17 FILLES

(Click on the planet above to switch language.) 

17-filles-17-girls-14-12-2011-1-g

Delphine et Muriel Coulin
2011

Elève d’un lycée de Lorient, Camille (Louise Grinberg) découvre à dix-sept ans qu’elle est enceinte suite à une aventure d’un soir. Curieusement, l’adolescente en tire une vraie fierté et décide de faire de cette grossesse un acte de rébellion ultime, contre sa mère toujours absente (Florence Thomassin), ses profs insipides, et la société tout entière. Sa détermination inspire ses copines qui se mettent toutes en tête de tomber enceintes à leur tour …

Comme Sofia Coppola en 1999 avec Virgin Suicides, Delphine et Muriel Coulin se sont inspirées d’un fait-divers pour parler de l’adolescence. Elles ont transposé à Lorient, leur ville d’origine, un fait édifiant survenu à Gloucester aux Etats-Unis (Massachusetts) en 2008. Jusqu’ici spécialisées dans le documentaire, les réalisatrices ont utilisé leur connaissance du terrain (chaque parcelle de plage, de rue, a été soigneusement choisie) pour ancrer le récit dans le réel. Qui sait ce qui se passe dans la tête des filles de 17 ans qui occupent le plus clair de leur temps à rêvasser dans leur chambre ? Le film, sensible et poétique, parvient à approcher au plus près ces créatures à la fois fragiles et déterminées, qui passent du rire aux larmes avec une facilité déconcertante et se délectent de serments éternels. Parce qu’elles s’ennuient, ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir, mais aussi parce qu’elles trouvent que « c’est cool », et qu’elles se sentent soudain différentes ou importantes, les filles font ici le pari d’être enceintes en même temps, pour plus tard, élever leur progéniture ensemble. Ce rêve d’utopie exclut totalement les garçons, qui ne sont que les témoins impuissants d’un acte de folie qui les dépasse. Présenté dans la sélection de la Semaine de la critique à Cannes en 2011, le film, très inspiré et d’une justesse sidérante, même dans ses petits flottements, est un coup de maître. Il a remporté le Prix Michel d’Ornano 2011, qui récompense les premiers films français.

Rédigé pour Fnac.com en 2012

BANDE-ANNONCE

17-filles
4e7cec8b6de5679250f97f27836b4e8c_large
17-filles_397698_12388

MANHATTAN

Chef d’œuvre

Manhattan

manhattan

Woody Allen
1979 (Blu-ray Fox Pathé Europa)

Isaac Davis (Woody Allen) est scénariste d’émissions télé peu reluisantes qu’il rêve d’abandonner pour écrire un roman. Il a pour maîtresse une lycéenne mineure adorable et très éprise de lui (Mariel Hemingway) qu’il s’apprête à quitter pour une journaliste snob et insupportable (Diane Keaton) dont il est malgré tout tombé amoureux…

Tourné en noir et blanc au gré de la partition de George Gershwin, Manhattan, véritable ode à New York, allait révolutionner le cinéma de la fin des années 70 et confirmer le tournant de la carrière de Woody Allen, amorcé avec les précédents Annie Hall et Intérieurs. Un auteur était né, intellectuel en diable, qui ne cessera jamais de se remettre en question et avec lui, l’art, Dieu, la mort, les femmes. Dans ce bric-à-brac de relations humaines chaotiques, il y a tout ce qui fait le charme de son univers. A son meilleur ami, qui lui demande avec agacement : « Tu te prends pour Dieu ou quoi ? » Il répond du tac au tac : « Il faut bien que je prenne quelqu’un pour modèle ! ». Unique en son genre, ce petit bonhomme agité et curieux, éternel insatisfait, a su séduire le monde avec ses incohérences et ses imperfections, grâce à un humour phénoménal et une intelligence à toute épreuve. D’une beauté sidérante, Manhattan, nominé aux Oscars 1980 pour le Meilleur scénario et le Meilleur second rôle féminin (Mariel Hemingway), reste le chef-d’œuvre absolu du cinéaste.

A noter que le Blu-ray, disponible depuis 2012 en zone 2 chez Fox Pathé Europa, propose une image sensationnelle.

Manhattan

manhattan-1

1083_MH10.jpg

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2012

HALLOWEEN, LA NUIT DES MASQUES

Quinze ans après avoir massacré sa sœur, Michael Myers s’échappe de l’asile et revient à Haddonfield, où tout le monde se prépare à fêter Halloween… En 1978, John Carpenter donnait vie à l’un des plus célèbres croquemitaines de l’histoire du cinéma…

 

Halloween, la nuit des masques (Halloween)

John Carpenter
1978

Dans la nuit d’Halloween 1963 à Haddonfield, Michael Myers, jeune garçon de six ans, assassine sauvagement sa sœur adolescente de plusieurs coups de couteau, et est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Son médecin, le docteur Loomis (Donald Pleasence), sait que cet enfant mutique est un authentique psychopathe qui n’a aucune notion du bien et du mal. Quinze ans après la tragédie, le jour d’Halloween, Mike Myers s’échappe. Le docteur Loomis est convaincu qu’il est retourné chez lui, à Haddonfield, et qu’un nouveau carnage se prépare…

Avec ce slasher à petit budget qui a fait sensation sur les écrans en 1978, John Carpenter a tout simplement redéfini le film d’horreur, et posé les jalons de toute une série de franchises (de Vendredi 13 à Scream en passant par Freddy). La saga Halloween elle-même, dont le cinéaste se désolidarisera très vite, compte à ce jour huit épisodes (très inégaux) ainsi qu’un remake honorable, réalisé en 2007 par Rob Zombie. Aucun épisode n’arrive à la cheville de l’original, orchestré avec tout le génie de Carpenter, auteur de la musique (il dit lui-même que le film ne fonctionnerait pas sans), et de la mise en scène astucieuse et minimaliste, qui entretient le suspense et procure des sensations de frayeur inouïes. Dénué de gore, sans démonstration horrifique, La nuit des masques reste, quatre décennies après sa sortie, l’un des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma. Il a également permis à la sympathique Jamie Lee Curtis d’entrer dans la cour des grandes héroïnes de l’horreur, dix-huit ans après sa mère, Janet Leigh, tombée dans un bac à douche sous les coups du tueur du mythique Psychose, influence majeure de John Carpenter pour ce film.
1h 31 Et avec Tony Moran, Nancy Kyes, P.J. Soles, Charles Cyphers, Kyle Richards…

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2011