MANHATTAN

Chef d’œuvre

Manhattan

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Woody Allen
1979 (Blu-ray Fox Pathé Europa)

Isaac Davis (Woody Allen) est scénariste d’émissions télé peu reluisantes qu’il rêve d’abandonner pour écrire un roman. Il a pour maîtresse une lycéenne mineure adorable et très éprise de lui (Mariel Hemingway) qu’il s’apprête à quitter pour une journaliste snob et insupportable (Diane Keaton) dont il est malgré tout tombé amoureux…

Tourné en noir et blanc au gré de la partition de George Gershwin, Manhattan, véritable ode à New York, allait révolutionner le cinéma de la fin des années 70 et confirmer le tournant de la carrière de Woody Allen, amorcé avec les précédents Annie Hall et Intérieurs. Un auteur était né, intellectuel en diable, qui ne cessera jamais de se remettre en question et avec lui, l’art, Dieu, la mort, les femmes. Dans ce bric-à-brac de relations humaines chaotiques, il y a tout ce qui fait le charme de son univers. A son meilleur ami, qui lui demande avec agacement : « Tu te prends pour Dieu ou quoi ? » Il répond du tac au tac : « Il faut bien que je prenne quelqu’un pour modèle ! ». Unique en son genre, ce petit bonhomme agité et curieux, éternel insatisfait, a su séduire le monde avec ses incohérences et ses imperfections, grâce à un humour phénoménal et une intelligence à toute épreuve. D’une beauté sidérante, Manhattan, nominé aux Oscars 1980 pour le Meilleur scénario et le Meilleur second rôle féminin (Mariel Hemingway), reste le chef-d’œuvre absolu du cinéaste.

A noter que le Blu-ray, disponible depuis 2012 en zone 2 chez Fox Pathé Europa, propose une image sensationnelle.

Manhattan

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Chronique rédigée pour Fnac.com en 2012

WHATEVER WORKS

Jubilatoire

Whatever Works

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Woody Allen
2009 (DVD/Blu-ray Warner Home Video)

Après un mariage et un suicide ratés, le New-yorkais Boris Yellnikoff (Larry David), ex-génie de mécanique quantique passé à deux doigts du Prix Nobel, est devenu misanthrope et hypocondriaque. Il accepte pourtant d’héberger une jeune et jolie fugueuse en détresse (Evan Rachel Wood) trouvée sur le pas de sa porte. D’abord agacé par l’ignorance de la demoiselle, il s’habitue à sa compagnie et devient peu à peu son mentor, à la manière du professeur Higgins dans My Fair Lady

En salles en 2009, Whatever Works est indiscutablement le meilleur Woody Allen depuis Match Point, et sa meilleure comédie depuis des lustres. Après le balourd Vicky Christina Barcelona, cette exquise comédie existentielle pleine de fantaisie et de charme permet de retrouver le cinéaste en grande forme, plus spirituel, léger et grave que jamais, dans sa ville de prédilection. Woody Allen a indéniablement trouvé en Larry David (co-créateur de la série Seinfeld et auteur au Saturday Night Live) un alter ego troublant de ressemblance, et a tout aussi judicieusement misé sur Patricia Clarkson et les jeunes et séduisants Evan Rachel Wood et Henry Cavill (repéré dans Les Tudors). On s’amuse, on jubile et on en revient convaincu que le monde est totalement et follement absurde, mais que rien n’empêche d’y être heureux.

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IMAGES DU FILM "WHATEVER WORKS" DE WOODY ALLEN

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2009

MATCH POINT

Jeu, set et match pour Woody Allen, qui signait en 2005 son meilleur film depuis des lustres. Ce film noir délicieusement pervers et cynique profite de la présence des jeunes et talentueux Jonathan Rhys Meyers, Scarlett Johansson et Emily Mortimer.

 

 Match Point

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Woody Allen
2005 (DVD TF1 Vidéo) 

Irlandais d’origine modeste et excellent joueur de tennis, le jeune Chris Wilton (Jonathan Rhys Meyers) a mis un terme à sa carrière professionnelle et s’est reconverti professeur dans un club huppé de Londres. Là, il se lie avec Tom (Matthew Goode), l’un de ses fortunés élèves, qui ne tarde pas à l’introduire dans la haute société. Alors qu’il est sur le point d’épouser la sœur de Tom (Emily Mortimer) et de s’assurer ainsi un avenir confortable, Chris s’éprend de la maîtresse de celui-ci, une jeune actrice américaine débutante…

Woody Allen a créé la surprise en 2005 avec ce film noir élégant et cynique, qui se démarque de son univers habituel, d’autant que le cinéaste a délaissé le décor de Manhattan pour celui de Londres. Fable sur l’arrivisme et l’ironie du hasard, l’intrigue de Match Point n’a certes rien de nouveau et renvoie aux drames de Shakespeare et Dostoïevski. Mais la mise en scène de Woody Allen, d’une précision diabolique, et le choix très judicieux des acteurs, la rendent incroyablement moderne. Chaque spectateur pourra mesurer son degré de moralité en fonction de son capital de sympathie envers le personnage tragique de Chris Wilton, aussi torturé et solitaire que celui qu’incarnait Montgomery Clift dans Une place au soleil.

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Chronique rédigée pour Fnac.com en 2006