DÉMINEURS (The Heart Locker)

C’est avec cette bombe cinématographique que la Californienne Kathryn Bigelow a décroché en 2010 l’Oscar de la mise en scène, devenant ainsi la première réalisatrice primée de l’histoire des Academy Awards. Le thriller avait remporté cinq autres trophées, dont celui du Meilleur film. Sueurs froides garanties !

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« Quel est le meilleur moyen de s’y prendre pour désarmer un de ces engins ?
– C’est de survivre, Monsieur. »

 

Démineurs (The Heart Locker)

Kathryn Bigelow
2008
Dans les salles françaises en septembre 2009

À Bagdad, la brigade américaine anti-bombes vient de perdre son démineur le plus chevronné. Son remplaçant, une tête brûlée accro à l’adrénaline (Jeremy Renner), prend des risques insensés à chaque mission, ce qui n’est pas du goût de ses coéquipiers (Anthony Mackie et Brian Geraghty)…

A l’origine de Démineurs, il y a les observations de Mark Boal, scénariste de Dans la vallée d’Elah, de Paul Haggis, qui a vécu durant un an le quotidien d’une brigade anti-bombes en Irak. Impressionnée par son témoignage, Kathryn Bigelow l’a incité à écrire ce scénario, qu’elle a porté à l’écran en 2008 avec un réalisme saisissant. Cette œuvre viscérale se passe de discours sur la légitimité de la présence américaine en Irak ou sur le bien-fondé de la guerre. Filmé caméra à l’épaule façon documentaire (en HD et Super 16), Démineurs propulse le spectateur au cœur de la poudrière irakienne, dans des ruelles fantômes truffées de pièges (des bombes artisanales), aux côtés de ces soldats qui mettent leur vie en jeu, plus ou moins consciemment, à chaque mission. Kathryn Bigelow, réalisatrice de films musclés (Aux frontières de l’aube, Blue Steel, Point Break, Strange Days, K-19) filme l’action et le suspense en virtuose sans pour autant verser dans le spectaculaire. Via le portrait de ce super soldat intrépide, mais tourmenté, Démineurs pose aussi la question de l’héroïsme et de l’addiction à la guerre. Sa performance impressionnante a valu à Jeremy Renner une nomination à l’Oscar du Meilleur acteur en 2010. Lors de la cérémonie, le thriller rivalisait au nombre de celles-ci avec le très populaire Avatar, de James Cameron, ex-époux de Kathryn Bigelow. Mais le film est également entré dans l’histoire pour être celui qui a permis à une femme de remporter l’Oscar de la mise en scène. Depuis l’invention du cinéma, ça n’était jamais arrivé.
2 h 11 Et avec Guy Pierce, Ralph Fiennes, David Morse, Evangeline Lilly, Christian Camargo, Suhail Dabbach, Justin Campbell…

WHATEVER WORKS

Jubilatoire

Whatever Works

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Woody Allen
2009 (DVD/Blu-ray Warner Home Video)

Après un mariage et un suicide ratés, le New-yorkais Boris Yellnikoff (Larry David), ex-génie de mécanique quantique passé à deux doigts du Prix Nobel, est devenu misanthrope et hypocondriaque. Il accepte pourtant d’héberger une jeune et jolie fugueuse en détresse (Evan Rachel Wood) trouvée sur le pas de sa porte. D’abord agacé par l’ignorance de la demoiselle, il s’habitue à sa compagnie et devient peu à peu son mentor, à la manière du professeur Higgins dans My Fair Lady

En salles en 2009, Whatever Works est indiscutablement le meilleur Woody Allen depuis Match Point, et sa meilleure comédie depuis des lustres. Après le balourd Vicky Christina Barcelona, cette exquise comédie existentielle pleine de fantaisie et de charme permet de retrouver le cinéaste en grande forme, plus spirituel, léger et grave que jamais, dans sa ville de prédilection. Woody Allen a indéniablement trouvé en Larry David (co-créateur de la série Seinfeld et auteur au Saturday Night Live) un alter ego troublant de ressemblance, et a tout aussi judicieusement misé sur Patricia Clarkson et les jeunes et séduisants Evan Rachel Wood et Henry Cavill (repéré dans Les Tudors). On s’amuse, on jubile et on en revient convaincu que le monde est totalement et follement absurde, mais que rien n’empêche d’y être heureux.

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IMAGES DU FILM "WHATEVER WORKS" DE WOODY ALLEN

Chronique rédigée pour Fnac.com en 2009

MOON

Moon 3

« Gerty, we’re not programmed. We’re people, do you understand ? »
 
 
Moon

Moon 1

Duncan Jones
2009

Dans un futur proche, les hommes ont trouvé une solution à leurs besoins énergétiques : une nouvelle source d’énergie propre, l’hélium 3, provenant du soleil, et récoltée par des machines sur la Lune. Sur la base lunaire de Sarang, Sam (Sam Rockwell) est employé par Lunar Industries pour extraire l’hélium 3. Il est le seul être humain de la base, et a pour toute compagnie l’ordinateur de bord, Gerty (voix de Kevin Spacey). Heureusement, sa mission de trois ans touche à son terme et il attend impatiemment de rejoindre sa femme et sa fille. Mais à deux semaines du retour, il commence à avoir des hallucinations, et se demande s’il n’est pas manipulé…

Moon est le premier long-métrage du jeune cinéaste indépendant britannique Duncan Jones, fils du mythique David Bowie. Sous influence 2001 : l’odyssée de l’espace et Solaris, ce film intimiste de science-fiction, intrigant et visuellement magnifique, est une réussite éclatante et révèle un cinéaste prometteur. Sorte de huis clos lunaire, Moon brouille constamment les pistes, bouleverse, et tient en haleine jusqu’à la dernière image. Sam Rockwell (Confessions d’un homme dangereux) effectue une performance troublante, et les effets visuels de ce petit film indépendant audacieux parviennent à damer le pion à tous les récents blockbusters du genre. Couvert de récompenses dans les festivals (Sundance, Tribeca, Dinard, Gérardmer…), Moon a été acclamé par la critique en 2009. Un vrai petit miracle cinématographique !
1h 37 Et avec Dominique McElligott, Kaya Scodelario, Benedict Wong, Adrienne Shaw…

BANDE-ANNONCE

Moon 2
Moon 4
Moon 5

Rédigé pour Fnac.com en 2009