BEST OF 2025 (films/séries/performances)


Le retour de mes « pétroleuses » préférées, Michelle Randolph et Ali Larter, dans la saison 2 de Landman

 

En attendant de découvrir les trésors de 2026, voici ce que j’ai particulièrement aimé en 2025, au cinéma et sur le petit écran.

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TOP 10 FILMS

 

1 – UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE de Paul Thomas Anderson
24 septembre 2025


Une claque ! Ma critique ici.

 

2 – UN PARFAIT INCONNU de James Mangold
29 janvier 2025


Une immersion bluffante dans le Greenwich Village fantasmatique, avec un Timothée Chalamet impeccable en jeune Bob Dylan. Ma critique ici.

 

3 – VALEUR SENTIMENTALE de Joachim Trier
29 août 2025


Merveille de film. Ma critique ici.

 

4 – EDDINGTON de Ari Aster
16 juillet 2025


Gonflé et terriblement pertinent. Ma critique ici.

 

5 – A HOUSE OF DYNAMITE de Kathryn Bigelow
2 novembre 2025


Idem. Ma critique ici.

 

6 – LIFE OF CHUCK de Mike Flanagan
11 juin 2025


Merveille de film 2. Ma critique ici.

 

7 – CLOUD de Kiyoshi Kurosawa
4 juin 2025


Un employé d’usine lassé de son job abrutissant entreprend de se lancer dans la revente d’objets en ligne. De petites combines en vraies malversations, il finit par se retrouver traqué par des gens animés de très mauvaises intentions. Un jeu de massacre passionnant signé par le cinéaste de Cure et Kaïro.

 

8 – JE SUIS TOUJOURS LÀ de Walter Salles
15 janvier 2025


En 1971, à Rio de Janeiro sous le joug de la dictature militaire, la maison des Paiva, non loin de la plage, est pleine d’enfants, d’amis, de rires. Mais un jour, les hommes du régime viennent arrêter le père, ingénieur, qui disparaît sans laisser de traces. Son épouse et ses enfants vont remuer ciel et terre pour le retrouver. Inspiré d’une histoire vraie, ce film est aussi magnifique que bouleversant.

 

9 – THE BRUTALIST de Brady Corbet
12 février 2025


Une fresque hallucinée et monumentale, à la mise en scène époustouflante. Le travail sur l’image et le son est sidérant. Son réalisateur, Brady Corbet, n’a que trente-sept ans. Adrien Brody et Guy Pearce sont fabuleux.

 

10 – TRAIN DREAMS de Clint Bentley
21 novembre 2025


Cette adaptation d’un livre de Denis Johnson mise en scène par le scénariste du récent Sing Sing et distribuée par Netflix, est d’une beauté renversante. Le toujours impeccable Joel Edgerton campe cet humble bûcheron des grandes forêts du nord de l’état de Washington qui assiste aux grands changements du début du XXe siècle. De la poésie pure sur l’écran. La chanson-titre est une collaboration Nick Cave-Bryce Dessner, par ailleurs compositeur de la musique du film.

 

 

TOP 10 SÉRIES

 

1 – FAMILIES LIKE OURS (Canal+)


Visionnaire. Ma critique ici.

 

2 -TASK (HBO)


Après Mare Of Easttown, on fond à nouveau devant la nouvelle mini-série de Brad Ingelsby. Un sans faute. Ma critique ici.

 

3 – THE STUDIO (Apple TV)


Les affres du quotidien du fraîchement promu directeur de Continental Studios (Seth Rogen), société de production en difficulté, partagé entre l’envie de monter de « grands films », et celle de survivre dans un milieu hypocrite, narcissique et lâche. Très librement inspirée de la française Dix pour cent, la série est particulièrement appréciée des cinéphiles. Martin Scorsese et Ron Howard, dans leur propre rôle, font des apparitions hilarantes.

 

4 – CIMETIÈRE INDIEN (Canal+)


Avec Plaine orientale, cette série policière fait partie des bonnes surprises françaises de l’année. L’ensemble de la distribution assure, à l’image de Mouna Soualem, parfaite. Thomas Bidegain, le scénariste fétiche de Jacques Audiard, est aux manettes. Ma critique ici.

  

5 – ADOLESCENCE  (Netflix)


Le phénomène de 2025. Ma critique ici.

 

6 – LA VOIE DU DROIT (Beyond The Bar) (Netflix)


Un K-drama très réussi, porté par une brochette de comédiens formidablement attachants, qui explore les rouages du système judiciaire coréen. 

 

7 – THE BEAST IN ME (Netflix)


Ce jeu du chat et de la souris entre Claire Danes (experte en l’art de jouer les femmes au bout du rouleau) et Matthew Rhys, ambigu et démoniaque à souhait, est truculent.

 

8 – LE GUÉPARD (Netflix)


Cette somptueuse adaptation en six épisodes du best-seller de Giuseppe Tomasi di Lampedusa n’a pas à rougir de la comparaison avec le chef-d’œuvre de Luchino Visconti. En faisant de la vertueuse et discrète Concetta la véritable héroïne, la série pose un regard neuf sur l’histoire, et gagne également en efficacité. Qu’on se rassure, si le beau Kim Rossi Stuart assure en Prince de Salina, Claudia Cardinale et Alain Delon restent Angelica et Tancrède pour l’éternité.

 

9 – À L’AUBE DE L’AMÉRIQUE (Netflix)


Violente, sauvage, cruelle, cette immersion dans la conquête de l’Ouest, avec un Taylor Kitsch taiseux et héroïque, déménage. Les Mormons, et notamment leur leader Brigham Young, en prennent pour leur grade. Pas pour les âmes sensibles.

  

10 – PLURIBUS (Apple TV)


Forte d’une intrigue plutôt astucieuse, cette série de SF créée par Vince Gilligan, scénariste de Breaking Bad, est la surprise de la fin d’année 2025. Rhea Seehorn fait un vrai numéro. On attend la saison 2 avec impatience.

 

En bonus :  SLOW HORSES Saison 5 (Apple TV) 


Brillantissime, la série se bonifie saison après saison, et Gary Oldman et son équipe sont plus que jamais aux petits oignons. Ma critique ici.

Et SEVERANCE Saison 2 (Apple TV)


L’épatante série lynchienne créée par Dan Erickson et réalisée par Ben Stiller semblait avoir tiré sa révérence en 2025, mais il se pourrait qu’une saison 3 voie le jour. Affaire à suivre. Tant qu’Adam Scott et Britt Lower sont de la partie…

 

TOP 10 PERFORMANCES

Ils et elles ont brillé en 2025.

 

1 – Benedetta Porcaroli (Le Guépard)


La jeune actrice italienne fait une Concetta intelligente, touchante, sublime. Elle a tout pour elle.

 

2 – Rebecca ferguson (A House Of Dynamite, Silo)


En officier supérieur de la Situation Room ou en détective de choc dans un monde post-apocalyptique, l’actrice suédoise force invariablement l’admiration.

 

3 – Inga Ibsdotter Lilleaas (Valeur sentimentale)


Dans le film de Joachim Trier, elle est la douce Agnes, petite soeur de Nora campée par la déménageuse Renate Reinsve. On ne peut que l’aimer.

 

4 – Elle Fanning (Valeur sentimentaleUn parfait inconnu)


On ne la présente plus, mais quoi qu’elle fasse, elle fait des étincelles. Sa justesse est stupéfiante.

 

5 – Mouna Soualem (Cimetière indien)


Une belle et sacrée présence.

 

6 – Verlee Baetens (Plaine orientale, The Deal)


L’actrice belge, très douée, est décidément à l’aise dans tous les registres.

 

7 – Taron Egerton (Smoke)


Comme dans Black Bird, la précédente mini-série de Dennis Lehane, il montre ici toute l’étendue de son talent. Taron Egerton est un acteur génial.

 

8 – Emilia Jones (Task)


Elle est la perle de cette série emmenée par les solides Mark Ruffalo et Tom Pelphrey. Une révélation.

 

9 – Jun Ho-Lee (Typhoon Family)


Passé de beau gosse oisif à sauveur de la petite entreprise léguée par son père, l’acteur coréen déploie une palette d’émotions inouïe. Et en plus, il chante. Une leçon.

 

10 – Pierce Brosnan et Helen Mirren (MobLand)


La série criminelle coproduite par Guy Ritchie n’est peut être pas d’une folle originalité, mais elle est désopilante. Et notamment grâce aux performances d’Helen Mirren et Pierce Brosnan, le couple infernal à la tête d’une famille mafieuse de Londres. En reine des garces, l’actrice de la Royal Shakespeare Company s’en donne à coeur joie. Quant à
celui qui fut l’un des plus séduisants James Bond, son accent irlandais à couper au couteau ainsi que son langage fleuri sont un régal. 

 

BONNE ANNÉE 2026 À TOUS MES LECTEURS ! ♥

 

WISHLIST NOËL 2025

Des cadeaux à s’offrir entre cinéphiles (l’ordre n’a pas d’importance).

 

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1 – Le grandiose

MY NAME IS ORSON WELLES
Ouvrage collectif publié sous la direction de Frédéric Bonnaud, directeur général de la Cinémathèque française
18 septembre 2025
La Table Ronde (44,50 €)

 C’est l’événement cinéphilique de la saison ! My Name Is Orson Welles, exposition consacrée à ce monument du 7e art né il y a cent dix ans, se tient depuis le 8 octobre à la Cinémathèque. On doit à Orson Welles, disparu en 1985, le film des films, Citizen Kane, mais aussi les merveilles que sont La Splendeur des Amberson, La Dame de Shanghai ou La Soif du mal. Tout aussi imposant que l’expo, son catalogue, au titre homonyme, supervisé par Frédéric Bonnaud, est magnifique. Dense (464 pages, 320 illustrations), il immerge dans l’univers du cinéaste à la fois génial et maudit, via des textes pertinents, entre autres, de Costa-Gavras, Sartre, Borges, Aragon, Frédéric Bonnaud, Philippe Garnier, et des entretiens de Welles lui-même. Comme John Cassavetes, le cinéaste américain a achevé douze longs-métrages et laissé pléthore d’œuvres en suspens. Il a également réalisé des téléfilms, des séries, a fait l’acteur… Ce créateur protéiforme et magicien sur les bords aimait dire qu’il était une multitude.

 « Welles est moderne parce qu’il a, dans un moment spectaculaire et mémorable qui n’a guère duré, arraché le cinéma aux griffes des studios. Et parce que, durant les décennies de galère qui ont suivi, il a héroïquement montré (avant Alain Cavalier ou Sean Baker) que tout le monde pouvait faire des films avec peu de moyens. Mais son cinéma peut aussi aujourd’hui faire songer à un fantastique cabinet de curiosités. » Philippe Garnier

L’exposition My Name Is Orson Welles, à découvrir à la Cinémathèque jusqu’au 11 janvier 2026.

 

2 – Le fétichiste

CAROL ÉDITION 4K ULTRA HD + 2 BLU-RAY
Et en édition limitée Fnac – 500 exemplaires
2 décembre 2025
Bubbel Pop’ Édition (49,99 €)

Pour son dixième anniversaire, le bijou de Todd Haynes, élu Meilleur film LGBT de tous les temps par le British Film Institute, et lauréat de la Queer Palm à Cannes 2015, s’est fait une beauté. En plus d’une remastérisation 4K Dolby Vision, l’éditeur Bubbel Pop’, en étroite collaboration à Studio TF1 et Elizabeth Karlsen, productrice du film, a magnifiquement mis en valeur cette histoire d’amour intemporelle – portée par Cate Blanchett et Rooney Mara – adaptée de l’œuvre de Patricia Highsmith. Le coffret propose trois heures de suppléments exclusifs, un livre de cent pages retraçant l’histoire du tournage, des cartes postales, l’affiche… Une édition limitée numérotée Fnac, dotée d’un fourreau magnifique, ajoute le vinyle de la BO de Carter Burwell, le lookbook de Todd Haynes, quatre tirages photo et une lettre inspirée du film. C’est vraiment Noël.

Carol, le film, ma critique ici.

 

 

3 – Le flamboyant

ROBERT EVANS — MÉMOIRES
Robert Evans
12 octobre 2025
Éditions Séguier (24,90 €)

Dans l’excellente mini-série The Offer, diffusée en 2022, il était incarné par Matthew Goode, outrageusement bronzé, tiré à quatre épingles, fabuleux dans la peau du playboy invétéré et génial producteur à la fois. Robert Evans était comme ça. À l’origine, cette autobiographie, éditée originellement en 1995, s’intitulait The Kid Stays In The Picture (c’était aussi le titre de l’excellent documentaire signé Brett Morgen et Nanette Burstein paru en 2002). Le légendaire producteur du Parrain, de Rosemary’s Baby ou Chinatown s’est éteint en 2019, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, mais sa personnalité hors-norme continue de briller dans le ciel d’Hollywood. Robert Evans a écrit ses mémoires comme il a mené sa vie, tambour battant. Acteur raté devenu producteur instinctif, capable de déplacer des montagnes, il a eu le monde (et les femmes) à ses pieds avant de se brûler les ailes. Dans cette réédition enrichie de chapitres inédits, son écriture est enlevée, les anecdotes, drôles ou édifiantes, pullulent. Il évoque son amitié avec Alain Delon, Roman Polanski, Warren Beatty… Sharon Stone et Mickey Rourke en prennent pour leur grade. Son histoire d’amour douloureuse avec Ali MacGraw, qui fut son épouse et la mère de son unique fils — elle l’a quitté pour Steve McQueen —, noircit pas mal de lignes. Mais surtout, Bob Evans, dernier des grands producteurs américains, parle de son métier avec la passion qui l’a toujours caractérisé, mue par un véritable amour du cinéma.

« Les vrais producteurs sont peu nombreux. C’est une espèce en voie de disparition. Il existe en revanche beaucoup de « producteurs de cocktail » (d’après un récent recensement, ils sont plus nombreux que la police). Dilettante, agent, photographe, avocat, esbroufeur, brasseur d’affaires, playboy, financier, mari de starlette, tous exploitent indûment le terme de « producteur ». Aucun de ces types n’a la moindre notion de budget, de distribution ou de casting, de préproduction, de production, de postproduction, de montage final, de sélection finale des salles, de publicité, de marketing, ni de collecte du pognon. Et ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses facettes des responsabilités d’un vrai producteur. »

 

4 – L’envoûtant

UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE SOUNDTRACK
Jonny Greenwood
26 septembre 2025
Nonesuch Records (40 € environ)

Sixième collaboration pour un film de fiction du musicien multi-instrumentiste Jonny Greenwood, éminent membre de Radiohead, avec le cinéaste Paul Thomas Anderson (depuis There Will Be Blood). La bande originale du sensationnel Une bataille après l’autrese fait l’écho de la palette des émotions du film, à la fois violent, sombre, drôle et tendre. Entre morceaux organiques et expérimentaux (guitares, cordes, percussions et piano discordants…), on trouve là des plages plus mélodiques (« Perfidia Beverly Hills », « Song For Willa », « Avanti Q », et ma préférée, « Trust Device »). Cette BO a été enregistrée aux mythiques studios Abbey Road, avec le concours du London Contemporary Orchestra. Autant dire que ça envoie. Quarante-neuf minutes de musique sont réparties sur les dix-huit plages de ce double vinyle qui fera le bonheur des aficionados de Greenwood. À noter que le morceau « Mean Alley » a été coécrit avec Thom Yorke.

 

 

5 – L’irrésistible

BILLY WILDER « ET TOUT LE RESTE EST FOLIE »
Mémoires
Billy Wilder et Hellmuth Karasek
Traduit de l’allemand par Jeanne Étoré et Bernard Lortholary
Septembre 2024
Nouveau Monde Éditions (25,90 €)

Ça avait commencé par une simple interview. C’est devenu un livre, édité pour la première fois en 1992. Le critique et écrivain allemand Hellmuth Karasek, disparu en 2015, s’est entretenu à moult reprises à partir de 1986 avec « le père de la comédie hollywoodienne », réalisateur d’Assurance sur la mort, Boulevard du crépuscule, Sept ans de réflexion, Certains l’aiment chaud ou de La Garçonnière. Karasek replace constamment les propos de Wilder dans leur contexte, ce qui confère à l’ouvrage un indéniable intérêt historique. La fameuse ironie du cinéaste autrichien exilé aux États-Unis dès 1934 resplendit à chaque page, et les évocations de ses collaborateurs et de la faune du cinéma de son époque ne manquent pas de sel.

À propos de Greta Garbo :

« Je compris vite qu’elle supportait solidement l’alcool, et elle avait aussi un rire solide, en buvant son premier, puis son deuxième martini… faisant des déclarations comme : ‘Je le dis toujours, une hirondelle ne fait pas le printemps’ ou encore ‘Il faut battre le fer tant qu’il est chaud’. Cette femme énonçait des proverbes comme si c’était sa propre inspiration spontanée. »

À propos de Marilyn Monroe, sur le tournage de Certains l’aiment chaud :

« Marilyn était un véritable génie en tant qu’actrice comique, elle avait un sens extraordinaire du dialogue comique. Je n’ai jamais trouvé après elle de femme comparable. Et pourtant, elle pouvait être prodigieusement déplaisante… On peut comprendre qu’à la fin du tournage, Curtis, un peu amer, ait dit : ‘Embrasser Marilyn Monroe, c’était comme embrasser Adolf Hitler. »

 

 6 – L’élégant

VIVE ALLURE !
Jean-Paul Rappeneau
Avec Kéthévane Davrichewy
29 octobre 2025
Grasset (20,90 €)

Il a signé quelques-uns des longs-métrages les plus populaires du cinéma français. En 1991, son Cyrano de Bergerac a décroché pas moins de dix César, dont celui du Meilleur film (ainsi que l’Oscar des Costumes), et le Golden Globe du Meilleur film en langue étrangère. Et pourtant, il n’y a pas plus discret que Jean-Paul Rappeneau qui, en soixante ans de carrière, n’a réalisé que huit longs-métrages. « Une cadence qui contraste ironiquement avec celle de mes films » confie-t-il dans ce livre. Car le mouvement est la caractéristique de son cinéma. Cette particularité, il la partage avec son ami feu Philippe de Broca, avec lequel il a collaboré à de nombreuses reprises.

« Je tourne moins que lui mais chacun de mes films laisse une petite trace dans les siens. Il y a un peu de La Vie de château dans Le Diable par la queue et dans Le Roi de cœur, avec la prise du blockhaus ! Sans parler de L’Africain à venir, le duo Deneuve/Noiret de La Vie de château dans une décalcomanie du Sauvage. »

Amie de longue date du cinéaste et de son épouse Claudie, Kéthévane Davrichewy a encouragé ce dernier à écrire ses souvenirs de tournage qu’il avait pris l’habitude de consigner dans des journaux de bord. Elle a bien fait. L’ouvrage immerge dans le cinéma français des années 60 à aujourd’hui. Rappeneau évoque sa complicité avec Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie, raconte sa rencontre avec Catherine Deneuve, la petite sœur discrète de Françoise Dorléac, qui, elle, se déchaînait sur les pistes de danse avec son ami Jean-Pierre Cassel. On y apprend aussi que Jean-Paul Belmondo ne s’entendait pas avec Marlène Jobert, sa partenaire des Mariés de l’an II, au point de la comparer au Mur de Berlin. Sur le tournage du Sauvage, Yves Montand s’agaçait de devoir courir derrière Catherine Deneuve, tandis que sur celui de Cyrano, Gérard Depardieu faisait… du Gérard Depardieu…

« ‘Je te regardais pendant ce dîner, tu manges comme un fou, tu bois comme un trou, si ça continue comme ça, tu vas redevenir gros. Hurlements ! Qu’ai-je dit ? J’ai prononcé le mot tabou… »

 On découvre que colonel Pardi du Hussard sur le toit a failli avoir le visage de Keanu Reeves, que Rappeneau a rencontré pour l’occasion avant de comprendre que la langue allait poser problème. Du coup, le rôle du séduisant soldat est allé au tout jeune Olivier Martinez, beau gosse lui aussi, un vrai choix de midinette assumé par le réalisateur.

 

7 – Le culotté

MON BBCÉDAIRE
Brigitte Bardot
Septembre 2025
Fayard (19 €)

Depuis quelque temps, les nouvelles de la santé de Brigitte Bardot sont alarmantes. Pour autant, ce petit abécédaire, conçu avec l’illustrateur Ayoub Bougria, démontre qu’à quatre-vingt-onze ans, elle n’a rien perdu de sa verve. Rédigées à l’encre bleue par l’icône française elle-même, qui use de son franc-parler habituel, ces définitions lapidaires (mais de taille inégale), font parfois sourire (ou hurler c’est selon), mais se révèlent quelquefois pertinentes. En somme, tout BB.

« A comme Aznavour (Charles) : Grand talent, petite envergure. Se faisait payer ses autographes. »

« R comme Rap : Épouvantable. Manière sauvage et primaire de faire des sons sans queues ni têtes. »

« S comme Sondages : On s’en fout ! »

 

 

8 – Le prodigieux

BONG JOON-HO DÉSORDRE SOCIAL
Erwan Desbois
23 septembre 2025
Playlist Society (17,00 €)

On se lève tous pour Bong Joon-ho ! Dès Memories Of Murder, on a su qu’il allait falloir compter avec ce cinéaste extrêmement doué. Les succès internationaux de The Host, Mother, Snowpiercer ou Parasite ont fait de lui le réalisateur coréen actuel le plus prisé. Chez Bong Joon-ho, la forme, souvent brillante, épouse le fond. Film après film, il ausculte de manière déguisée, et avec un humour noir dévastateur, les dysfonctionnements d’une société coréenne en apparence libérale, mais hantée par des années de dictature. Le réalisateur né en 1969 sait de quoi il parle : il a grandi alors que le pays était encore sous le joug d’un régime autoritaire où la censure était reine. Comme le démontre habilement le spécialiste Erwan Desbois dans cet essai paru dans la dynamique maison d’édition Playlist Society, la lutte des classes et la critique sociale sont toujours au cœur de son cinéma. Les fans du prodige coréen devraient apprécier cette analyse pertinente et érudite de la filmographie de Bong Joon-ho, Mickey 17 compris.

« Comme Bong Joon-ho l’a explicité lui-même, le sujet au cœur de Parasite est la propriété privée, « clé de voûte » du système capitaliste partout sur le globe, qui transforme en « fantômes » ceux qui n’ont rien, car la valeur humaine est devenue abusivement indexée sur la valeur financière des possessions. Cette dépréciation humiliante et sans appel remplit ceux qui en sont victimes d’une colère dont le contrôle leur échappe. Les films de Bong sont remplis d’affrontements entre les pauvres qui se retournent cruellement les uns contre les autres. »

  

9 – Le culte

CLAUDINE — L’INTÉGRALE DE LA SÉRIE
Réalisé par Édouard Molinaro en 1978
Coffret 4-DVD paru le 14 octobre 2025
Les joyaux de la télévision/Elephant Films (34,99 €)

Qui se souvient de l’actrice Marie-Hélène Breillat, passée comme une météorite dans le ciel du cinéma français ? La grande sœur de Catherine Breillat a pourtant été une it girl des années 70, avec son grand sourire, ses yeux magnifiques, sa silhouette gracile et son air mutin qui lui valait d’être comparée à Audrey Hepburn. Au début de la décennie 80, alors qu’elle vient de tourner avec Ingmar Bergman (dans Fanny et Alexandre), des problèmes de santé vont l’éloigner des plateaux. Elle n’y retournera pas, préférant se consacrer à l’écriture et la peinture. Elle a laissé son empreinte dans quelques films dont La Mandarine (1972) ou L’Ironie du sort (1974), signés par son époux de l’époque, Édouard Molinaro. Mais Marie-Hélène Breillat est surtout indissociable des Claudine, adaptation de Colette pour la télévision, quatre épisodes de quatre-vingt-dix minutes écrits par Danièle Thompson et réalisés par le même Molinaro. Diffusés en 1978 sur TF1, Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine se marie, Claudine s’en va ont remporté un gigantesque succès, notamment auprès des adolescentes. Plus de quatre décennies après, on peut s’étonner (et s’en réjouir…) qu’un programme avec une telle liberté de ton (l’aspect sulfureux n’a pas été édulcoré par Danièle Thompson), ait pu être diffusé à une heure de grande écoute. La série, certes, accuse son âge, mais Marie-Hélène Breillat est pétillante à souhait et la distribution est de haute volée : l’épatant Patrice Alexsandre, Catherine Samie, Georges Marchal, Dani, Jean-Claude Dauphin, Muriel Catala, Béatrice Agenin, Évelyne Dress, Jean Desailly… Un bonheur ! On regrette juste l’absence de bonus.

« Je déteste l’arithmétique ! Je hais les ouvriers qui plantent des piquets à trois francs, les couturières qui usent plus d’aiguilles à zéro franc cinquante en vingt-cinq ans que d’aiguilles à un franc vingt-cinq en trente-six ans ! J’exècre les locomotives, qui compliquent diaboliquement leur vitesse, leurs horaires et l’état de santé du chef de gare ! »

 

10 – Le cauchemardesque

LA NUIT DU CHASSEUR Édition Collector 70e Anniversaire
Steelbook 4K UHD/BLU-ray
14 novembre 2025
Wild Side Video (29,99 €)

Le chef-d’œuvre de Charles Laughton réalisé en 1955, avec un Robert Mitchum particulièrement terrifiant, est de retour. Force est de constater que la restauration en collaboration avec la Film Fondation de Martin Scorsese a fait des merveilles. L’image est précise, les noirs et blancs sidérants de contraste. Le boitier métal aux visuels magnifiques propose le film sur deux formats, assorti de cinq heures de suppléments, dont des inédits (documentaire sur le travail de Laughton, entretien avec le comédien et auteur Simon Callow, spécialiste du cinéaste, analyse du film etc.). En un mot : indispensable.

 

Et en plus…

 

CAPPRICI STORIES
Lee Marvin/Joaquin Phoenix/ Patrick Dewaere/Nathalie Wood/ Gary Cooper/John Wayne… (11,50 €)

À petit prix, les livres de la collection Capprici Stories, des Éditions Capprici, constituent un cadeau de choix pour les cinéphiles. Ces essais sont signés par des journalistes passionnés de cinéma. Ils abordent les figures marquantes du 7e art avec un ton très personnel et selon un angle souvent très intéressant.

 

SCHNOCK N° 56 : LA BOUM
10 septembre 2025
Éditions La Tengo (17,50 €)

Le magazine dirigé par le bouillonnant Alister a consacré un numéro à La Boum de Claude Pinoteau. L’exquise comédie générationnelle parue en 1980, coécrite par Danièle Thompson, a révélé Sophie Marceau. Via des points de vue d’auteurs choisis, cette immersion dans la période est plus que réjouissante. On apprécie grandement cette exploration amusante de l’univers du film qui, nostalgie aidant, enchante toujours un peu plus à chaque visionnage.

 

SI VERSAILLES M’ÉTAIT CONTÉ
Sacha Guitry
Édition Collector Limitée Blu-Ray 4K Ultra HD
5 décembre 2025
Rimini éditions (34,99)

La fresque signée Sacha Guitry en 1954 vient d’arriver dans les bacs en 4K Ultra HD/Blu-ray, avec bonus à la clé. Retraçant trois siècles d’histoire par le prisme du château de Versailles, de sa construction jusqu’à la chute de la monarchie, ce film sans pareil de près de trois heures reflète l’esprit français dans toute sa splendeur. Il réunit en outre le fleuron des comédiens de l’époque (de Brigitte Bardot à Jean Marais, en passant par Micheline Presle et Gérard Philippe, Tino Rossi et Édith Piaf), chacun dans la peau d’une figure plus ou moins célèbre : Molière, d’Artagnan, Madame de Pompadour… Certes, un peu surannée comparée au Marie-Antoinette de Sofia Coppola, cette superproduction en hommage à l’un des emblèmes de la France, est, à sa façon (celle de Guitry), très raffinée.

 

ET JOYEUX NOËL À MES LECTEURS ! 

BEST OF 2024 (CINÉMA/SÉRIES)

Michelle Randolph et Ali Larter dans la série Landman

En attendant de découvrir les merveilles de 2025, voici ce que j’ai particulièrement aimé en 2024, au cinéma et sur le petit écran.

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TOP 10 FILMS

 

1 – EMILIA PÉREZ de Jacques Audiard (21 août 2024)

La comédie musicale du réalisateur français en a mis plein la vue. Après les quatre Golden Globes remportés le 5 janvier dernier, il pourrait bien rafler un ou deux Oscars en mars. Ma critique ici.

 

2 – ANORA de Sean Baker (30 octobre 2024)

La Palme d’or de Cannes 2024. Un conte de fées qui part en vrille. Tout ce qu’on aime ! Ma critique ici.

  

3 – LA ZONE D’INTÉRÊT de Jonathan Glazer (31 janvier 2024)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’autre côté du mur d’Auschwitz, vit la famille du commandant du camp Rudolf Höss. Sa parfaite épouse, campée par l’impériale Sandra Hüller, met tout en œuvre pour bâtir une jolie vie à leurs enfants. Elle entretient le jardin et la maison comme elle dirige les domestiques, dont certains sont des prisonniers, d’une main de fer. Cette adaptation du roman de Martin Amis, illustration puissante de la banalité du mal, fait froid dans le dos.

 

4 – CIVIL WAR de Alex Garland (17 avril 2024)

Un aperçu pas si fantaisiste de ce qui pend au nez des Américains dans un futur très proche. Puissant ! Ma critique ici.

 

5 – LE MAL N’EXISTE PAS de Ryûsuke Hamaguchi (10 avril 2024)

 Un conte écologique aussi fascinant qu’intrigant, à l’issue radicale. Ma critique ici.

 

6 – LE COMTE DE MONTE-CRISTO de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (28 juin 2024)

 Une adaptation flamboyante et pleine de panache avec un Pierre Niney impeccable. Un film à grand spectacle qui n’a rien à envier aux productions anglo-saxonnes. Ma critique ici.

  

7 – FURIOSA, UNE SAGA MAD MAX de George Miller (22 mai 2024)

Le cinéaste australien remet le couvert pour un épisode certes un peu moins emballant que le précédent, mais très jouissif tout de même, ne serait-ce que pour la présence d’Ana Taylor-Joy, valeur décidément sûre. Ma critique ici.

 

8 – THE APPRENTICE de Ali Abbasi (9 octobre 2024)

À la fin des années soixante-dix, l’ascension du jeune Donald Trump, et sa relation avec son mentor, l’avocat Roy Cohn. Édifiant. Ma critique ici.

 

9 – APOLONIA APOLONIA de Lea Glob (27 mars 2024)

Le documentaire de la Danoise Lea Glob qui a filmé durant treize ans la peintre française Apolonia Sokol est bouleversant. Une réflexion sur la vie d’artiste et une plongée dans l’intimité d’une jeune femme hors-norme où on croise la touchante Femen Oksana Shashko, qu’Apolonia avait recueillie à son arrivée en France, et qui s’est donné la mort en 2018.

 

10 – LA SALLE DES PROFS de Ilker Çatak (6 mars 2024)

La professeure principale d’une classe de 5e tente d’élucider une affaire de vols au sein de l’école, mais sa découverte va se retourner contre elle. Gros carton en Allemagne, ce thriller scolaire véritablement tendu et porté par l’excellente Leonie Benesch brosse un portrait inquiétant, mais réaliste, des relations profs élèves aujourd’hui. Un monde où les adultes ont peur des enfants est décidément un monde qui va mal.

 

Mentions spéciales pour :

LaROY de Shane Atkinson (17 avril 2024) Ma critique ici.

THE SWEET EAST de Sean Price Williams (13 mars 2024) Ma critique ici.

 

Déjà évoqués dans mes articles, ces deux films découverts et primés lors du festival de Deauville 2023 valent toujours le détour. Si vous les avez ratés, ils sont tous les deux disponibles sur Canal+.

 

 

TOP 12 SÉRIES

 

1 – RIPLEY Mini-série (Netflix)

L’adaptation du roman de Patricia Highsmith mise en scène par Steven Zaillian est d’une noirceur magnifique. Un noir et blanc digne de Citizen Kane et un Andrew Scott inquiétant à souhait dans le rôle-titre. Le show a raflé l’Emmy Award de la Meilleure réalisation en 2024.
8 épisodes. Et avec Dakota Fanning, Johnny Flynn, Eliot Paulina Sumner, Louis Hofmann, Fisher Stevens…

 

2 – SLOW HORSES Saison 4 (Apple TV)

Cette quatrième cuvée est peut-être la meilleure jusqu’ici. Chaque réplique de Gary Oldman est un bonheur, et quand l’humour (british) flirte avec l’émotion, c’est divin. Ma critique ici.

6 épisodes. Saison 5 attendue. Et avec Jack Lowden, Saskia Reeves, Kristin Scott Thomas, Hugo Weaving, Jonathan Pryce… 

 

3 – ERIC Mini-série (Netflix)

L’Anglaise Abi Morgan signe le show le plus original de l’année, avec un Benedict Cumberbatch fabuleux. Ma critique ici.

6 épisodes. Et avec Gaby Hoffmann, Dan Fogler, McKinley Belcher III, Jeff Hephner…

 

4 – TRUE DETECTIVE : NIGHT COUNTRY (Max)

Nic Pizzolatto, le créateur de la franchise, a laissé les rênes à l’auteur mexicaine Issa López, qui a écrit et réalisé intégralement cette quatrième saison de haut vol. Au fin fond de l’Alaska, en pleine nuit polaire, une flic courageuse et retorse et son adjointe (Jodie Foster et Kali Reis) découvrent des scientifiques congelés et affrontent des fantômes malintentionnés. Il est déconseillé de la visionner avant de dormir !
6 épisodes. Et avec Fiona Shaw, John Hawkes, Christopher Eccleston, Finn Bennett…

  

5 – SILO Saison 2 (Apple TV)

Adaptée de la trilogie dystopique d’Hugh Howey, cette série qui se déroule dans un futur postapocalyptique est une réussite. Les derniers survivants d’une Terre dévastée où l’air est devenu toxique sont répartis depuis des décennies dans un immense silo souterrain. Maintenus dans l’ignorance de l’histoire et du monde extérieur, ils doivent se plier à des règles très strictes s’ils ne veulent pas être éjectés. Dans ce contexte anxiogène, des dissidents, dont Juliette Nichols (épatante Rebecca Ferguson), mettent leur vie en péril pour comprendre ce que les dirigeants tentent de cacher à la population.
10 épisodes. Saison 3 attendue. Et avec Common, Harriet Walter, Tim Robbins, Iain Glen, Steve Zahn…

 

6 – LA FIÈVRE (Canal+)

Un footballeur qui dérape lors d’une cérémonie de remise de trophée, et voilà les esprits qui s’échauffent sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte hautement inflammable, une conseillère en communication et une influenceuse populiste, autrefois amies, s’affrontent pour orienter l’opinion. Créée par Éric Benzekri, ex-conseiller politique déjà à l’œuvre sur Baron Noir, cette série française impressionne par sa justesse et sa radicalité. Alimentée par les réseaux sociaux qui propagent la haine à la vitesse d’un clic, la guerre civile n’est pas loin. Benjamin Biolay n’a jamais été aussi bon à l’écran que dans ce rôle de patron de club de foot.
6 épisodes. Saison 2 attendue. Et avec Ana Girardot, Nina Meurisse, Lou Adriana Bouziouane, Xavier Robic, Alassane Diong…

  

7 – UNE AMIE DÉVOUÉE Mini-série (Max)

Portée par une Laure Calamy sidérante (et flippante) cette mini-série adaptée du livre-enquête La Mythomane du Bataclan, d’Alexandre Kauffmann (inspiré d’une histoire vraie) laisse sans voix.
4 épisodes. Et avec Arieh Worthalter, Ava Baya, Annabelle Lengronne…

  

8 – DARK MATTER (Apple TV)

Amateurs de physique quantique, cette série est pour vous ! Un professeur de physique frustré (Joel Edgerton) d’avoir dû abandonner la recherche, est enlevé une nuit et se retrouve plongé dans une version alternative de sa vie. Il va se battre pour revenir et empêcher la version alternative de lui-même de prendre sa place auprès de son épouse bien-aimée. Comme ça, ça a l’air compliqué, mais à l’écran, c’est limpide. Elle est signée Blake Crouch (et adaptée de son propre roman), également auteur et créateur de la série Wayward Pines. Et Jennifer Connelly est bien jolie. Suspense garanti et séquences visuelles époustouflantes.
9 épisodes. Saison 2 attendue. Et avec Alice Braga, Jimmi Simpson…

 

9 – BECOMING KARL LAGERFELD (Canal+)

En 1972, Yves Saint-Laurent est la figure de proue de la mode, et Karl Lagerfeld, trente-huit ans, ambitionne de se hisser à sa hauteur. Les deux rivaux ont en outre un penchant pour le même homme : Jacques de Bascher, le dandy le plus en vogue de Paris. Isaure Pisani-Ferry et Jennifer Have sont les créatrices de cette série passionnante, portée par un Daniel Brühl habité (et touchant), dans le rôle-titre. La reconstitution du Paris des années 70 est magnifique.
6 épisodes. Saison 2 attendue. Et avec Théodore Pellerin, Alex Lutz, Arnaud Valois, Agnès Jaoui…

 

10 – IRIS (Canal+)

 Iris (Doria Tillier) a la fâcheuse habitude de dire ce qu’elle pense, ce qui agace son entourage et l’isole. Difficile de ne pas succomber au charme de cette miss catastrophe plus touchante que désagréable, qui a le chic de se mettre dans des situations insensées. Créée par Doria Tillier et sa copine Constance Verluca, cette série en six épisodes courts (20 minutes) est un régal. On y croise François Morel, Jeanne Balibar, Denis Podalydès et l’hilarante Pascale Arbillot. On espère qu’elle reviendra pour une saison 2, pas encore confirmée.

 

11 – LANDMAN (Paramount+)

La nouvelle série de Taylor Sheridan (Yellowstone, Tulsa King, Lioness…) se penche sur l’univers des compagnies pétrolières au Texas et ne fait pas dans la dentelle côté misogynie et testostérone. Landman est une sorte de Dallas revisité, avec des personnages et acteurs hauts en couleur dont Billy Bob Thornton, qui la joue façon Bogart, John Hamm, Demi Moore et Ali Larter (qui déménage). Une récréation.
10 épisodes. Saison 2 attendue.

 

12 – DISCLAIMER Mini-série (Apple TV)

Dans le genre glauque, sulfureux et malaisant, on peut citer la mini-série Mon petit renne, qui a pourtant fait l’unanimité en 2024, mais Disclaimer n’est pas non plus une expérience feelgood. Si elle figure dans ce top, c’est pour la performance de Cate Blanchett, véritablement époustouflante dans la peau d’une journaliste en vue mise à l’épreuve lorsque son passé lui revient en pleine figure. Et comme c’est Alfonso Cuarón qui est à la barre, les images et la réalisation sont à tomber.
7 épisodes Et avec Leila George D’Onofrio, Louis Partridge, Kevin Kline, Sacha Baron Cohen, Lesley Manville…

 

Bravo également à Sugar, avec un Colin Farrell épatant en détective privé cinéphile un tantinet étrange (l’acteur irlandais remporte parallèlement un beau succès avec The Penguin),

à la deuxième saison de The Responder, série policière anglaise grise comme un jour de pluie, mais excellente à tous points de vue, emmenée par Martin Freeman,

 

à The Bear dont je sais de source sûre que la troisième saison n’a pas démérité, grâce, notamment, à l’épatant Jeremy Allen White.

et enfin à la géniale Yellowstone (Paramount+), de Taylor Sheridan, dont la saison 5, l’ultime, s’est achevée le 15 décembre 2024 sur un épisode à la hauteur des attentes et en dépit des aléas de la production. Que les fans se rassurent, les nouveaux spin-off arrivent bientôt… 

 

UNE BONNE ANNÉE 2025 À TOUS MES LECTEURS ! ♥