HANNIBAL (série TV)

Dix bonnes raisons de regarder Hannibal

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1 – Parce que Mads Mikkelsen est probablement le cannibale le plus fascinant et sexy de la planète. 

2 – Parce que le personnage de Mads Mikkelsen est tellement tordu qu’il en est drôle.

 3 – Parce que Hugh Dancy se torture les méninges avec un talent inouï.

4 – Parce que, même au trente-sixième dessous, Hugh Dancy reste le beau gosse romantique de The Sleeping Dictionary et de Ella Enchanted.

5 – Parce que la série renferme plus d’histoires cauchemardesques que tout le cinéma asiatique de ces dernières années.

 6 – Parce que son créateur, le charmant Bryan Fuller, est aussi celui de l’étrange et épatante série Pushing Daisies.

 7 – Parce que la photo ultra-léchée, la direction artistique et la réalisation sont à tomber par terre (John The Last Seduction Dahl est de la partie).

 8 – Parce que le grotesque, le macabre et le Grand-Guignol n’ont jamais eu autant de style.

 9 – Parce que même les seconds rôles ont du panache (Lara Jean Chorostecki, Gillian Anderson, Dan Fogler, Eddie Izzard…). On parle même de David Bowie pour la prochaine saison.

 10 – Parce que les dialogues sont si bien écrits que tout le monde semble extraordinairement intelligent, et du coup, nous aussi.

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CAMILLE REDOUBLE

La comédie fantastique de Noémie Lvovsky avait fait l’unanimité à sa sortie. Critiques dithyrambiques, treize nominations aux César. Au vu du film, on peut légitimement se demander pourquoi.

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Camille redouble
Noémie Lvovsky
2012

A quarante ans, Camille (Noémie Lvovsky) est littéralement au bout du rouleau. Réduite à cachetonner dans des productions médiocres, l’actrice, alcoolique invétérée, est maternée par sa fille au point que son mari (Samir Guesmi), qui ne la supporte plus, a décidé de mettre les voiles. La nuit de la Saint Sylvestre, lors d’une soirée arrosée chez sa meilleure amie, elle s’évanouit. Lorsqu’elle se réveille à l’hôpital, ses parents, pourtant décédés depuis longtemps, sont à son chevet, et tout le monde a l’air de penser qu’elle a seize ans…

Noémie Lvovsky, réalisatrice à ses heures, est d’ordinaire une actrice remarquable. Ses récentes prestations dans Les adieux à la reine et L’Apollonide le démontrent. Pourtant, dans cette œuvre très personnelle qu’elle a écrite et réalisée, et dont elle est quasiment de tous les plans, elle surjoue, minaude et agace. D’autre part, cette tragi-comédie sur le temps qui passe et les illusions perdues frise dangereusement la caricature et la franchouillardise. Tout y est gris, morbide et même les clins d’œil musicaux aux années 80, prévisibles (Nena, Bananarama…), ne parviennent pas à dissiper la sensation de malaise qui plombe le film (la cerise sur le gâteau étant l’apparition de Jean-Pierre Léaud. Ben voyons ! Camille (tout comme son interprète) déboule en 1978 avec ses gros sabots. Même si les autres la voient avec son corps d’adolescente, à l’écran, elle est restée physiquement la même : une quadragénaire un peu boulotte qui n’hésite pas à enfiler shorts, minijupe et collants à rayures pour s’agiter comme une hystérique. Mais le plus embêtant est l’absence de réflexion. Qu’aura réellement appris Camille de ce voyage extraordinaire ? Profitera-t-elle vraiment de cette chance de revivre un moment clé de son histoire ? Rien n’est moins sûr. Force est de constater que l’histoire du retour dans le temps avait été traitée avec infiniment plus de doigté par Francis Ford Coppola en 1985 dans le charmant Peggy Sue Got Married (dont on note les nombreuses similitudes de l’intrigue avec le film de Noémie Lvovsky, qui affirme pourtant ne pas y avoir songé). Peggy Sue (Kathleen Turner, âgée de trente ans à l’époque), ne comprenant pas ce qui lui arrivait, abordait les situations avec davantage de délicatesse, et tentait de profiter de la (més)aventure pour réparer ses erreurs. Ses certitudes allaient être ébranlées de manière inattendue. Le film, à la fois cruel, nostalgique et tendre, véhiculait un message plein de sagesse et de poésie. Hélas, rien de tout cela ici.

Disponible en DVD et Blu-ray chez Gaumont

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JANE EYRE

Diffusée récemment sur Arte, la mini-série Jane Eyre, produite par la BBC en 2006 et parue en DVD début 2013 en France, surpasse l’adaptation cinématographique signée Cary Fukunaga (avec Michael Fassbender en Mr Rochester). On peut même oser la comparaison avec l’adaptation très fidèle mise en scène en 1983 par Julien Aymes, immortalisée par la performance de Timothy Dalton, mais dont la mise en scène a pris un méchant coup de vieux.

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Jane Eyre

Susanna White
2006 (DVD Koba Films 2013)

Au XIXe siècle en Angleterre, la jeune orpheline Jane Eyre est recueillie par sa riche tante, Mrs Reed. Cette dernière, qui la déteste, la maltraite et finit par s’en débarrasser en l’envoyant dans la triste et sévère pension de Lowood. Après huit ans passés dans l’institution, où elle est devenue professeur, Jane (Ruth Wilson) décide de découvrir le monde extérieur. Grâce à une petite annonce dans le journal, elle est engagée comme préceptrice de la jeune protégée du riche Mr Rochester (Toby Stephens), ombrageux propriétaire de Thornfield Hall…

Les chefs-d’œuvre des sœurs Brontë n’ont pas fini de séduire. Comme Les hauts de Hurlevent, Jane Eyre a inspiré au cours du siècle dernier moult adaptations, télévisées ou cinématographiques. La plus récente, signée Cary Fukunaga en 2011 (auteur d’un bon Sin Nombre) est honorable, mais le jeune réalisateur américain semble s’être davantage soucié de réussir à condenser l’histoire en moins de deux heures dans un décor irréprochable. Même si quelques audaces dans la dramaturgie sont intéressantes, le spectateur est projeté de scène clé en scène clé de manière métronomique. Les acteurs, très justes, jouent la sagesse et l’impénétrabilité, mais le séduisant Michael Fassbender ne se lâche jamais véritablement. Les séquences de batifolages dans la nature, façon clip, font même sourire. On rappelle que pour les amoureux du roman de Charlotte Brontë, l’adaptation de référence, demeurait jusqu’ici la mini-série de trois heures produite par la BBC en 1983. Jouaient en sa faveur : sa fidélité au livre, son caractère gothique magnifiquement exploité et la performance de Timothy Dalton. Quatre ans avant d’incarner James Bond, l’acteur shakespearien y campait un Mr Rochester certes différent de son homologue littéraire, mais idéalement ombrageux, torturé, imprévisible et diaboliquement séduisant. Vingt-trois ans après, le comédien Toby Stephens (fils de la vénérable Maggie Smith, et qui fut un superbe comte Orsino dans La nuit des rois de Trevor Nunn) reprend le flambeau dans la nouvelle mini-série de la BBC. Réalisée par Susanna White, elle assène un vrai coup de vieux à son aînée. Très semblable dans sa dramaturgie à la série précitée, ce Jane Eyre circa 2006 profite indéniablement de la fraîcheur des deux comédiens principaux. L’héroïne est magnifiquement interprétée par Ruth Wilson, qui a troqué beauté classique contre regard pénétrant et force de caractère. Elle est une Jane à la fois fidèle et moderne, tandis que Toby Stephens, quoiqu’un peu plus mesuré que son prédécesseur Timothy Dalton, apparaît tout aussi fougueux et imprévisible. La mise en scène est intelligente, la photographie remarquable ! Une réussite !

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Test DVD

Interactivité **
Les quatre épisodes (de 55 minutes chacun) sont suivis d’un intéressant reportage d’environ 15 minutes, qui recueille les impressions de la réalisatrice et des comédiens principaux. Chacun revient sur les enjeux de cette adaptation.

Image ****
Format : 1.77

La photo splendide signée Mike Eley (responsable de celle de la récente série Parade’s End) est superbement mise en valeur.

Son : ****
DD 2.0 en français et anglais
Sous-titres français non-imposés

Egalement disponible en Blu-ray.

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