WINTER BROTHERS/LES FUNÉRAILLES DES ROSES

A l’affiche au Studio du Havre ce mois-ci, deux films rares et inédits, l’un récent, l’autre pas. Winter Brothers, réalisé en 2017 par Hlynur Palmason, est une curiosité venue du froid et un choc esthétique qui n’a laissé indifférents ni le public ni la critique. Quant au Funérailles des roses, de Toshio Matsumoto, cultissime œuvre transgressive de la contre-culture japonaise de la fin des années 60, il est, pour la première fois en France, projeté en version restaurée 4K.

 


« Tu ne pourrais pas être comme tout le monde ?
– Pourquoi ? »

 

Winter Brothers (Vinterbrødre)

Hlynur Palmason
2017

Sur les écrans français en février 2018
Prix du Meilleur acteur au festival de Locarno 2017
Grand Prix du Jury Longs-Métrages Européens au festival d’Angers 2018

Au cœur de la forêt danoise où l’hiver s’est installé, une gigantesque mine de calcaire est le théâtre du quotidien, rythmé par une routine pesante, des hommes qui y travaillent, tels Johan (Simon Sears) et son frère Emil (Elliott Crosset Hove). A cause de son caractère bizarre, ce dernier est mis à l’écart par ses collègues auxquels il ne s’adresse que pour leur vendre un alcool frelaté qu’il confectionne à partir de produits chimiques volés à l’usine. Son cas va encore s’aggraver lorsqu’un des mineurs est conduit à l’hôpital dans un état critique…  

Expérience sensorielle aussi éblouissante que déstabilisante, Winter Brothers, depuis sa parution en 2017, a emballé public et critique dans tous les festivals. Quasi-muet et quasi-monochrome — le blanc du calcaire et celui de la neige se confondent constamment — le film est l’œuvre du jeune plasticien islandais Hlynur Palmason, qui a choisi de privilégier ici les aspects visuel et organique au détriment de la narration. Soutenu par la musique (bruits industriels et naturels) du Danois Toke Brorson Odin, ce portrait d’un homme en manque d’amour, dont le comportement tient à la fois de l’idiot du village, d’un gosse facétieux et d’un animal blessé, déconcerte parfois, mais fascine souvent. Avec ses faux airs de Buster Keaton et Stan Laurel, les yeux constamment écarquillés, Elliott Crosset Hove émeut dans la peau de cet être solitaire, fantasque, mal aimé, étranger à ceux qui l’entourent, et qui ne respecte aucune règle, ni familiale ni sociale ni de décence. Seuls les contacts avec une jeune fille, objet de ses fantasmes, qu’il observe et convoite en cachette, et le visionnage de cassettes vidéo d’instruction militaire, semblent lui procurer un peu de sérénité. Ce film en immersion, oppressant, n’est pas sans rappeler l’impressionnant Le fils de Saul (les deux œuvres ont en outre des affiches assez similaires). Ici, le climax est un règlement de comptes entre les frères nus : un corps à corps primitif et intense qui parvient à remettre, de façon inattendue, de l’humain dans ce tableau infiniment vain et sublimement désespéré.
1h 34 Et avec Lars Mikkelsen, Victoria Carmen Sonne, Peter Plaugborg, Michael Brostrup…

Au Studio du 20 février au 5 mars 2018
Séance spéciale lundi 25 février, présentation par Havre de Cinéma

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« Chaque homme a son propre masque»

  

Les funérailles des roses (Bara No Sôretsu)

Toshio Matsumoto
1969

Sur les écrans français à partir du 20 février 2019

En 1969 à Tokyo, Eddie (Peter), jeune et très jolie drag-queen (sous influence Edie Sedgwick), est la favorite de Gonda (Yoshio Tsuchiya, le Rikichi des Sept Samouraïs) propriétaire du Bar Genet où elle travaille. Cette relation provoque la jalousie de Leda (Osamu Ogasawara), maîtresse officielle de Gonda, drag-queen plus âgée et matrone du bar. Tandis que les deux amants se demandent comment se débarrasser de cette dernière, Eddie est constamment hantée par son passé violent… 

Les funérailles des roses débute par une citation des Fleurs du mal de Baudelaire « Je suis la plaie et le couteau… et la victime et le bourreau ». Son réalisateur, Toshio Matsumoto (1935-2017), pionnier du cinéma expérimental japonais, a été inspiré, comme beaucoup de membres de la Nouvelle Vague nippone dont il était un peu l’électron libre, par la culture française. Il a revendiqué l’influence de Jean Genet, Jean Cocteau et Alain Resnais (notamment Hiroshima mon amour et L’Année dernière à Marienbad). Ce long-métrage, l’un des rares qu’il ait réalisé (l’essentiel de sa filmographie comprend surtout des courts et des documentaires), est également parsemé de citations ou de clins d’œil à la culture occidentale de l’époque (Jonas Mekas, Le Clézio, Les Beatles, Che Guevara, Pasolini, Warhol… ). L’histoire d’Eddie, gay boy et travesti, sert de fil rouge à cette évocation psychédélique du mythe d’ Œdipe, dont la narration éclatée en appelle à des audaces stylistiques caractéristiques des films expérimentaux (surimpression, distorsion de l’image, solarisation). Pour autant, les flashbacks, flashforwards, séquences en accéléré (conférant un aspect résolument burlesque, et qui dit-on, auraient influencé Stanley Kubrick pour son Orange mécanique), bande-dessinée ou insertions de scènes incongrues, telle cette manifestation politique muette en pleine rue effectuée par un groupe de happening, ne nuisent jamais à la compréhension de cette tragédie aux allures de puzzle, très aboutie. Parallèlement aux tribulations d’Eddie (campée par le fascinant acteur travesti Peter — ou Pita — que l’on retrouvera, entre autres, dans Ran de Kurosawa), on suit un tournage de documentaire sur la faune homosexuelle tokyoïte par une équipe de cinéma underground. Un parti-pris qui constitue une formidable mise en abime : les jeunes gens interviewés, acteurs du film ou anonymes, répondant avec une naïveté et franchise désarmantes. Cette manière d’aborder les questions existentielles des jeunes travestis, fiers de l’être mais conscients de vivre en marge, est toujours respectueuse et jamais vulgaire. Et lorsque Matsumoto filme les corps nus et les scènes d’amour, c’est également en esthète. On est subjugué par la beauté des plans et de la photo (en noir et blanc sublimement contrasté). Pour toutes ces raisons, il faut (re)découvrir d’urgence cette œuvre foisonnante et incroyablement avant-gardiste, qui s’achève sur cette phrase implacable : «C’était un film unique en son genre, mêlé de cruauté et d’humour. »
1h 48 Et avec Yoshimi Jô, Flamenco Umeji, Saako Oota, Toyosaburo, Uchiyama…

Au Studio à partir du 20 février 2019
Séance spéciale le vendredi 22 février, présentation du film par les associations La Poudrière et Cannibale Peluche

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LA FAVORITE/MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES

CRUAUTÉS FÉMININES

Dans La favorite, l’audacieux Yorgos Lanthimos met en scène avec faste et extravagance un jeu de pouvoir entre les deux favorites de la reine Anne, dans l’Angleterre du début du 18ème siècle. En lice pour les Oscars 2019, cette production américano-irlando-britannique est portée par un trio d’actrices tout bonnement bluffantes. La manipulation est également au cœur de Mademoiselle de Joncquières, paru le mois dernier en DVD. Adaptation raffinée et moderne de Diderot par Emmanuel Mouret, il révèle une Cécile de France époustouflante en amoureuse blessée et vengeresse.

 

« Sometimes, a lady likes to have some fun ! »

 

La favorite (The Favorite)

Yorgos Lanthimos
2018

Dans les salles françaises depuis le 6 février 2019
Dix nominations aux Oscars 2019
Golden Globe 2019 de la Meilleure actrice (Olivia Colman)
Oscar 2019 de la Meilleure actrice (Olivia Colman)

Dernière de la lignée des Stuart, Anne, reine d’Angleterre, (Olivia Colman, un vrai numéro !) est en ce début du 18èmesiècle une monarque instable, capricieuse et malade (de la goutte). Elle entretient depuis longtemps une relation particulière et intime avec Sarah Jennings (Rachel Weitz), dont l’époux, John Churchill, Duc de Malborough, est un soldat émérite. Cette confidente omniprésente est aussi sa conseillère politique, au grand dam de Robert Harley (Nicholas Hoult), chef du clan des Tories, qui aimerait avoir l’oreille de la reine, notamment pour la convaincre de cesser la guerre interminable et ruineuse qu’elle mène contre les Français. C’est alors que débarque à la cour la jolie Abigail Hill (Emma Stone), lointaine cousine de Sarah, aristocrate déchue de son rang à cause d’un père inconséquent et joueur invétéré. Reléguée par Sarah aux tâches les plus ingrates, Abigail va élaborer une stratégie pour évincer sa cousine et s’assurer une position plus confortable…

Plusieurs fois honoré à Cannes — avec l’horrifique Canine en 2009 (Prix Un Certain Regard), puis les fables surréalistes dérangeantes The Lobster (Prix du Jury en 2015) et La mise à mort du cerf sacré (Prix du Scénario en 2017) — le cinéaste grec Yorgos Lanthimos signe avec La favorite un film plus conventionnel, mais tout aussi vénéneux. La cour de la reine Anne d’Angleterre, monarque quelque peu oubliée qui régna de 1702 à 1714, fait un terrain de jeu idéal pour ce maître de l’absurde et de l’humour noir. Emmenée par trois actrices sensationnelles (Olivia Colman et Karen Weisz figuraient déjà au générique de The Lobster), cette lutte de pouvoir féroce (à la fois politique et sexuel) reflète la cruauté ordinaire et l’hypocrisie en vigueur dans les relations sociales d’une époque rigide. Le scénario de Deborah Davis et Tony McNamara s’inspire d’ailleurs librement de la correspondance des véritables protagonistes. Une leçon d’histoire qui n’est cependant pas académique. Comme Stanley Kubrick ou Peter Greenaway avant lui (impossible de ne pas penser à Meurtre dans un jardin anglais), Yorgos Lanthimos multiplie les audaces formelles pour accentuer le grotesque des situations et l’impression de claustrophobie. Panoramiques, effets de fish-eye, ralentis, contre-plongées, éclairages à la bougie… tout est bon pour mettre en exergue le sentiment d’écrasement des personnages, pris au piège de ce palais labyrinthe aux pièces gigantesques, aux couloirs sans fin. Certains jugeront l’exercice (de style) un peu trop tape à l’œil, les ressorts narratifs un peu trop attendus… Il n’en est rien ! Le jeu de massacre en jupons va s’avérer plus surprenant que prévu. Si le cynisme et l’ironie sont de mise, la nuance et l’humanité aussi. Comme Lady Susan dans le jubilatoire Love & Friendship de Whit Stillman, adapté de Jane Austen, ces Machiavels en jupon sont des femmes blessées qui souffrent et aiment dans un univers d’hommes (ici ridicules ou grotesques) : condamnées à dominer, coûte que coûte, pour ne pas l’être, elles les surpassent en intelligence. Selon Balzac, ce sont les plus dangereuses.
1h 59 Et avec James Smith, Mark Gatiss, Joe Alwyn, Carolyn Saint-Pé…

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« Si aucune âme juste ne tente de corriger les hommes, comment espérer de meilleure société ? »

Mademoiselle de Joncquières

Emmanuel Mouret
2018

Sur les écrans en septembre 2018,
En DVD depuis le 16 janvier 2019 chez France Télévisions Distribution
Six nominations aux César 2019

Au 18èmesiècle, Madame de La Pommeraye (Cécile de France), jeune et jolie veuve, vit à l’écart du monde, à la campagne. Elle ne reçoit guère que sa meilleure amie Lucienne (Laure Calamy) ainsi que le Marquis des Arcis (Edouard Baer) un libertin dont elle goûte l’esprit et qui lui fait une cour pressante. Elle finit par céder à ses avances et les deux amants vivent quelque temps un bonheur sans faille. Mais bientôt, Madame de La Pommeraye découvre un changement d’attitude chez le Marquis qui lui fait dire que celui-ci s’est lassé de leur union. Blessée, amoureuse et trahie, elle va fomenter sa vengeance…

L’épisode édifiant de Madame de La Pommeraye, inclus dans le roman Jacques le Fataliste et son maître, de Denis Diderot, avait inspiré en 1945 à Robert Bresson un chef-d’œuvre, Les dames du bois de Boulogne, avec une mémorable Maria Casarès et des dialogues signés Jean Cocteau. Soixante-treize ans après, Emmanuel Mouret, spécialiste de la comédie sentimentale et du marivaudage moderne, se distingue de son prédécesseur en demeurant plus fidèle au livre, à l’exception du personnage de Lucienne, inventé de toutes pièces. Savamment découpée en tableaux épurés, lui donnant parfois un air d’équation mathématique, cette nouvelle adaptation, plus solaire, est de toute beauté. On savoure les joutes verbales raffinées et chaque réplique empoisonnée qui émane de la jolie bouche de Cécile de France, remarquable dans ce rôle à contre-emploi de vengeresse manipulatrice que le malheur rend impitoyable. Face à elle, tout sourire espiègle, Edouard Baer fait un charmeur de haute volée mais sincère, qui émeut en devenant à son insu le dindon de la farce. Entre l’univers de Choderlos de Laclos et celui de Woody Allen, Mademoiselle de Joncquières s’inscrit idéalement dans la filmographie du réalisateur des épatants Changement d’adresseUn baiser s’il vous plaît et Caprice. Un régal !
1h 49 Et avec Alice Isaaz, Natalia Dontcheva…

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Test DVD :

Interactivité**
On n’apprendra rien sur les coulisses du tournage. En revanche, on ne négligera pas les intéressantes scènes inédites ni Aucun regret, court-métrage très rohmérien réalisé par Emmanuel Mouret en 2016.

Image ***
Format : 2.35
Pas de Blu-ray hélas pour ce film qui brille aussi par sa splendide photographie. Elle est signée Laurent Desmet, complice de longue date du réalisateur. Heureusement, l’image est ici lumineuse et parfaitement contrastée.

Son : ****
DD 5.1 en français
Sous-titres pour sourds et malentendants
Audiodescription
Une belle spatialisation et un équilibre parfait entre la musique (classique et baroque) et les dialogues.

LETO

Il était une fois, en 1981 à Leningrad, de jeunes musiciens qui rêvaient de marcher sur les traces de Bowie, Dylan, Bolan, Lou Reed ou des Sex Pistols. Mais dans cette URSS de l’ère Brejnev, le rock est censuré, « encadré », et les aspirants à la gloire doivent ruser pour se produire… Portrait d’une jeunesse joyeuse et lucide, en quête de liberté, Leto (« l’été ») est une petite merveille signée Kirill Serebrennikov, metteur en scène « dissident » russe assigné à résidence depuis plus d’un an. Coup de cœur du festival de Cannes 2018 injustement oublié du palmarès, ce film baroque, poétique et mélancolique, hanté par le destin de ses véritables protagonistes et la beauté de l’actrice Irina Starshenbaum, est un pur ravissement.

 « L’avenir appartient à ceux qui se foutent de tout. »

  

Leto


Kirill Serebrennikov
2018
Dans les salles françaises depuis le 5 décembre 2018

Prix Cannes Soundtrack 2018 pour sa bande originale supervisée par Roma Zver et German Ossipov.

Au début des années 80 à Leningrad (l’actuelle Saint-Pétersbourg), Mike Naumenko (Roman Bilyk) musicien et poète sous influence Bob Dylan, est l’artiste phare de la scène rock underground locale, dont le temple est le Leningrad Rock Club. Entre les répétitions avec son groupe et son job de gardien d’usine à mi-temps, il mène une vie de bohème avec son épouse, Natacha (Irina Starshenbaum), et leur bébé. Un beau soir d’été, au bord de la mer baltique, ils rencontrent Viktor Tsoï (Teo Yoo), jeune compositeur doué en quête de conseils. Mike décide de le prendre sous son aile, même s’il s’aperçoit vite que Natacha n’est pas insensible à son charme…

Les premières images dévoilées lors du festival de Cannes 2018 où le film était en lice laissaient augurer d’un petit bijou. Car c’est bien ce qu’est cette chronique initiatique librement inspirée des mémoires de Natalia Naumenko (la Natacha du film), qui brosse le portrait d’une jeunesse avide de liberté et d’émancipation, bulle d’euphorie et de fantaisie dans la grisaille. Le noir et blanc un peu vintage s’accorde parfaitement avec la tonalité de cette Union Soviétique sclérosante où commence à souffler le vent de la Perestroïka. La magie s’invite grâce à la caméra audacieuse de Kirill Serebrennikov qui confère un lustre iconique aux tribulations des protagonistes ; certains (Mike Naumenko et surtout Viktor Tsoï) sont de véritables légendes en Russie. Tout en fantasmant sur les rock-stars occidentales dont les disques s’échangent sous le manteau, ces jeunes Soviétiques tentent de trouver leur identité artistique et surtout, de déjouer les pièges de la censure imposée par le régime. Le fameux Rock Club de Leningrad a ainsi l’allure d’une salle des fêtes où le public, assis et surveillé de près, n’est même pas autorisé à taper du pied. Des astuces stylistiques ajoutent de temps à autre un grain de folie à l’austérité ambiante : touches de couleur, séquences musicales tendance punk, vers de chansons culte (Blondie, Lou Reed…) repris par des personnages anonymes. Trop belle, trop douce, trop sage, Natacha va entacher la relation fraternelle entre Mike, le mentor dont la créativité s’essouffle (son interprète Roman Bilyk, alias Roma Zver, est le leader du groupe Zveri, très populaire en Russie) et Viktor, le disciple taciturne et doué. L’actrice Irina Starshenbaum, dont la grâce et la fraîcheur rappellent la jeune Anna Karina, illumine littéralement ce film romantique et « atmosphérique », à la fois joyeux et profondément mélancolique. Car en se penchant sur la vie de ces étoiles passées comme des météorites dans une époque liberticide, Sirill Serebrennikov démontre aussi que l’écart n’est pas si grand avec la Russie d’aujourd’hui où la liberté d’expression et le droit des artistes sont trop souvent bafoués. Il en sait quelque chose ! Accusé de détournement de fonds (plus d’un million d’euros de subventions ministérielles attribuées à son théâtre moscovite) — ce que le metteur en scène indépendant nie catégoriquement — il a été arrêté à Saint-Pétersbourg le 22 août 2017, à quelques jours de la fin du tournage de Leto. C’est chez lui, où il est assigné à résidence depuis, qu’il a terminé le montage du film. Son procès s’est ouvert à Moscou le 7 novembre 2018. Il pourrait durer des mois. Affaire à suivre.
2h 06 Et avec Philip Avdeyev, Aleksandr Gorchilin, Evgeniy Serzin…

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