SUCKER PUNCH

« Chacun de nous a un ange. Un gardien, qui veille sur nous. On ne sait pas quelle forme ils vont prendre. Un jour c’est un vieillard, un jour une petite fille…»

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SUCKER PUNCH

Zack Snyder
2011
Au début des années 60. A la mort de sa mère, Baby Doll (Emily Browning) est enfermée par son meurtrier de beau-père dans un asile psychiatrique où elle doit être lobotomisée. Afin de s’échapper de cet enfer, la jeune fille se crée une réalité parallèle aux allures de cabaret et maison close, dirigé par Vera Gorski et Blue Jones (Carla Gugino et Oscar Isaac). Elle convainc ses camarades d’infortune (Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung) de s’enfuir avec elle. Mais pour cela, les demoiselles devront survivre à une série d’épreuves, et affronter des samouraïs, zombies, nazis, orques et autres dragons. La liberté est à ce prix…

Bienvenue dans l’univers imaginaire foisonnant de Zack Snyder, auteur (avec Steve Shibuya) et créateur en 2011 de ce qu’il a nommé un « Alice au pays des merveilles avec des flingues. » Le cinéaste de L’armée des morts, 300 et Watchmen signe ici un conte ultra esthétisant, à la croisée de la comédie musicale, du manga et du jeu vidéo. Les héroïnes se meuvent dans trois univers parallèles : l’hôpital psychiatrique gothique, le cabaret flamboyant façon Moulin Rouge! de Baz Luhrmann, et des paysages dévastés par les guerres passées ou futures. Ces projections du subconscient de Baby Doll sont symbolisées par les chansons, efficaces et glamour, travaillées par Marius De Vries et Tyler Bates, qui ont réarrangé pléthore de tubes « Sweet Dreams » (interprétée par Emily Browning), « Love Is The Drug », « White Rabbit », « We Will Rock You » etc. Illuminé par un bouquet de jeunes actrices sexy en guêpière et porte-jarretelles, armées jusqu’aux dents, Sucker Punch a tout du film fantasme pour geeks. Les détracteurs on reproché les visuels qui jouent constamment la surenchère, l’aspect clippesque et les combats épuisants empruntés aux jeux vidéo qui servent un scénario aux enjeux un peu minces. Mais s’il peu parfois paraître indigeste, Sucker Punch suscite aussi de véritables émotions qui font de lui bien plus qu’une curiosité.
1h 50 Et avec Jon Hamm, Scott Glenn, Richard Cetrone, Ron Selmour…

Rédigé pour fnac.com en 2011

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER

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Bertrand Tavernier
2010

En 1567, dans une France divisée par les conflits entre Catholiques et Protestants, la jeune et fortunée Marie de Mézières (Mélanie Thierry) est contrainte d’épouser le jeune et austère Philippe de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), alors qu’elle aime son cousin, Henri de Guise (Gaspard Ulliel), qui l’aime en retour. La princesse tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de rester vertueuse, mais sa beauté attise les passions. D’Henri de Guise, au puissant Duc D’Anjou (Raphaël Personnaz), en passant par le Comte de Chavannes (Lambert Wilson), son précepteur, tous la tourmentent sans relâche, au grand désespoir de son mari, fou amoureux d’elle, mais incapable d’exprimer ses sentiments…

Séduit par l’adaptation de la nouvelle de Madame de Lafayette (parue en 1662, seize ans avant le fameux roman La Princesse de Clèves) écrite par François-Olivier Rousseau, Bertrand Tavernier s’est attelé avec enthousiasme à la reconstitution de ce XVIe siècle pétri de violence, de préciosité et de passions. Manquant un peu de souffle épique, mais ne versant jamais dans l’académisme, sa Princesse de Montpensier est un bal de destins contrariés. Les jeunes gens bien nés, en proie à des maelströms d’émotions, passent des champs de bataille aux salons avec la même fougue. Interprété par la jeune garde du cinéma français, le film, très documenté, dépeint méticuleusement les mœurs de l’époque, mais reste moderne et lumineux, grâce au jeu enlevé des acteurs. Si Mélanie Thierry, un peu anachronique, n’est pas toujours convaincante, ses partenaires masculins sont épatants, en particulier Raphaël Personnaz, une révélation ! A l’instar de Grégoire Leprince-Ringuet (chargé du rôle le plus ingrat), le jeune comédien a été salué par une nomination au César 2011 du Meilleur espoir masculin pour sa performance (très glam rock). Le film a remporté le César des Meilleurs costumes (signés Caroline de Vivaise).
2h 19 Et avec Michel Vuillermoz, Florence Thomassin, Judith Chemla, Philippe Magnan.

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2011

PONYO SUR LA FALAISE

Film Title: Gake no ue no Ponyo (Ponyo on Cliff by the Sea)

Ponyo sur la falaise (Gake No Ue No Ponyo)

Hayao Miyazaki
2008
DVD/Blu-ray (Buena Vista Home Entertainment)

Dans un village du Japon, Sosuke, cinq ans, habite au sommet d’une falaise qui domine la Mer intérieure. Un matin, sur la plage, le petit garçon sauve un étrange et joli petit poisson au visage humain qu’il nomme Ponyo et jure de protéger. Grâce à l’amour de Sosuke, ce poisson aux pouvoirs extraordinaires va bientôt se transformer en petite fille, et déclencher sans le vouloir une catastrophe naturelle…

Quatre ans après Le château ambulant, le maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki revisite à sa manière La petite Sirène d’Andersen en y mêlant ses thèmes de prédilection : l’enfance et l’écologie. Ponyo sur la falaise rend hommage à la mer, à sa beauté, sa puissance et ses mystères. Dessiné entièrement à la main, au crayon, le film renoue avec le cinéma d’animation traditionnel et les graphismes simples et colorés des livres pour enfants. Comme il est d’usage chez Miyazaki, la magie fait partie du quotidien des personnages et le récit baigne constamment dans une poésie et fantaisie aux accents surréalistes. Et si le réalisateur a confié s’être particulièrement adressé aux jeunes enfants, cette fable charmante, lumineuse et résolument optimiste demeure un enchantement pour toutes les générations. Paru en 2008 au Japon, Ponyo sur la falaise a fait l’unanimité auprès de la critique et reçu de nombreuses récompenses à travers le monde.

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Chronique rédigée pour fnac.com en 2010