HOLLYWOOD DANS LES ANNÉES 30

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Les amoureux de l’âge d’or d’Hollywood seront comblés par ce livre conçu, illustré et écrit par deux passionnés : le graphiste allemand Robert Nippoldt, et son compatriote critique de cinéma Daniel Kothenschulte. Nommé Meilleur livre de cinéma de l’année 2014 par l’Institut du Film de Berlin, cet ouvrage magnifique, publié par Taschen, ramène à cette époque mythique où les stars rivalisaient de glamour, et les réalisateurs et directeurs de studios, de mégalomanie. Cherry sur le gâteau, cette merveille est disponible à un prix très abordable.

 

Hollywood dans les années 30
Robert Nippoldt et Daniel Kothenschulte
2014 Taschen Couverture rigide (21,6 x 34 cm, 160 pages) € 39,99

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L’histoire des grains de beauté dessinés sur le visage de Jean Harlow (avec carte à l’appui et références des films), celle des lettres du sigle Hollywood, symbole de la grandeur des studios, en piteux état durant les années 70, et dont la réparation de certaines lettres abimées a été financée en 1978 par la rock star Alice Cooper, ou celle, édifiante, de la création d’Autant en emporte le vent, figurent parmi les légendes narrées avec humour par Daniel Kothenschulte, critique de cinéma et pianiste de films muets, et illustrées par des dessins très stylisés de Robert Nippoldt, à l’initiative de ce magnifique ouvrage.

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Si les deux auteurs ne manquent pas d’immortaliser, via des portraits piquants, les plus célèbres personnalités de l’époque — Louise Brooks, Greta Garbo, Marlene Dietrich, Charlie Chaplin, Errol Flynn, Clark Gable, Humphrey Bogart, Cary Grant, Katharine Hepburn et l’anti-girl next door Joan Crawford (« Si c’est la fille d’à côté que vous voulez voir, allez voir à côté ! ») – ils rendent également hommage à des figures moins connues du grand public, tel Ben Hecht, fameux scénariste d’une montagne de chefs-d’œuvre et même “médecin-scénariste” (il est venu à la rescousse de nombreuses productions en cours, dont Autant en emporte le vent), le maquilleur de l’horreur Jack P. Pierce, auquel on doit le masque de Frankenstein, ou Marie Dressler, sexagénaire dont la verve caustique lui avait valu d’être la star féminine la plus populaire du début des années 30. Côté réalisateurs, Fritz Lang, Ernst Lubitsch, John Ford, Tod Browning ou George Cukor n’ont pas été oubliés. Enfin, en complément de cette exquise rétrospective, on peut découvrir une carte stylisée de Los Angeles permettant de repérer l’emplacement des grands studios, une frise chronologique pointant les événements marquants de la période, et la liste de vingt-neuf films incontournables de cet âge qui fut aussi doré et scintillant que la couverture de ce livre.

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Bob Willoughby AUDREY HEPBURN

Bonne nouvelle, Taschen réédite à petit prix le superbe livre du photographe hollywoodien Bob Willoughby consacré à Audrey Hepburn, son modèle fétiche, dont il était devenu le confident au fil des années. Alternant photos de plateau et de vie privée, l’ouvrage porte principalement sur cinq films de l’actrice tournés entre 1953 et 1966 : Vertes demeures, La rumeur, Deux têtes folles, My Fair Lady et Voyage à deux.

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« Connaître Audrey Hepburn, c’était côtoyer la grâce. » Bob Willoughby

 

Bob Willoughby – Audrey Hepburn
Photographs 1953-1966
Taschen
Edition multilingue (allemand, anglais, français) 280 pages

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C’est en 1953 que Bob Willoughby photographie Audrey Hepburn pour la première fois, et tombe sous son charme. Ça se passe aux studios de la Paramount où la jeune actrice, encore inconnue, doit effectuer des photos promotionnelles pour Vacances romaines, dont le tournage vient de s’achever. Willoughby, qui a étudié le graphisme avec Saul Bass et a appris, durant les années 40, auprès des plus grands photographes hollywoodiens, est engagé par le studio pour réaliser des instantanés promotionnels. Ce genre de clichés, pris par quelqu’un d’extérieur au studio, fera de lui le pionnier (et le plus célèbre) des photographes de plateau. Il est, selon le magazine Popular Photography, « l’homme qui a inventé le photojournalisme sur les tournages ». S’il est d’abord remarqué en 1954 grâce à sa série de photos de Judy Garland sur le plateau d’Une étoile est née, c’est avec Audrey Hepburn qu’il entretiendra une amitié durable, au travail comme à la ville. On lui doit quelques-unes plus célèbres photos promotionnelles de l’actrice, mais aussi des clichés plus intimes : Audrey faisant ses courses au supermarché, jouant avec son jeune fils Sean, discutant d’un rôle avec son époux Mel Ferrer, faisant de la gymnastique dans son jardin ou endormie sur son canapé auprès du faon Ip, qui devait apparaître à ses côtés dans Vertes demeures.

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Disparu en 2009, seize ans après Audrey Hepburn, Bob Willoughby avait souhaité avec ce livre, publié pour la première fois en 2010, rendre hommage à celle qu’il voyait comme « un farfadet féminin, une créature sylvestre féerique qui, sous nos yeux, savait se transformer en princesse. » Plutôt monumental, l’ouvrage est enrichi d’un index dans lequel chaque photo profite d’un commentaire explicatif de Bob Willoughby. Bref, un livre indispensable pour les fans de l’icône.

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« Enfant, on m’a appris qu’il était mal élevé d’attirer l’attention sur soi, et qu’il ne fallait jamais, au grand jamais, se donner en spectacle… Et c’est en faisant justement cela que j’ai gagné ma vie. » Audrey Hepburn

 

BACK TO BLACK

Cinéphiles et amateurs de films noirs en particulier se jetteront sur ce splendide et monumental ouvrage édité par Taschen tout récemment, qui rend un hommage plutôt audacieux à un genre cinématographique esthétique par essence. Introduit par Notes sur le film noir, texte de référence signé Paul Schrader en 1971, le livre répertorie chronologiquement cent des plus belles œuvres du film noir et néo-noir, du Cabinet du Docteur Caligari à Drive, en passant par les classiques Laura ou Le grand sommeil et les plus inattendus The Dark Knight ou Black Swan. Chaque entrée, enrichie d’analyses et extraits de critiques, est généreusement illustrée d’affiches et de photos. Un must have, qui suscitera immanquablement une réflexion sur un genre plus riche et complexe qu’il y paraît.

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« A l’instar du film noir classique, le néo-noir nous plonge dans les ténèbres pour mieux nous faire entrevoir la lumière. » Douglas Keesey

  

Film Noir, 100 All-Time Favorites

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Paul Duncan, Jürgen Müller
2014
(21,5 x 27,4 cm), 688 pages, 39,99 €

Même si, selon la légende, le terme a été inventé par un Français, le film noir est, avec le western, le genre le plus emblématique du cinéma américain. On doit l’expression au critique Nino Frank qui l’aurait pour la première fois utilisé en 1946 dans un article publié dans l’Ecran français. Un an plus tôt, Jacques Prévert avait baptisé Série noire la collection de polars éditée par Marcel Duhamel, qui a contribué à populariser le roman noir américain en France. Cet engouement pour le polar venu d’outre-Atlantique est né à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir bouleversé Hollywood, les films noirs débarquent en masse sur les écrans français. Ces histoires de corruption, de trahisons et de crimes, influencées par le pulp, sont pétries de pessimisme et de cynisme, et hantées par les visions expressionnistes des réalisateurs européens expatriés, maîtres du clair-obscur (Fritz Lang en tête).

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Dans le film noir, écrit Paul Schrader, scénariste de Taxi Driver, et réalisateur d’ American Gigolo, la forme est toujours plus importante que le fond, et celui-ci ne saurait être assimilé aux films de gangsters, ou réduit à une combinaison d’éléments (femme fatale, détective désabusé, décor urbain, scènes nocturnes, crime… ). « Il ne se définit pas par des compositions et des conflits conventionnels, mais plutôt par de subtils éléments de tonalité et d’atmosphère ». Ainsi, comme s’emploient à le démontrer les deux éditeurs et spécialistes de cinéma Paul Duncan et Jürgen Müller, le film noir, qu’il soit défini comme un genre, un style ou un mouvement, est ouvert. Leur sélection donne la préférence à Quai des brumes, Le trésor de la Sierra Madre, Fenêtre sur cour ou Blade Runner plutôt qu’à Règlement de comptes ou Le carrefour de la mort. Pourquoi pas ? D’autant qu’une liste de mille films figure en index final, histoire de ne pas froisser les susceptibilités.

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En avant propos, le livre bénéficie également d’une analyse approfondie de La Dame de Shanghai d’Orson Welles par Jürgen Müller et Jörn Hetebrügge, ainsi que d’une Introduction au néo-noir par Douglas Keesey, professeur de cinéma et de littérature et auteur de nombreux ouvrages sur le 7ème art.

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Mon Top 10 perso :
(sans ordre de préférence, mais dominé quand même par Règlement de comptes):

Laura Otto Preminger, 1944
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La griffe du passé (Out of the Past), Jacques Tourneur, 1947
Annex - Mitchum, Robert (Out of the Past)_05

La femme aux cigarettes (Road House), Jean Negulesco, 1948
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Le démon s’éveille la nuit (Clash By Night), Fritz Lang, 1952
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Le port de la drogue (Pickup on South Street), Samuel Fuller, 1953
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Règlement de comptes (The Big Heat), Fritz Lang, 1953
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Traquenard (Party Girl), Nicholas Ray, 1958
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A bout portant (The Killers) Don Siegel, 1964
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N’hésitez pas à donner le vôtre…