LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN

S’il n’a plus réalisé un film pour le grand écran depuis 2010 (The Ward), John Carpenter n’a jamais été aussi « branché » qu’en ce moment. Il s’est produit en concert le 11 octobre à la Salle Pleyel, suite à la parution de son dernier album en date, Anthology, recueil de ses plus grands thèmes composés pour le cinéma, et il est le producteur exécutif du remake d’Halloween, signé du talentueux David Gordon Green (Délire ExpressJoe…), qui fait un tabac ce mois-ci dans les salles. Cerise sur le gâteau, son film culte, Big Trouble In Little China, vient de ressurgir dans une édition Blu-ray truffée de suppléments, et avec une restauration en 2K qui remet tout simplement les pendules à l’heure !

 

 « Bon ! Vous allez tous attendre ici ! Gardez la boutique, remettez des bûches dans la cheminée et si on n’est pas revenu au petit matin, appelez le Président ! » Jack Burton « savant mélange de Jack Nicholson et John Wayne », dixit Kurt Russell.

 

Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble In Little China)

John Carpenter
1986
En Edition Collector Blu-ray chez l’Atelier d’images depuis le 16 octobre 2018

A San Francisco, Jack Burton (Kurt Russell), camionneur musclé et grande gueule, accompagne son ami Wang Chi (Dennis Dun) à l’aéroport afin d’y accueillir la fiancée de ce dernier qui arrive de Chine. Hélas, à peine apparue, la jeune fille (Suzee Pai) est enlevée sous leurs yeux par les Seigneurs de la Mort, un gang redoutable de Chinatown. Jack et Wang se lancent aussitôt à leur poursuite, suivis par une jolie avocate (Kim Cattrall), mais ce qui les attend va défier leur imagination…

« Quand je rencontre quelqu’un, dit John Carpenter, je sais s’il a le sens de l’humour selon qu’il aime le film ou pas ! » Et Dieu sait s’il en faut pour apprécier Les aventures de Jack Burton. Car l’humour qu’il véhicule, à la fois bon enfant et foutraque, a laissé en 1986 beaucoup de spectateurs sur le bord du chemin. A cette époque, l’Amérique raffole de RamboMad Max et Top Gun. L’heure est aux héros. Et Jack Burton est tout le contraire. Plus balourd que costaud, fort en gueule, le personnage ne doute jamais de sa supériorité alors qu’il est constamment dépassé par les événements (un comportement typiquement américain selon le réalisateur). John Carpenter a exhorté Kurt Russell à s’auto-parodier, ce que l’interprète du fameux Snake Plissken, dont la carrière était alors au creux de la vague, a fait avec jubilation. En effet, Burton, un type « sensé »comme il aime à le rappeler, est soudainement confronté à la mythologie chinoise qui surgit des souterrains de Chinatown : sorciers, fantômes bondissants, créatures monstrueuses (et kitschissimes… ). Le film reflète la passion de John Carpenter pour le cinéma de Hong Kong qui allait bientôt envahir l’Occident. Notamment très admiratif du travail de Tsui Hark dans Les guerriers de la montagne magique (1982), le cinéaste, qui s’était vu refuser son ambitieux projet de mettre en scène The Ninja (un roman de Eric van Lustbader) tenait à porter à l’écran un film qui lui allait lui permettre de conjuguer ses deux genres de prédilection, le western et le fantastique, en y mêlant les légendes populaires chinoises. Le scénario de Gary Goldman et David Z. Weinstein, revisité par D.W. Richter, réalisateur en 1984 du délirant Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension, va lui fournir la matière première. Richter lui conseillera de laisser de côté l’aspect western et de situer l’histoire dans un contexte contemporain. Pour les arts martiaux, John Carpenter va solliciter les meilleurs en leur domaine qui contribueront à faire de la comédie un monument d’heroic fantasy, dans la tradition des grands films de wu xia pian. Hélas, trop en avance sur son temps, ce cocktail détonant n’a pas trouvé son public et la Fox qui a espéré, jusqu’au dernier moment, tenir un émule d’Indiana Jones, n’a su que faire de cet OVNI et en a littéralement « saboté » (selon les dires de Kurt Russell) la promotion. Redécouverte, comme c’est souvent le cas, avec l’arrivée de la vidéo, l’œuvre a été réhabilitée et fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte. Et ce n’est que justice car Les aventures de Jack Burton est un film d’action spectaculaire, hilarant et gorgé des influences d’un des réalisateurs les plus inventifs et perfectionnistes de son siècle qui, en plus, a eu ici le bon goût de ne pas se prendre au sérieux.
1 h 39 Et avec Kate Burton, James Hong, Victor Wong, Donald Lee, Jeff Imada…

A noter qu’une suite de Big Trouble In Little China est en cours de développement aux Etats-Unis, mais qu’on se rassure, Dwayne Johnson, qui devrait en être la star, ne se risquera pas à incarner Jack Burton, indissociable de son interprète original.

BANDE-ANNONCE



Test Blu-ray Edition Collector
Boîtier Steelbook avec, au recto, un nouveau visuel exclusif signé Paul Shipper

Interactivité ****
L’édition regroupe quasiment tous les suppléments existants dont certains sont inédits en France. Parmi ces cinq heures de bonus, on retrouve le commentaire audio hilarant de John Carpenter et Kurt Russell qui abordent l’exercice façon partie de rigolade, tout en glissant des anecdotes intéressantes. Les deux compères adorent le film et continuent à se tenir les côtes à chaque gaffe de ce bon vieux Jack. Au cours des interviews proposées en sus réalisées en 2013 pour l’édition anglaise Arrow, ils évoquent également leur collaboration artistique et Kurt Russell ne tarit pas d’éloges à propos de ce réalisateur hors normes qui lui a offert ses plus beaux rôles. On peut également entendre le point de vue pertinent d’autres collaborateurs récurrents du cinéaste (Jeff Imada, responsable des scènes d’action, le producteur Larry J. Franco, le directeur photo Dean Cundey…). Le programme comprend aussi les featurettes d’époque, des scènes coupées ou alternatives, des bandes-annonces etc.

Image ****
Format : 2.35
Cette restauration en 2K est une vraie claque ! Les couleurs sont naturelles. La définition est splendide, les contrastes et le piqué convaincants. Un bonheur !

Son ***
DTS-HD Master Audio 5.1 en anglais et français
Une piste 5.1 dynamique, qui, certes, ne décollera pas le papier peint, mais produit de jolis effets et se révèle très équilibrée. A noter que les sous-titres français sont optionnels.

 

 

L’édition DVD est également disponible et comprend une jaquette réversible 

Halloween, la nuit des masques critique AFAP

QUIZ DE L’HORREUR

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Quiz réalisé par Sophie Soligny le 31 octobre 2014 dans le cadre des soirées du Bistrot.


N’oubliez pas de cliquer sur « Voir les questions » pour accéder aux réponses.

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HALLOWEEN, LA NUIT DES MASQUES

Quinze ans après avoir massacré sa sœur, Michael Myers s’échappe de l’asile et revient à Haddonfield, où tout le monde se prépare à fêter Halloween… En 1978, John Carpenter donnait vie à l’un des plus célèbres croquemitaines de l’histoire du cinéma…

 

Halloween, la nuit des masques (Halloween)

John Carpenter
1978

Dans la nuit d’Halloween 1963 à Haddonfield, Michael Myers, jeune garçon de six ans, assassine sauvagement sa sœur adolescente de plusieurs coups de couteau, et est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Son médecin, le docteur Loomis (Donald Pleasence), sait que cet enfant mutique est un authentique psychopathe qui n’a aucune notion du bien et du mal. Quinze ans après la tragédie, le jour d’Halloween, Mike Myers s’échappe. Le docteur Loomis est convaincu qu’il est retourné chez lui, à Haddonfield, et qu’un nouveau carnage se prépare…

Avec ce slasher à petit budget qui a fait sensation sur les écrans en 1978, John Carpenter a tout simplement redéfini le film d’horreur, et posé les jalons de toute une série de franchises (de Vendredi 13 à Scream en passant par Freddy). La saga Halloween elle-même, dont le cinéaste se désolidarisera très vite, compte à ce jour huit épisodes (très inégaux) ainsi qu’un remake honorable, réalisé en 2007 par Rob Zombie. Aucun épisode n’arrive à la cheville de l’original, orchestré avec tout le génie de Carpenter, auteur de la musique (il dit lui-même que le film ne fonctionnerait pas sans), et de la mise en scène astucieuse et minimaliste, qui entretient le suspense et procure des sensations de frayeur inouïes. Dénué de gore, sans démonstration horrifique, La nuit des masques reste, quatre décennies après sa sortie, l’un des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma. Il a également permis à la sympathique Jamie Lee Curtis d’entrer dans la cour des grandes héroïnes de l’horreur, dix-huit ans après sa mère, Janet Leigh, tombée dans un bac à douche sous les coups du tueur du mythique Psychose, influence majeure de John Carpenter pour ce film.
1h 31 Et avec Tony Moran, Nancy Kyes, P.J. Soles, Charles Cyphers, Kyle Richards…

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2011