WALK THE LINE

James Mangold filme l’ascension du pionnier du rock Johnny Cash alias « The Man in Black », et son histoire d’amour passionnée avec June Carter. Un bijou porté par les interprétations magistrales de Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon.

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« You can’t wear Black. It looks you’re going to a funeral.
– Maybe I am… »

 

WALK THE LINE

James Mangold
2005

Des années quarante à 1968, l’ascension du chanteur de country Johnny Cash, découvert par Sam Phillips en 1954, sa descente aux enfers dans la drogue et son histoire d’amour tumultueuse et passionnée avec la chanteuse June Carter…

À Hollywood, le biopic fait recette. Après l’épopée de Ray Charles filmée par Taylor Hackford, voici celle de Johnny Cash, icône de la country et du rock américain, artiste mal connu et donc sous-estimé en France. Le réalisateur James Mangold (Copland, Identity) a planché durant une décennie sur le sujet, et collaboré avec les principaux intéressés, Johnny Cash et June Carter, jusqu’à leur mort, survenue en 2003, à quatre mois d’intervalle. Plus qu’à sa musique, c’est à l’homme que le cinéaste a choisi de se consacrer. Torturé, autodestructeur, dévoré par la culpabilité depuis la mort de son frère lorsqu’il était enfant, Johnny Cash est une figure tragique et romantique par excellence. Classique dans la forme, Walk The Line joue avec les clichés pour propulser dans la légende du rock des années cinquante (l’arrivée d’Elvis Presley, Roy Orbison, Jerry Lee Lewis…), mais s’attarde plus particulièrement sur la relation intime entre « l’homme en noir » (surnom de Cash) et June Carter. Tout bonnement exceptionnels et habités par leurs personnages, Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon, qui interprètent eux-mêmes les chansons, n’ont jamais été aussi impressionnants. La comédienne a légitimement été couronnée par l’Oscar de la Meilleure actrice en 2006. Le film avait obtenu cinq nominations.
2 h 16 Et avec Ginnifer Goodwin, Robert Patrick, Dallas Roberts, Jonathan Rice, Tyler Hilton, Shelby Lynne, Dan John Miller…

UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES

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Jean-Pierre Jeunet
2004

1919… La guerre est finie et Manech (Gaspard Ulliel), le fiancé de Mathilde (Audrey Tautou), n’est pas revenu du front de la Somme. Le jeune homme aurait été condamné à mort pour mutilation volontaire et jeté en compagnie de quatre autres détenus sur le no man’s land qui séparait la tranchée française de celle de l’ennemi. Malgré les évidences, Mathilde est persuadée que Manech a survécu. Se fiant à sa petite voix intérieure, elle entreprend de remuer ciel et terre pour le retrouver…

Trois ans après Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet et le scénariste Guillaume Laurant s’attaquent à l’adaptation réputée impossible du roman homonyme de Sébastien Japrisot, Prix Interallié 1991. A travers l’enquête palpitante de Mathilde, se profile la Grande Guerre dans toute son horreur et sa barbarie, et les anecdotes racontées s’inspirent, en grande partie, de faits réels. Très fidèle à l’œuvre poignante de l’écrivain, décédé en 2003, l’épopée de Jeunet retrace cette période douloureuse de l’histoire avec un soin du détail impressionnant et le film offre de véritables morceaux de bravoure. Il est cependant dommage que la mise en scène outrageusement démonstrative (cette satanée manie d’enchaîner trop vite des séquences visuellement plus impressionnantes les unes que les autres) se fasse trop souvent au mépris de l’émotion et des personnages. Les interprètes ne déméritent pas, bien au contraire. Marion Cotillard, particulièrement touchante, et le jeune Gaspard Ulliel obtiendront chacun le César l’année suivante (Meilleur second rôle féminin et Meilleur espoir masculin). Le film remportera également les César de la photo, des décors et des costumes, et sera salué par deux nominations aux Oscars (Direction artistique et Photo).
2 h 13 Et avec Dominique Pinon, André Dussollier, Clovis Cornillac, Albert Dupontel, Jean-Pierre Darroussin, Denis Lavant, Chantal Neuwirth, Jodie Foster, Julie Depardieu…

Chronique rédigée pour fnac.com en 2005

 

MEMORIES OF MURDER

Le film qui a révélé Bong Joon-ho, futur réalisateur de The Host, Snowpiercer – Le transperceneige et Parasite.

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Memories Of Murder
Bong Joon-ho
2003 (CTV International)

En 1986, dans une petite ville rurale de Corée du Sud, plusieurs jeunes filles sont sauvagement assassinées à quelques jours d’intervalle. Le tueur ne laissant pas le moindre indice, la police locale, très vite dépassée par l’affaire, accumule les bavures. Un jeune policier de Séoul, aguerri aux méthodes modernes d’investigation, vient leur prêter main-forte…

Grand vainqueur du festival du film policier de Cognac 2004, Memories Of Murder, du Coréen Bong Joon-ho, est inspiré de la première grande affaire de meurtre en séries coréenne. Le jeune cinéaste indéniablement doué filme les tribulations burlesques, tragiques ou absurdes des policiers avec un souci d’authenticité rare et une maîtrise étonnante. Sans cesse mis en échec par un assassin retors, gênés par le manque de moyens d’une police sous-développée (l’ombre de la dictature coréenne plane en permanence au-dessus du film), les personnages réagissent de manière épidermique. Bong Joon-ho, dont il s’agit seulement du deuxième long métrage, signe ici un polar existentialiste original et envoûtant, remarquablement mis en valeur par les comédiens attachants (dont Song Kang-ho, qui deviendra l’un des acteurs fétiches du réalisateur), une photo somptueuse, et une magnifique bande originale (de Iwashiro Taro).

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Chronique rédigée pour fnac.com en 2004