QUAND J’ÉTAIS CHANTEUR

Neuf ans avant Marguerite, Xavier Giannoli mettait en scène l’histoire d’un chanteur de bal, un autre de ces personnages « en décalage » qu’il affectionne particulièrement. Inspiré par la chanson homonyme de Michel Delpech, ce film terriblement attachant était porté par deux acteurs sensationnels : Gérard Depardieu et Cécile de France. Magique !

Chanteur

« Les mecs qui deviennent ringards, c’est parce qu’ils durent. » 

 

Quand j’étais chanteur

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Xavier Giannoli
2006 (DVD EuropaCorp/FPE)

Dans la région de Clermont-Ferrand, Alain Moreau (Gérard Depardieu), chanteur de bal quinquagénaire un peu fatigué, tombe amoureux de Marion (Cécile De France), jeune agent immobilier fragile et séduisante. Cette rencontre va remettre sa vie en perspective…

Michel Delpech n’aura laissé que deux empreintes sur le grand écran au cours de sa carrière — dans Les bien-aimés de Christophe Honoré en 2011 (une jolie prestation) et L’air de rien de Gregory Magne et Stéphane Viard en 2012. Mais « Quand j’étais chanteur », le plus emblématique de ses tubes, n’aurait pu rêver plus bel hommage que celui que lui a rendu Xavier Giannoli dans son troisième long-métrage (après Les corps impatients et Une aventure). Le jeune cinéaste y dresse un portrait humaniste et poétique du chanteur de bal, souvent considéré comme l’archétype de la ringardise, et porte un regard tendre et sans dérision sur ce personnage décalé, qui refuse de se plier aux diktats d’une société devenue cynique. Alain Moreau, tout en gentillesse, pudeur et sobriété, contraste avec la jeune Marion, à la fois dure et vulnérable. Ces deux êtres que tout oppose et n’ont en commun que les fêlures et la même solitude, forment un couple dont l’osmose ne tient qu’à un fil. Impossible de ne pas tomber amoureux de Cécile De France, impressionnante et d’une justesse inouïe (à l’instar de Mathieu Amalric, qui n’a jamais été aussi séduisant). Les chansons populaires (Quand j’étais chanteur, L’Anamour, Comme un garçon, Vous les femmes, Pour un flirt… ), interprétées tout au long du film par Gérard Depardieu (qui s’est inspiré du vrai chanteur de bal Alain Chanone) ajoutent à la mélancolie de cette histoire d’amour atypique, hantée par Les paradis perdus de Christophe. En 2007, ce film merveilleux n’a reçu, sur sept nominations aux César, que celui du meilleur son. Un peu honteux tout de même.
(1 h 52) Et avec Christine Citti, Patrick Pineau, Catherine Salviat, Marie Kremer…

BANDE-ANNONCE

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SÉLECTION DVD/BLU-RAY NOËL 2015

Noël étant la période idéale pour offrir ou se faire offrir un coffret Blu-ray/DVD, voici une sélection des trésors pour cinéphiles qui peuvent prétendre à une place au pied du sapin, à commencer par ce monument venu tout droit des eighties, et qui s’est refait une beauté pour l’occasion.

 

Le plus kitsch
Body Double

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Brian De Palma
1984 En Coffret Ultra Collector (Blu-ray + Double-DVD + Livre de 200 pages, 50,80 €) et Editions singles Blu-ray et DVD depuis le 2 décembre chez Carlotta

A Los Angeles, Jake (Craig Wasson), jeune acteur de série B renvoyé d’un tournage pour cause de claustrophobie, surprend sa fiancée au lit avec un autre homme. Sans domicile, il accepte la proposition d’un confrère comédien (Gregg Henry) de garder en son absence une superbe maison sur les hauteurs de Mulholland Drive. Avant de partir, son ami lui a montré que grâce au télescope du salon, il peut assister tous les soirs au numéro de strip-tease d’une superbe voisine. Un soir durant sa séance de voyeurisme, Jake remarque qu’un homme inquiétant surveille la jeune femme…

Devenu culte avec le temps, et pas uniquement pour sa séquence d’anthologie dans laquelle Frankie Goes To Hollywood interprète son fameux « Relax », Body Double a fait scandale à sa sortie en 1985, et valu à Brian De Palma, accusé de misogynie et de pornographie, une volée de bois vert de la part des critiques. Croisement de deux chefs-d’œuvre d’Hitchcock, Fenêtre sur cour et Sueurs froides (Vertigo), cette mise en abîme, pétrie des fantasmes du réalisateur, est pourtant une ode au cinéma — l’art de la suggestion par excellence – à la beauté des femmes, ainsi qu’au Los Angeles des eighties La nouvelle restauration 4K, de toute beauté, met en valeur la photo de Stephen Burum, la multitude de plans sensationnels (marque de fabrique de Brian De Palma) et les lieux emblématiques tels que la futuriste Chemosphere House conçue par John Lautner, le Beach Terrace Motel de Long Beach, le Farmer’s Market ou Le Rodeo Collection. Dans le Coffret Ultra Collector, une tonne d’interviews, de documents d’archives et un livre monumental accompagnent ce joyau kitsch, à redécouvrir absolument.
(1 h 54) Et avec Melanie Griffith, Deborah Shelton, Dennis Franz…

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Le plus cool
Au service de la France Saison 1

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Série créée par Jean-François Halin
Diffusée pour la première fois sur Arte en octobre 2015, parue en Blu-ray et DVD chez Arte Editions le 4 novembre (30 €)

A Paris en 1960, le jeune André Merlaux (Hugo Becker) est recruté par les services secrets français, qui se considèrent comme les meilleurs du monde. Il va être formé par trois fonctionnaires d’élite (comprendre racistes, misogynes, dont l’arrogance n’a d’égale que l’incompétence). Tandis qu’André s’emploie consciencieusement à trouver sa place dans cet univers pétri d’absurdités, il tombe amoureux de la mauvaise personne

Le style visuel, très chic, rappelle la série américaine Mad Men, mais cette peinture du début des années 60 est typiquement française. Jean-François Halin, scénariste des OSS 117, dynamite de manière hilarante la France gaullienne convaincue de sa suprématie et totalement à côté de la plaque. Ces fonctionnaires qui chérissent la routine, l’administration ronflante jusqu’à l’absurde et le vieil empire colonial ne sont pas prêts à s’adapter aux changements qui s’annoncent. Tous truculents de crétinerie, ces agents très spéciaux enchantent, tandis que la charmante romance entre le jeune Merlaux et sa petite amie Sophie (figure de la raison et de la modernité à elle seule) fait souffler un vent de poésie sur ce petit monde en déliquescence. La distribution est un régal, à l’instar de la mise en scène stylisée et inventive d’Alexandre Courtès et de la musique originale de Nicolas Godin, « à la manière de » et ultra-cool. Encore plus beau en Blu-ray, avec interviews des créateurs à l’appui !
12 épisodes de 26 minutes. Et avec Christophe Kourotchkine, Karim Barras, Wilfred Benaïche, Bruno Paviot, Joséphine de la Baume, Jean-Edouard Bodziak, Mathilde Warnier, Marie-Julie Baup…

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ET AUSSI…

 

Le plus fastueux
Versailles saison 1

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Paru en DVD et Blu-ray le 15 décembre 2015 chez StudioCanal (39,99 € le Blu-ray)
Une pure merveille, on y reviendra…

 

 

 

Le plus rock’n’roll
Coffret Voiture Mad Max Fury Road

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Paru chez Warner le 14 octobre 2015 (autour de 120 €)
Bon disons le tout net, si cette édition limitée 3D (Blu-ray 3D+ Blu-ray 2D+ DVD+ Copie digitale+ Voiture Collector) vous paraît un peu too much, il reste moult éditions simples Blu-ray 3D, Blu-ray 2D et DVD, beaucoup plus abordables.

 

Pour les cinéphiles
Le solitaire
(Edition Collector Blu-ray+DVD+Livre)

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De toute beauté, il est paru en mars 2015 chez Wild Side Video (27,99 €)
L’excellent film de Michael Mann est proposé en version Director’s Cut restaurée en 4K et supervisée par le réalisateur. En bonus, un entretien avec James Caan et un livre de 156 pages (entretiens avec Michael Mann réalisés par Michael Henry Wilson)

 

Les plus classiques
Double Séance Les films de jeunesse d’Akira Kurosawa, les années Toho
2 coffrets Combo Blu-ray +DVD+ livret de 34 pages (29,99 € chacun)
Ces quatre films inédits en DVD des débuts du maître du cinéma japonais sont parus le 28 octobre chez Wild Side Video, en version restaurée et enrichis d’un superbe livret.  

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Je ne regrette rien de ma jeunesse + Qui marche sur la queue du tigre… (plus connu sous le titre Les hommes qui marchèrent sur la queue du tigre)

 

Un merveilleux dimanche + Le plus dignement (Le plus beau)

 

 

Le plus malin
Coffret Blu-ray Mission Impossible 5 films
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Paru le 12 décembre chez Paramount Pictures (44,99 €).
Que du bon ! Les éditions sont simples, mais le prix est plutôt sympa.

 

La bible
Coffret Blu-ray Star Wars la saga

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Après avoir vu Le Réveil de la Force, on a qu’une envie, se replonger dans la saga. Ce coffret, paru le 14 octobre 2015 chez 20th Century Fox (autour de 103 €), propose un packaging différent, mais le même contenu que le coffret de 2011 (toujours trouvable et bien moins onéreux), soit neuf Blu-ray consacrés aux six films et leurs bonus. Incontournable !

 

Le plus glamour
Coffret Blu-ray Intégrale James Bond (23 films + Bonus inédits)

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Paru le 30 septembre chez MGM/United Artists (autour de 110 €). Une réédition, plus sobre, du précédent coffret, qui inclut des bonus inédits. Une véritable encyclopédie ! Il ne restera plus qu’à y glisser la future édition de Spectre, une place lui a été réservée.

 

Le plus chic
Coffret Blu-ray Intégrale Mad Men
Paru le 18 décembre chez Metropolitan (199 €)

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Les sept saisons, des suppléments inédits, un livret avec guide des épisodes, deux verres à whisky et quatre sous-verres (indispensable pour être dans le mood). La classe !

 

 

 

Le plus monumental
Coffret DVD Encyclopédique western – Edition limitée numérotée reliure luxe (certificat d’authenticité numéroté)

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Paru le 27 novembre 2015 chez Sidonis (249 €)
Il regroupe trente DVD sélectionnés parmi la collection Westerns de Légende (La flèche brisée, La lance brisée, Le jardin du diable, L’homme aux colts d’or…), L’Encyclopédie du western (836 pages) en deux volumes de Patrick Brion, l’affiche de La conquête de l’Ouest, des photos d’exploitation et lobby cards…

Joyeux Noël  !

STAR WARS : LE RÉVEIL DE LA FORCE (sans spoilers)

Mission accomplie pour J. J. Abrams, qui, dix ans après la parution de La Revanche des Sith de George Lucas, relance la franchise de manière sensationnelle voire inespérée. Très justement nommé, Le réveil de la Force est un retour aux sources, et une formidable passerelle entre les générations. On y retrouve tout ce qui faisait l’essence du premier épisode de 1977, et qui a tant manqué à la « prélogie » des années 2000. L’humour bon enfant, la poésie et les batailles échevelées l’emportent sur les effets créés par ordinateur et les grands questionnements philosophiques (réduits ici à l’éternel combat entre le bien et le mal). Grâce à J. J. Abrams, Star Wars regagne enfin son label de « western galactique » populaire. Et comme tout y est histoire de famille, la trame narrative de cet épisode est quasiment jumelle du premier. Un phénomène de répétition qui donne l’impression que tout ça pourrait se recycler à l’infini. Car qu’on se le dise, Star Wars, c’est bien plus que du cinéma.

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« There are stories about what happened.
– It’s true. All Of It. The Dark Side, The Jedi. They’re real. »

 

Star Wars : Le réveil de la Force (Star Wars : The Force Awakens)

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J. J. Abrams
2015 (sur les écrans français depuis le 16 décembre)

Star Wars, ce n’est pas du cinéma. Partant de là, les critiques peuvent bien s’évertuer à en dénoncer les faiblesses et trouver à redire. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Et, s’agissant de Star Wars, l’affect est une constante primordiale. Il y a quelque chose d’irrationnel dans l’amour qu’on porte à la saga. OUI, il y a du niaiseux, voire du ridicule dans Le réveil de la Force : le comique, partis pris de George Lucas dès 1977, a toujours été de la partie. Et côté humour décomplexé, J. J. Abrams n’y est pas allé de main morte. OUI, le scénario, qui reprend peu ou prou celui de La guerre des étoiles, manque singulièrement d’originalité. Mais certaines idées sont judicieuses, et l’intrigue tient la route. Elle a été concoctée par Michael Arndt (Little Miss Sunshine, Oblivion…), J. J. Abrams et Lawrence Kasdan (ce dernier était déjà aux commandes du scénario de L’Empire contre-attaque, considéré comme le meilleur épisode à ce jour). Les personnages s’emboîtent comme par magie et le choix des nouveaux acteurs est un sans-faute (on se félicite de la présence d’Oscar Isaac, qui, décidément, sait tout faire). Soutenue par la musique du fidèle John Williams, la mise en scène de J. J. Abrams, fluide et enlevée, fait merveille, et le rouleau compresseur annoncé est beaucoup plus gracieux que prévu. Fan de la saga devant l’Eternel, le créateur de la révolutionnaire série Lost s’est amusé, comme un gosse, à réveiller le mythe. Ça se sent, ça se voit. Et comme au premier jour, on se laisse happer, durant deux heures quinze, dans cette course-poursuite palpitante, en espérant qu’elle ne s’arrête jamais.

BANDE-ANNONCE

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