4…), mais, je le confesse, de nombreuses sorties m’ont échappé. Voici les dix films de 2021 qui m’ont emballée jusqu’ici.

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1- ANNETTE de Leos Carax (7 juillet 2021)

Tout n’est pas parfait dans cette comédie musicale initiée par le groupe Sparks, mais elle s’impose haut la main comme le film le plus ambitieux, original et impressionnant de l’année. La bande-son n’est pas le moindre de ses atouts. Ma critique ici

 

2 – ILLUSIONS PERDUES de Xavier Giannoli (20 octobre 2021)

Le chef-d’œuvre de Balzac brille de mille feux grâce à la fougue des jeunes acteurs de cette adaptation enlevée et formidablement moderne (Benjamin Voisin, Xavier Dolan, Vincent Lacoste…). Ma critique ici

 

3 – DON’T LOOK UP : DÉNI COSMIQUE de Adam McKay (24 décembre 2021 sur Netflix)

Deux scientifiques américains (Jennifer Lawrence et Leonardo DiCaprio) tentent d’alerter la Maison Blanche sur l’arrivée d’une comète dont la collision avec la Terre, prévue six mois plus tard, sera fatale.  Ni le gouvernement ni les médias, ne les prennent au sérieux. Riches en performances d’acteurs (Meryl Streep en tête…), la farce satirique du diabolique réalisateur de The Big Short, bien qu’un poil trop longue – 2 h 18 –, est aussi jubilatoire que pertinente. Elle peut se voir comme une métaphore de la crise climatique :  la catastrophe est sous nos yeux, mais tout le monde regarde ailleurs.

 

4- RIDERS OF JUSTICE (Retfærdighedens Ryttere) de Anders Thomas Jensen (Novembre 2020 au Danemark – en France septembre 2021 sur Canal+)

 Markus (Mads Mikkelsen), militaire danois basé en Afghanistan, rentre précipitamment chez lui à la mort de sa femme, victime d’un accident ferroviaire. Il doit s’occuper de sa fille adolescente traumatisée par la tragédie. Mais voilà que déboulent deux nerds, dont l’un est un génie des mathématiques, convaincus que l’accident n’était pas si fortuit que ça : il s’agirait d’un attentat fomenté par un gang de criminels. Le sang de Markus ne fait qu’un tour… Maître de la comédie noire (Les bouchers verts, Adam’s Apples, Men & Chicken…), complice de Mads Mikkelsen, Anders Thomas Jensen s’est allié avec le scénariste Nikolaj Arcel pour concocter ce petit bijou d’humour grinçant, aux personnages frappadingues et attachants. De cette histoire de vengeance et de violence, émerge une humanité formidable.

 

5 – BENEDETTA de Paul Verhoeven (9 juillet 2021)

Au 17ème siècle, alors que la peste fait rage en Italie, une jeune religieuse du couvent de Pescia en Toscane (Virginie Efira), capable de faire des miracles, suscite l’adoration des villageois et sème la controverse au sein de l’Eglise. A-t-elle été choisie par Jésus, comme elle le prétend, où est-elle une menteuse et fieffée manipulatrice, comme le croit sa supérieure (Charlotte Rampling) ? Du Paul Verhoeven pur jus, qui entraîne dans l’atmosphère confinée d’un couvent où s’affrontent démons intérieurs, désirs érotiques, mysticisme et jalousies. Passionnant.

 

6 – STILLWATER de Tom McCarthy (22 septembre 2021)

Un foreur de pétrole de l’Oklahoma déboule comme un chien dans un jeu de quilles à Marseille où sa fille est emprisonnée pour un crime qu’elle nie avoir commis. Il veut l’aider à prouver son innocence, mais il se heurte au barrage de la langue et d’une culture qu’il ne comprend pas. Matt Damon et Camille Cottin, en bonne âme, sont épatants dans ce choc des cultures très réussi et mené avec précision par l’auteur oscarisé de Spotlight. Un film populaire dans le bon sens du terme. Ma critique ici

 

7 – THE CARD COUNTER de Paul Schrader (29 décembre 2021)

Oscar Isaac, en mystérieux joueur de poker et de black jack, solitaire et mutique, est impérial dans ce film sombre et crépusculaire, reflet des obsessions du scénariste de Taxi Driver, autant que d’une Amérique désenchantée.  La mise en scène épurée et les ambiances hypnotiques sont fabuleuses. Ma critique ici

 

8- BAC NORD de Cédric Jimenez (18 août 2021)

Un uppercut, adapté d’une histoire vraie, donné par Cédric Jimenez. Avoir osé faire des flics les héros de son histoire a valu au réalisateur bon nombre de critiques, la plupart du temps injustifiées, et une récupération du film par des politiques sans vergogne. Il n’en reste pas moins un bon polar, sincère, âpre et tendu, superbement mis en scène. Ma critique ici

 

9 – THE NIGHTINGALE de Jennifer Kent (2018 – En France le 8 mars 2021 sur OCS)

 Il aura fallu attendre trois ans et la diffusion sur OCS pour découvrir le deuxième long-métrage de l’Australienne Jennifer Kent, réalisatrice du terrifiant Mister Babadook. Disons le tout net, The Nightingale ne fait pas non plus dans la dentelle. Et pour cause : il narre la vengeance implacable de Clare, jeune bagnarde irlandaise, envoyée au début du 19ème siècle comme servante en Tasmanie, alors sous domination anglaise. Alors qu’elle a enfin purgé sa peine, elle pense pouvoir vivre sa vie auprès de son époux et de son bébé. Mais l’officier britannique (Sam Clafin) qui a jeté son dévolu sur elle, ne va pas l’entendre de cette oreille. Après avoir subi l’inimaginable, Clare va poursuivre l’infâme soldat à travers cette contrée sauvage, avec l’aide d’un aborigène. Un film extrêmement éprouvant, mais servi par une actrice (Aisling Franciosi) et une mise en scène époustouflantes. The Nightingale éclaire également sur l’histoire méconnue des aborigènes de Tasmanie, exterminés au cours du 19ème siècle par les colons britanniques.

 

10 – CANICULE (The Dry) de Robert Connolly (2020 – En France le 15 octobre 2021 sur Canal+)

 Depuis Hulk, Troie et Munich, j’ai un faible pour Eric Bana, devenu trop rare au cinéma. Il est ici formidable de sagesse et de mélancolie dans la peau de Aaron Falk, flic de la ville qui revient dans sa bourgade natale de l’outback australien dévasté par la sécheresse, pour y enterrer son ami d’enfance. Ce dernier s’est suicidé avant d’assassiner son épouse et leur fils. Falk ne tarde pas à estimer que ces morts sont suspectes. Elles font écho à une tragédie survenue lorsqu’il était adolescent et dont beaucoup d’habitants le tiennent pour responsable. Bien décidé à découvrir la vérité, il va se heurter à l’hostilité des membres de la communauté qui n’ont guère envie de rouvrir les vieilles blessures. Adapté du best-seller homonyme de Jane Harper, ce polar mélodramatique haletant aux ambiances étouffantes rappelle souvent le fameux Pique-Nique à Hanging Rock, de Peter Weir. Une réussite.

 

TOP 10 SÉRIES DÉCOUVERTES EN 2021

En 2021, les poids lourds comme Gomorra ou Succession n’ont pas démérité ; même The Handmaid’s Tale (La servante écarlate), dont la saison 4 n’a pas fait l’unanimité, a assuré. Mais d’autres séries et mini-séries sont apparues. Parmi ces nouveautés diffusées sur les chaînes et plateformes françaises, voici celles qui m’ont particulièrement enthousiasmée :  

 

1 – AMERICAN CRIME STORY Saison 3 : IMPEACHMENT – USA – 10 épisodes (Canal+ – septembre 2021)

Ryan Murphy et les créateurs de la série d’anthologie ont fait très fort avec cette troisième saison consacrée à l’affaire Monica Lewinsky, qui, en 1998, a failli coûter son mandat présidentiel à Bill Clinton. Ceux qui ont, comme moi, suivi de très loin le « Monicagate », sont tombés de leur chaise en découvrant les tenants et aboutissants de cette histoire, plus complexe qu’il n’y paraît. Adaptée du livre de la principale intéressée, productrice du show, Impeachment dépeint un tableau au vitriol de la scène politique américaine de l’époque et du tsunami médiatique qui a tout emporté sur son passage. Ces dix épisodes tiennent véritablement en haleine et sont emmenés par une distribution de haute volée. Beanie Feldstein (petite sœur de Jonah Hill)  fait une Monica émouvante et Sarah Paulson, très enlaidie, une Linda Tripp détestable à souhait. Clive Owen, Annaleigh Ashford, Colin Hanks, Cobie Smulders, Margo Martindale, Eddie Falco ou encore Mira Sorvino sont de la fête. Brillant !

 

2 – ANNA – Italie – Mini-série de 6 épisodes (Arte – 4 novembre 2021)

Très éprouvante, mais magnifique, la mini-série apocalyptique en six épisodes de Niccolò Ammaniti, adaptée de son propre roman, est un des sommets télévisuels de 2021. Ma critique ici

 

3 – GANGS OF LONDON Saison 1 – Royaume-Uni – 9 épisodes (Canal+ – février 2021)

Apparue en 2020 sur la chaîne Sky Atlantic, l’ultra violente Gangs Of London a été concoctée par les Gallois Gareth Evans et Matt Flannery, responsables en 2011 et 2014 des phénomènes The Raid 1 et 2. Au cours de cette plongée dans les tréfonds de la pègre internationale à Londres, on défouraille tous azimuts, il y a de la perfidie à tous les étages et les traitres passent de sales quarts d’heure. La virtuosité des scènes d’action en met plein la vue. On la déconseille malgré tout aux âmes sensibles. Ma critique ici

 

4 – IT’S A SIN – Royaume-Uni –Mini-série de 5 épisodes (Canal+ – mars 2021)

Deux ans après le monument Years And Years, Russell T Davies revient avec cette mini-série bouleversante sur l’apparition du Sida en Angleterre, inspirée par des personnages de sa propre jeunesse. Déchirante, révoltante, It’s A Sin est aussi une magistrale ode à la vie. Ma critique ici

 

5 ) HOMETOWN CHA-CHA-CHA (Gaetmaeul Chachacha) Corée du Sud – 16 épisodes (Netflix – octobre 2021)

En Occident, force est de constater que la comédie romantique n’est plus qu’un vieux souvenir. Si on est accro au genre, on peut désormais se tourner vers la Corée du Sud et ses dramas feel-good. Celui-ci, paru l’automne dernier sur Netflix, est absolument exquis. Il narre les aventures d’une jeune dentiste renvoyée de son cabinet de Séoul pour avoir refusé d’arnaquer ses patients et qui s’installe dans une petite ville côtière. Elle va tomber sous le charme des habitants pittoresques et d’un en particulier, aussi sympathique que mystérieux (incarné par le craquant Kim Son-Ho, déjà à l’œuvre dans le drama Start-Up). C’est drôle, charmant, touchant, ponctué de chansons pop ad-hoc, bref on adore…

 

6 – SHADOW AND BONE : La saga Grisha – Saison 1 – USA – 8 épisodes (Netflix – avril 2021)

Adaptée de la saga littéraire pour jeunes adultes imaginée par l’Israélienne Leigh Bardugo, cette série d’heroic-fantasy se distingue par ses visuels sublimes, ses costumes et décors flamboyants, et sa brochette de jeunes acteurs charismatiques et doués. Entre Le monde de Narnia et À la croisée des mondes, l’intrigue (dense et pas toujours limpide au demeurant) emmène dans un univers fabuleux inspiré de la Russie des tsars. Une jeune orpheline découvre qu’elle possède des pouvoirs magiques et devient un objet de convoitise pour des clans opposés, dont celui dirigé par le redoutable général Kirigan (Ben Barnes), maître des ténèbres. On espère une saison 2.

 

7 – MARE OF EASTTOWN – USA – Mini-série de 7 épisodes (OCS -mars 2021)

C’est parce que son auteur, Brad Ingelsby, a grandi dans une petite ville similaire de Pennsylvanie que cette mini-série apparaît si authentique. Mare Sheehan n’a pas quitté sa bourgade, où tout le monde se connaît et surtout, connaît le passé des uns et des autres. Ancienne basketteuse de l’équipe locale qui a connu une heure de gloire, Mare n’a depuis eu que des mésaventures dont une tragédie, et, lentement, mais sûrement, sa vie s’est désagrégée. Même son boulot de flic, pour lequel elle est douée, ne la rend pas heureuse. L’enquête non résolue sur la disparition d’une jeune femme la hante, d’autant que la mère de la jeune fille ne cesse de pointer son incompétence du doigt. Normal que Mere ne respire pas la joie de vivre. Au début, on se dit que Kate Winslet, qu’on a connu plus glamour, en fait un peu trop, qu’elle cabotine (l’actrice anglaise s’exprime même avec l’accent local, le Delco, typique du Delaware). Mais son jeu nuancé et son humour pince-sans-rire nous rallient à sa cause. Dans cette intrigue policière pleine de ramifications et de chausse-trappes, la promiscuité des personnages impliqués ne fait que compliquer la donne. Chacun a quelque chose à cacher et paraît suspect. Même le bel écrivain (Guy Pearce) débarqué à Easttown paraît trop séduisant pour être vrai. La brochette d’acteurs, toutes générations confondues, est magnifique (Jean Smart, Julianne Nicholson, Evan Peters, Joe Tippett…). On valide.

 

8 – OCTOBRE  (The Chestnut Man) – Danemark – Mini-série de 6 épisodes (Netflix – septembre 2021)

Søren Sveistrup, célèbre créateur de The Killing, a adapté ici son propre roman. Si vous aimez frissonner devant les thrillers scandinaves, cette mini-série, habile et superbement interprétée, est faite pour vous. Ma critique ici

 

9 – LE SERPENT (The Serpent) – Royaume-Uni – Mini-série de 8 épisodes (Netflix – avril 2021)

Dans les années 70-80, l’histoire vraie du redoutable tueur en série Charles Sobhraj, psychopathe qui a tenu la police en échec pendant un bail. Un récit édifiant et passionnant, auquel la performance de Tahar Rahim, glaçant, donne une dimension encore plus effroyable. Ma critique ici

 

10 – SKY ROJO – Saisons 1 & 2  Espagne – (Netflix -mars et juillet 2021) 

À Tenerife, trois prostituées tentent d’échapper aux hommes de main de leur proxénète, l’infâme propriétaire du club Las Novias… Mitonnée, entre autres, par Alex Pina, créateur de La Casa De Papel, cette série sous influence Tarantino est un régal. Violent, sexy, absurde, et surtout très drôle, ce pulp aux couleurs criardes et saturées embarque dans une folle course-poursuite truffée de rebondissements plus délirants les uns que les autres. Impossible de ne pas craquer pour ces trois filles fougueuses et attachantes (à défaut d’être toujours futées), qu’on voudrait avoir comme copines. Il est question d’une saison 3.

BONNE ANNÉE 2022 À TOUS MES LECTEURS ! 

 

ANNA, la mini-série

Visionner une série tient parfois de l’épreuve. Après la sadique Squid Game, venue de Corée du Sud, l’italienne Anna, vision post-apocalyptique et hypnotique d’un monde décimé par un virus meurtrier, ne fait pas non plus dans la dentelle. On aurait cependant tort de la bouder, car ce conte initiatique est aussi magnifique que cruel.

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« Quand je serai morte, je serai trop lourde pour être transportée dehors. Anna, ouvre les fenêtres, prends tout ce dont tu auras besoin et ferme à clé. Si ça sent trop mauvais, va dormir dans la voiture. Tu devras attendre cent jours… Ça te semblera long, mais tu verras, le temps passera vite… »

 

ANNA

Niccolò Ammaniti
2021
Disponible sur Arte.fr, disponible en DVD chez Arte depuis le 2 novembre

Il aura fallu quelques semaines pour que le monde bascule dans l’horreur. Un virus contagieux, très vite surnommé « la Rouge » à cause de la couleur des plaques qu’il provoque sur la peau, s’est abattu sur la population adulte. Seuls les enfants n’ayant pas passé l’âge de la puberté sont épargnés, mais ils ne sont qu’en sursis. La jeune Anna et son petit frère se sont réfugiés avec leur mère (Elena Lietti) dans la maison familiale, dans la campagne sicilienne. Mais cette dernière ne tarde pas elle aussi à manifester des symptômes. Avant de mourir, elle s’emploie à écrire un manuel de survie à l’intention de sa progéniture…

En ouverture du générique, un message avertit les spectateurs : « L’épidémie de Covid-19 a éclaté six mois après le début du tournage. ». Les similitudes avec la récente actualité sont en effet troublantes, notamment dans la manière dont est traitée l’arrivée de la pandémie : « C’est une grippette, qui frappe les vieux, pas les gamins… » Mais pour le créateur, cette entrée en matière n’est qu’un prétexte. « Je voulais imaginer comment fonctionnerait un monde sans adultes » a déclaré Niccolò Ammaniti qui adapte ici son roman homonyme paru en 2015. Devant ce conte horrifique en six épisodes, impossible de ne pas penser au célèbre Sa majesté des mouches, de William Golding. Les adultes ayant disparu, les enfants sont livrés à eux-mêmes dans un monde qui n’est plus qu’un chaos, sans repères, soumis à la loi du plus fort. La culture et la mémoire n’étant plus, les instincts primaires et l’absence d’empathie poussent les gamins à agir de manière cruelle. Pas Anna cependant qui, grâce à l’enseignement de sa mère, continue, inlassablement, à garder espoir et à chercher une issue, tout en protégeant son petit frère. Sauvage, morbide parfois et jamais mièvre, la mini-série est littéralement illuminée par son héroïne, préadolescente tenace, courageuse, intelligente et sensible (formidable Giulia Dragotto). Tel Ulysse, elle devra affronter moult périls, survivre à des épreuves et triompher d’adversaires animés par des pulsions sadiques. Entre noirceur, baroque et merveilleux, admirablement interprétée, Anna impressionne à tous les niveaux et notamment par ses images, incroyablement fascinantes. Déjà responsable, en 2018, de l’excellente série Il Miracolo, Niccolò Ammaniti accomplit ici un nouveau tour de force. À voir absolument !
Six épisodes de 50 minutes environ. Et avec Alessandro Pecorella, Clara Tramontano, Giovanni Mavilla, Roberta Mattei, Miriam Dalmazio…

 

OCTOBRE la mini-série


« Bonhomme en marrons, viens, entre donc… »

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OCTOBRE (The Chestnut Man)

Mini-série danoise en six épisodes créée en 2021 par Dorte Warnøe Høgh, David Sandreuter, Mikkel Serup et Søren Sveistrup
Diffusée sur Netflix depuis le 29 septembre

Dans un jardin public de Copenhague, on découvre le cadavre d’une mère de famille atrocement assassinée et mutilée. Sur la scène de crime, a été disposé un petit bonhomme en marrons sur lequel la police scientifique découvre l’empreinte de la fille de la ministre des affaires sociales, enlevée un an auparavant et présumée morte. Quelques jours après, une autre femme subit le même sort. À ses côtés, une figurine identique…

Le Danemark, ses forêts, ses couleurs automnales, ses traditions folkloriques et sa comptine populaire donnent le ton, particulièrement macabre et angoissant, à ce thriller fort bien ficelé. Parmi ses créateurs, on trouve Søren Sveistrup, auteur de la fameuse série The Killing, qui a ici adapté son propre roman (paru chez Albin Michel en 2019). Truffé de chausse-trappes et d’énigmes, Octobre est servie par d’excellents comédiens, dont Mikkel Boe Føksgaard, remarquable dans Royal Affair aux côtés de Mads Mikkelsen, et qui campe ici un agent d’Interpol ténébreux et attachant. À ses côtés, Danica Curcic fait une inspectrice très convaincante, rongée par son boulot de flic qui l’empêche d’être une mère pour sa fille. La complexité des personnages, tous parfaitement exploités, confère une vraie densité à ces épisodes tendus, réalistes, au suspense haletant. Octobre se distingue également par sa mise en scène astucieuse et sa photographie, très léchée. Sur fond de tragédie sociale, cette plongée dans la noirceur et l’horreur laisse malgré tout filtrer une belle humanité, celle que véhiculent ses deux héros fracassés, justiciers quoi qu’il en coûte.
Et avec David Dencik, Iben Dorner, Esben Dalgaard Andersen, Lars Ranthe, Anders Hove…