LUCKY la série

Anya Taylor-Joy joue une fois encore les badass et brille dans cette course-poursuite échevelée aux accents néowestern. On ne tient peut-être pas la série du siècle, mais sans aucun doute celle de l’été.

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« Aussi dangereuse qu’elle soit, chaque personne a un rythme. Tu apprends à en jouer, tu peux la faire danser. »

  

LUCKY

2026
Mini-série créée par Jonathan Tropper
Disponible sur Apple TV depuis le 15 juillet 2026

Luciana Armstrong, dite « Lucky » (Anya Taylor-Joy) est une arnaqueuse de première. Elle a été entraînée depuis sa tendre enfance par son père (Timothy Olyphant) qui croupit aujourd’hui en prison. Avec son petit ami (Drew Starkey), elle vient de voler un beau pactole à un truand. Mais Lucky porte mal son nom : après une nuit bien arrosée, elle se réveille dans sa chambre d’hôtel à Las Vegas et découvre que son amoureux s’est fait la malle avec le butin. Déjà, le FBI et les sbires du mafieux détroussé sont à sa porte…

Le générique, sur la chanson de Fiona Apple, « Horns Of A Bull », écrite spécialement pour le show, a les couleurs du Sin City de Frank Miller et Robert Rodriguez. Le ton est donné. La mini-série, créée par Jonathan Tropper – auquel on doit les excellentes Vrais voisins, faux amis et Banshee – joue constamment sur l’aspect graphique et une palette de couleurs vibrantes et saturées. Si l’intrigue, adaptée d’un roman de Marissa Stapley, ne se distingue pas par son originalité, les numéros d’acteurs sont un régal. Depuis Le Jeu de la dame, Anya Taylor-Joy épate. Ici, en badass futée et sensible (comme elle l’était déjà dans Furiosa : une saga Mad Max), elle crève à nouveau l’écran. Improbables souvent, mais qu’importe, les scènes d’action sont à couper le souffle et se succèdent à un train d’enfer. Cette cavale ne laisse aucun répit à l’héroïne, vêtue de cuir ou d’une robe à paillettes, qui ne doit sa survie qu’à son ingéniosité et son instinct. On se réjouit de la présence du séduisant Timothy Olyphant, tout en sarcasmes, truculent en père indigne, mais plein de ressources ; d’Annette Bening, vilaine mais touchante ; de Clifton Collins Jr, homme de main dévoué, et de William Fichtner, vraiment très méchant. Ces sept épisodes flamboyants se savourent comme une BD, avec même un petit zeste d’émotion. Parfois, les clichés ont du bon.
7 épisodes de 45 minutes Et avec Aunjanue Ellis-Taylor, Mo McRae, Quinn Aune, Eric Lange…

 

 

MENTALIST

Le joueur de flûte 

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Mentalist (The Mentalist) Saison 5

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Série américaine créée par Bruno Heller en 2008
DVD/Blu-ray Saison 5 Warner Home Video

Depuis la mort tragique de son épouse et sa fille, Patrick Jane (Simon Baker), ex-médium à la télévision, consacre son existence à la traque de leur meurtrier, le tueur en série Red John, qui signe ses crimes d’un smiley. L’équipe du CBI (California Bureau of Investigation) dirigée par l’agent Teresa Lisbon (Robin Tunney) lui permet de profiter des ressources de la police contre sa collaboration en tant que consultant. Ses facultés d’analyse et ses talents d’illusionniste sont en effet un atout précieux pour élucider les enquêtes les plus épineuses…

Le fait qu’en France, elle soit diffusée sur TF1 à une heure de grande écoute, et visionnée la plupart du temps en français, ne doit pas banaliser cette série foncièrement remarquable. Elle est curieusement davantage appréciée dans l’Hexagone qu’aux Etats-Unis, où son avenir est incertain après les chutes d’audiences constatées lors de la diffusion de la saison 6 sur CBS, sa chaîne d’origine. Admirablement ciselée, Mentalist (la version française a bizarrement éludé l’article du titre original) adopte un ton et un rythme envoûtants, à l’image de son héros, Patrick Jane, incarné à la perfection par Simon Baker. Etonnante carrière que celle de ce beau gosse australien au parcours hétéroclite dans lequel on distingue pêle-mêle L. A. Confidential, Sunset Strip, Le territoire des morts (Land Of The Dead), Le Diable s’habille en Prada, Margin Call et le récent Mariage à l’anglaise. The Mentalist, créée en 2008 par Bruno Heller, un des scénaristes de la fameuse série Rome, lui a probablement offert le rôle de sa vie. Manipulateur facétieux et séducteur torturé, Patrick Jane est bien trop spirituel, intelligent et humaniste pour être vrai. S’il ne se montrait pas parfois ridiculement froussard, il pourrait même être l’homme idéal. C’est probablement ce que pense Lisbon, qui semble constamment partagée entre agacement et admiration, mais finit toujours, et souvent malgré elle, à le protéger contre vents et marées. Les sentiments enfouis de Lisbon sont d’ailleurs une source d’amusement inépuisable, et les scénaristes ne se privent pas de pimenter les épisodes de petites allusions équivoques, qui font parfois ressembler le show à de la comédie screwball. Cet aspect comique est renforcé par les tribulations des membres de l’équipe du CBI, Rigsby (Owain Yeoman), Cho (Tim Kang), et Van Pelt (Amanda Righetti était enceinte durant le tournage de la saison 5, ce qui a compliqué ses apparitions), pieds nickelés attachants. Après un final de saison 4 explosif, où l’arrestation de Red John n’a tenu qu’à un fil, ce début de cinquième saison est marqué par la frustration légitime de Jane, dont le personnage se fait plus sombre. Même si les critiques ont pointé du doigt l’aspect répétitif de la traque (plus Jane s’approche de Red John, plus il semble s’éloigner), force est de constater que l’étau se resserre, et cette saison plus que les précédentes est riche en révélations. Cependant, et contrairement à ce qu’en pensent les téléspectateurs outre-Atlantique, l’intérêt de Mentalist ne saurait reposer sur Red John, mais sur la manière dont Jane élucide les affaires en cours, plus proche de la méthode de Columbo ou de Sherlock Holmes que de celle des Experts. Et si la série semble « ronronner », c’est uniquement dû à sa petite musique, au propre (composée par Blake Neely) comme au figuré, qui rassure et ensorcelle. Du grand art, qui ferait presque espérer que Jane n’attrape pas Red John de sitôt.

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Test DVD :

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Interactivité **
Très joliment présenté, le coffret 5-DVD propose les 22 épisodes de 42 minutes suivis de deux reportages consacrés aux aspects techniques de la création de la série : les cascades et le réalisme des scènes policières (12 et 14 minutes). Tout cela n’est pas sans intérêt, mais on aurait préféré en savoir plus sur les ambitions des scénaristes, et sur l’évolution du personnage de Jane, d’autant que le 5ème épisode (le 100ème de la série) dévoile la première rencontre entre le mentaliste et l’équipe du CBI.

Image ***
Format : 1.78
L’image est correctement définie et contrastée, quoiqu’un peu sombre, notamment dans les séquences intérieures. Le Blu-ray devrait être plus performant.

Son ***
DD 5.1 en anglais
DD 2.0 en français
Sous-titres français non imposés
La piste 5.1, plus enveloppante, est réservée à la version originale, celle qu’il faut privilégier pour profiter de la voix séduisante de Simon Baker. Les effets surround à l’arrière sont cependant subtils et la piste en 2.0 n’en est pas si éloignée.

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