AFTER THE WEDDING

Nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2007, ce bouleversant drame existentiel réalisé par la Danoise Susanne Bier est porté par la prestation de l’intense Mads Mikkelsen, acteur à suivre.

After The Wedding

ATW 4

Susanne Bier
2006 (DVD Swift)

Exilé en Inde depuis vingt ans, le Danois Jacob Pederson (Mads Mikkelsen), idéaliste invétéré, s’occupe d’un orphelinat sur le point de fermer, faute d’argent. La proposition d’un mystérieux donateur l’oblige à faire un saut à Copenhague. Avant de signer le contrat, le milliardaire (Rolf Lassgard) engage Jacob à demeurer quelques jours sur place et l’invite même au mariage de sa fille qui doit se dérouler le lendemain. Sans enthousiasme, Jacob se rend à la cérémonie. Ce qu’il va y découvrir va bouleverser son existence…

Très populaire au Danemark depuis sa comédie à succès The One And Only, qui lui avait valu en 1999 le Danish Film Award de la mise en scène, Susanne Bier a également conquis le monde grâce à des films exigeants, dans lesquels elle fait montre d’un sens du romanesque qui la distingue de ses célèbres compatriotes Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Même si la scène de la révélation n’est pas sans rappeler la séquence d’anthologie de Festen, After The Wedding, aux accents mélodramatiques parfois exacerbés, se réclame davantage du cinéma populaire. A l’instar du précédent Brothers, Prix du Public à Sundance 2005, le film traite d’un drame de famille qui rejaillit sur une autre situation dans un autre endroit du globe (ici un orphelinat en Inde, dans Brothers, la guerre en Afghanistan). Cette ouverture sur le monde confère au film une résonance particulière et met en exergue les choix de valeurs des personnages. Captivant de bout en bout, superbement mis en scène et brillamment interprété, notamment par le mélancolique et mystérieux Mads Mikkelsen (le vilain Le Chiffre de Casino Royale), After The Wedding est un film intense, puissant et foncièrement bouleversant. Il a été salué par une nomination à l’Oscar du Meilleur film étranger en 2007.

BANDE-ANNONCE

ATW

ATW 3

ATW 2

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2008

HANNIBAL LECTER – LES ORIGINES DU MAL (Hannibal Rising)

 

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Peter Webber
2007

Dans son château familial en Lituanie, le jeune Hannibal Lecter coule des jours heureux après de parents aimants et de sa petite sœur adorée. Mais la guerre est proche. Un jour de 1944, les soldats nazis envahissent le village. Le destin d’Hannibal va basculer…

On pensait la saga de Thomas Harris achevée, après Dragon rouge, Le silence des agneaux et Hannibal (tous portés à l’écran), mais en 2006, répondant à la curiosité de ses fans et à une sollicitation du producteur Dino De Laurentiis, l’écrivain américain est finalement revenu sur les origines de son monstrueux personnage, désormais mythique. Parallèlement au roman, Thomas Harris écrit le scénario, qu’il remaniera à plusieurs reprises pour satisfaire les exigences de la superproduction internationale chapeautée par De Laurentiis et dirigée par l’Anglais Peter Webber, réalisateur en 2003 du remarquable La jeune fille à la perle. Si la délicatesse et les qualités artistiques du cinéaste font souvent merveille dans le film, elles atténuent aussi le caractère insoutenable des épreuves traversées par le jeune Hannibal. Ce conte de fées pour adultes tourne à l’histoire de vengeance classique, au thriller horrifique sensuel et élégant, et livre une résolution un peu trop caricaturale du cas Hannibal Lecter, le plus célèbre des psychopathes cannibales. Convaincant en jeune prédateur assoiffé de vengeance (moins pour le maniement de la langue anglaise), le frenchy Gaspard Ulliel fait un serial killer séduisant en diable et rappelle par fulgurances son illustre prédécesseur Anthony Hopkins, forcément irremplaçable.
2 h 01 Et avec Rhys Ifans, Gong Li, Kevin McKidd, Richard Brake…

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2008

 

JACQUOU LE CROQUANT

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Laurent Boutonnat
2007

Au début du XIXe siècle… Pour venger son père mort en prison par la faute du Comte de Nansac (Jocelyn Quivrin), qui fait régner la terreur sur le Périgord Noir, un jeune homme (Gaspard Ulliel) va prendre la tête de la révolte paysanne…

Ce n’est pas sans préjugés qu’on aborde le film signé en 2007 par Laurent Boutonnat, compositeur et clippeur attitré de Mylène Farmer, et réalisateur du gothique Giorgino en 1994, adulé par les uns, abhorré par les autres. Dès les premières minutes, on comprend les raisons qui ont poussé Boutonnat à adapter le classique (imaginé en 1899 par Eugène Le Roy) qui avait inspiré en 1969 une saga télévisée populaire avec Éric Damain dans le rôle-titre. L’enfance étant l’un des thèmes chers au cinéaste, le film s’attarde sur celle de Jacquou, petit paysan sur qui le sort s’acharne, tel l’Oliver Twist de Dickens. La beauté d’une jeune Léo Legrand — puis de Gaspard Ulliel — irradie l’écran tandis qu’à grand renfort de plans esthétisants, le mélodrame fait défiler les tableaux, bucoliques (inspirés de Millet), ou plus sombres, lorsque la neige et la mort s’en mêlent. Le cinéaste semble d’ailleurs davantage préoccupé par l’esthétique pure que par les événements de l’histoire (la révolte des paysans est menée ici de manière assez incohérente). Cependant, même si son épopée souffre de maladresses (manichéisme des personnages, ralentis utilisés à outrance, ton des comédiens pas toujours très juste…), Laurent Boutonnat parvient à restituer le charme et la magie des romans épiques de l’enfance. Quelques personnages romantiques, tels La Galiote (incarnée par la magnifique mannequin Bojana Panic) ou le chevalier (Tcheky Karyo) tirent leur épingle du jeu.
2h 20 Et avec Marie-José Croze, Albert Dupontel, Malik Zidi, Olivier Gourmet, Gérald Thomassin, Dora Doll…

Chronique rédigée pour fnac.com en 2008