
Douze cadeaux (et plus) à s’offrir entre cinéphiles (l’ordre n’a pas d’importance).
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1 – Le plus attendu

PAUL NEWMAN – LA VIE EXTRAORDINAIRE D’UN HOMME ORDINAIRE
Autobiographie fondée sur des entretiens et témoignages recueillis par Stewart Stern
Traduit par Serge Chauvin
Éditions La Table Ronde (24,50 €)
Novembre 2023
« Il était intègre. Il chérissait obstinément son intimité, et se sentait toujours emprunté quand il donnait une interview. Le simple fait que notre père ait pu envisager d’écrire le livre que vous avez entre les mains nous paraît profondément étrange, et pourtant, il poursuivit ce projet pendant cinq ans. Il l’avait conçu comme une offrande à sa descendance, et peut-être aussi comme un moyen de rétablir publiquement la vérité… »
Ces mots sont ceux de Melissa Newman, la fille cadette de Paul Newman et Joanne Woodward, qui a signé la préface de cette autobiographie passionnante. À partir de 1986, la star des mythiques Butch Cassidy et le Kid, Luke la main froide, La chatte sur un toit brûlant ou de L’Arnaque s’était livré, façon confession intime, à son ami Stewart Stern, fameux scénariste de la Fureur de vivre. Un temps, le projet de ce livre fut abandonné. La mort de l’icône puis celle de Stern auraient pu avoir raison de son existence. Mais la famille, aidée par la productrice et amie Emily Wachtel, a sorti des tiroirs tous ces précieux entretiens, ainsi que témoignages des proches réalisés à l’époque. À la limite de l’autoflagellation, hanté par le syndrome de l’imposteur à cause de sa beauté qui a amplement contribué à sa renommée et qu’il ressentait comme une malédiction, Paul Newman, l’un des acteurs les plus mystérieux au monde, et un peu oublié aussi, se révèle enfin. Un événement.
2 – Le plus aquaboniste

ET MOI, ET MOI, ET MOI
Jacques Dutronc
Éditions le cherche midi (18,90 €)
Novembre 2023
Insubmersible Dutronc, qui planqué sur sa planète corse, se rappelle de temps en temps au bon souvenir du public. Après la tournée avec son fils Thomas, achevée en décembre 2022, voici les mémoires tant attendues du plus désinvolte des chanteurs français, et acteur (plutôt bon) à l’occasion. D’ailleurs ici, les passages concernant le cinéma ne manquent pas de sel :
« Zulawski, il fallait presque se mettre en porte-jarretelles pour le séduire ; Maurice Pialat, pour le séduire, il fallait presque lui casser la gueule. »
Sur Romy Schneider : « Elle ne jouait pas, jamais… Elle avait une telle force qu’il fallait être un colosse pour lui résister. Je me faisais l’effet d’être une Mini Cooper en face d’un 38 tonnes. »
Derrière ces bons mots constants, reflets de l’intelligence et de la lucidité du trublion, pointent souvent de la tendresse, des regrets, et même un brin de nostalgie. Un régal !
3 – Le plus absurde

ZÉRO GRAVITÉ
Woody Allen
Editions Stock (22 €)
Août 2023
Woody Allen n’est plus en odeur de sainteté, mais il a toujours du talent et des bons mots en réserve. Trois ans après sa truculente autobiographie (voir critique) , il est revenu l’été dernier dans le paysage littéraire avec un recueil de nouvelles jubilatoires, dont certaines étaient parues dans le New Yorker entre 2008 et 2013. Un concentré d’absurde et d’humour, qui fera le bonheur de ses fans.
« Faisant montre d’un sang-froid impérial malgré la pression, je me fendis d’un rire décontracté qui ne fut pas sans évoquer le crissement du chat lorsque vous le passez à la déchiqueteuse. »
4 – Le plus engagé

DELPHINE SEYRIG
Coffret Blu-ray 6 films
Arte Éditions (45 € sur la boutique Arte, 59,99 prix Fnac)
Novembre 2023
Non Delphine Seyrig, disparue en 1990, n’a pas été que l’extravagante Fée des Lilas de Peau d’âne, même si ce personnage reste iconique, et pas que pour les cinéphiles (Ah ! sa fameuse façon de chanter « La situation mérite attention » …). Cette engagée dans la lutte féministe s’est souvent attachée, en tant qu’actrice, à camper des femmes peu représentées à l’écran.
2023 a vu la ressortie sur les écrans de ses films majeurs en versions restaurées 4K, aujourd’hui disponibles en Blu-ray. Le coffret rassemble ainsi La Musica (1967) de Marguerite Duras et Paul Seban ; Les lèvres rouges (1971) de Harry Kümel ; Le jardin qui bascule (1975) de Guy Gilles ; Aloïse (1975) de Liliane de Kermadec, Jeanne Dielman 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1976) de Chantal Akerman, ainsi que Sois belle et tais-toi ! suivi du moyen et du court-métrage Maso et Miso vont en bateau, et S.C.U.M. Manifesto, tous trois réalisés par Seyrig et le collectif Les Insoumises en 1976. Cinq heures de suppléments enrichissent cette magistrale édition, élaborée en partenariat avec la Cinémathèque française.

DELPHINE SEYRIG – UNE VIE
Mireille Brangé
Éditions Nouveau Monde (10,90 €)
Octobre 2023 (Première édition 2018)
Pour compléter le coffret, on peut se procurer cette réédition du livre de Mireille Brangé en format poche (on le trouve aussi broché). Professeur de littérature générale et comparée à Paris XIII, l’auteur, spécialiste du rapport entre écrivains et cinéma, brosse un portrait très complet de celle qui fut l’égérie de Resnais, admirée par Truffaut et Duras, et qui a tant cherché à échapper à son image.
« On la croit sophistiquée, et ses goûts élitistes : on découvre en s’approchant qu’elle aime le rock, la musique pop, est intarissable sur les protest-singers et les chansons populaires des années 30 qu’elle connaît par cœur. »
5 – Le plus dévergondé

WHAT’S NEW PUSSYCAT? (Quoi de neuf, Pussycat ?)
Combo Blu-ray + DVD
Rimini Éditions (24,99 €)
Novembre 2023
Si elle tient davantage de la curiosité que du chef-d’œuvre, cette comédie totalement loufoque, foutraque et débridée réalisée en 1965 par Clive Donner se doit être dans toute bonne vidéothèque. Il s’agit en effet du premier film écrit par Woody Allen (et sa première apparition à l’écran) et de la première musique composée en solo pour le cinéma par le génial Burt Bacharach (La chanson-titre, interprétée par Tom Jones, fera un tube). Cette œuvre pop, totalement dans l’air de son temps — en pleine révolution culturelle et sexuelle –, est également entrée dans les annales grâce à sa distribution : Peter O’Toole, Peter Sellers, Romy Schneider, Ursula Andress, Capucine, Paula Prentiss… À l’origine, ce film sur les déboires d’un séducteur était un projet de Warren Beatty, qui devait même incarner le personnage de Peter O’Toole, avant d’être évincé par son partenaire de production ! L’édition est enrichie d’une interview du génial Peter Sellers et d’une présentation pertinente de Philippe Guedj qui parle de What’s New Pussycat? comme d’une « capsule temporelle pleine de joie de vivre, et qui illustre le chaos dans lequel il a été créé. »
6 – Le plus insoumis

BETTE DAVIS : FATIGUÉE D’ÊTRE MOI
Anne-Capucine Blot
Capricci Stories (11,50)
Juin 2023
À cause de ses choix de rôles complexes et souvent ingrats, Bette Davis reste la plus étonnante des icônes américaines. En juillet 2023, le festival de La Rochelle lui a rendu hommage via une rétrospective de ses rôles les plus marquants. Parallèlement, Anne-Capucine Blot, habilleuse de cinéma et collaboratrice de la revue Brefcinéma, a signé ce joli essai, mettant en exergue les épisodes les plus significatifs de sa vie tumultueuse. Forcément, on aime.
7– Le plus culte

AMERICAN GRAFFITI 4K ULTRA HD
Édition limitée Steelbook 50ème anniversaire
Universal Pictures France (24,99 €)
Novembre 2023
On ne se lasse pas de redécouvrir le petit bijou réalisé en 1973 par George Lucas, film emblématique de la jeunesse américaine du début des 60’s, doté d’une bande originale décoiffante. On y trouve un nouvel étalonnage des couleurs (on déplore cependant l’absence du grain d’origine), un DTS-HD Master Audio 5.1 percutant en version originale, et des suppléments pour la plupart déjà au menu des éditions précédentes : commentaire audio du réalisateur, essais des acteurs, making of de Laurent Bouzereau ainsi qu’une featurette inédite.
8 – Le plus girly

GRACE KELLY – L’UNIVERS ILLUSTRÉ D’UNE ICÔNE DE LA MODE
Megan Hess
Editions L’imprévu (22 €)
Octobre 2023
Après Audrey Hepburn et Marilyn Monroe, la célèbre dessinatrice américaine Megan Hess se penche sur l’itinéraire de celle qui fut l’égérie d’Alfred Hitchcock avant de devenir princesse. Comme toujours, c’est glamour, chic et sublime. L’ouvrage existe également dans sa version originale américaine, encore plus raffinée.

9 – Le plus nostalgique

DES MOMENTS DE CINÉMA
François Guérif
Éditions La Grange Batelière (22€)
Avril 2023
Le spécialiste du polar, créateur de la collection Rivages/Noir et cinéphile averti (on lui doit des ouvrages de référence sur Clint Eastwood ou Steve McQueen) a réuni ici des interviews effectuées dans les années 1980 et 1990, à l’âge d’or de la VHS. On peut y savourer cinquante entretiens, de longueur inégale, réalisés à la faveur de sorties cinéma, en salles ou en vidéo. D’Isabelle Adjani à Francis Ford Coppola en passant par François Truffaut, Michel Audiard ou Ennio Morricone, ce sont des témoignages sur le 7ème art pertinents et parfois inattendus.
À Brigitte Lahaie :
« Que pensez-vous de la phrase de Godard : “Avant on avait appris à filmer au-dessus de la ceinture. Nous aurions dû apprendre à filmer au-dessous ?”
– C’est une phrase que je vais apprendre et garder pour mes futures interviews. Je la trouve très juste. »
À Lino Ventura :
« Y a-t-il un film que vous regrettez ne pas avoir tourné ?
– Ça m’est arrivé d’y penser, mais je ne m’en souviens plus. Ah si, le dernier, c’était Les choses de la vie. »
10 – Le plus monumental

LE CINÉMA D’AGNÈS VARDA – Longs et courts
Coffret 14 DVD
Arte Éditions (60 €)
Octobre 2023
2023, c’était l’année Delphine Seyrig, mais aussi Agnès Varda, célébrée par la Cinémathèque française dans une exposition toujours en cours (elle s’achèvera le 28 janvier 2024), accompagnée de rediffusions des films sur Arte, de DVD et d’un vinyle.
Record battu pour ce coffret imposant et exhaustif, qui revient sur l’œuvre de la réalisatrice pionnière disparue en 2019, qui a inspiré des générations de cinéastes. Onze longs-métrages — incluant les fameux Cléo de 5 à 7 ou Sans toit ni loi — et seize courts, sont ici réunis, enrichis de suppléments tout aussi imposants (8h), dont une éblouissante leçon de cinéma par Agnès Varda elle-même (2h).
VIVA VARDA !
Collection Ecoutez le cinéma ! (21,99 €)
Septembre 2023

Pour enrichir l’expérience, découvrez cet album vinyle consacrée à la musique et chansons des films d’Agnès Varda. On y retrouve des compositions de Michel Legrand, la voix envoutante de Corinne Marchand, mais aussi l’hommage de Vincent Delerm, « La vie Varda ».
11 – Le plus fondamental

RÉTROSPECTIVE DOUGLAS SIRK, LES MÉLODRAMES ALLEMANDS
Coffret Blu-ray édité par Capricci (61,20 €)
Octobre 2023
On connaît mieux la période américaine du réalisateur de Ce que le ciel permet, Le secret magnifique ou Le mirage de la vie. Moins sa période allemande, la première. Ce coffret Blu-ray propose de redécouvrir sept mélodrames de Douglas Sirk qui se nommait encore Hans Detlef Sierck, tournés dans son pays d’origine entre 1935 et 1937. Restaurés en 2K ou 4K par la Fondation Murnau, ces premiers chefs-d’œuvre du génial cinéaste sont assortis de trois courts-métrages inédits de Sirk et d’un livret de 48 pages.
12 – Le plus enthousiaste

CINÉMA SPÉCULATIONS
Quentin Tarantino
Editions Flammarion (25 €)
Mars 2023
Quentin Tarantino rend hommage au cinéma qu’il aime à la manière d’un Peter Biskind. Avec sa verve et sa propension à déplacer les montagnes, cet admirateur de la critique Pauline Kael s’attarde sur le Nouvel Hollywood, les Movie Brats que sont Scorsese, Coppola, Spielberg etc. et évoque ses films culte, dont Bullitt, de Peter Yates, Guet-Apens de Sam Peckinpah, Delivrance de John Boorman, Sœurs de sang de Brian De Palma ou L’évadé d’Alcatraz de Don Siegel. Tout comme ses anecdotes, ses portraits d’acteurs et réalisateurs sont truculents :
« Et puis il y a Steve McQueen dans le rôle de Frank Bullitt… Rarement, dans toute l’histoire de Hollywood, les stars de cinéma étant ce qu’elles sont, une star de ciné en a fait si peu pour un résultat si grandiose, comme McQueen avec ce rôle dans ce film. Il ne fait pratiquement rien, mais personne dans l’histoire du cinéma n’a fait rien à la manière de Steve McQueen. »

On peut également faire un petit tour sur le site de la Boutique des Cahiers du Cinéma, où les livres et hors-séries sont proposés à des prix attractifs.


Et joyeux Noël !



La surprise de l’été ! Un polar envoûtant qui frise la perfection. Ma critique
Un petit bijou nostalgique et un film sur la jeunesse porté par des comédiens épatants. Ma critique
Une comédie policière et romantique au charme renversant. Bravo Louis Garrel ! Ma critique
Chargé d’atmosphères, et emmené par un Robert Pattinson ténébreux en diable, ce Batman néo-punk est incroyablement romantique. Ma critique
Ambiances de western, climat anxiogène, cruauté et violence… ce thriller franco-espagnol aborde une problématique à la fois universelle et intemporelle. Puissant ! Ma critique
Un film noir tortueux et hitchcockien, élégant et fascinant, interprété par un tandem d’acteurs séduisants. Ma critique 
Une plongée dans les tourments de Lady Di. Un film hypnotique, poétique, et magnifique à tous points de vue. Ma critique
Adapté des mémoires du romancier J. R. Moehringer, ce récit initiatique possède un charme fou. Ben Affleck, que l’on croyait perdu pour la cause, y brille particulièrement. Bande-son (Devo, Paul Simon, Chic, Jackson Browne…) à tomber !

Si Michael Mann n’a réalisé que le pilote, son empreinte est palpable tout du long de cette plongée dans la mafia japonaise adaptée des mémoires du reporter Jake Adelstein. Une première saison passionnante de 8 épisodes, avec Ansel Elgort, Ken Watanabe, Shô Kasamatsu, Rachel Keller et Riko Kikuchi.
Le K-drama de l’année ! Produite par le Studio Dragon, cette chronique de la vie de jeunes gens qui tentent de trouver leur voie dans le contexte économique complexe de la fin des années 90 est bourrée de charme. Jamais l’escrime n’aura été filmée avec un tel brio (deux des personnages principaux sont des championnes de haut niveau) et le tandem de stars Nam Joo-hyuk/Kim Tae-ri fait des étincelles.
La Corée du Sud toujours, de la romance encore, mais ici, l’ambiance est à la sauvagerie et à l’horreur. Dans un lycée où les élèves se transforment en zombies les uns après les autres, des ados tentent de survivre alors que les autorités, dépassées par les événements, les abandonnent à leur sort. Un show tendu, aux images spectaculaires. Avec Chan-Young Yoon et Park Solomon.
Un quatuor de scénaristes émérites dont deux (Hélier Cisterne et Katell Quilléveré) à la réalisation, une brochette de jeunes talents parmi lesquels Anthony Bajon et l’épatant Andranic Manet (dans le rôle de Dee Nasty)… Mieux qu’une évocation des débuts de NTM, voici un formidable portrait de la jeunesse pleine de rêves qui, dans les années 80, a contribué à l’émergence de la culture hip-hop en France. Six épisodes fougueux et éblouissants.
Le portrait d’un groupe, les Sex Pistols, passé comme une météorite dans le ciel du rock. Basé sur les mémoires de Steve Jones (guitariste et fondateur du groupe), le script arrange l’histoire à sa sauce et exagère l’importance de Chrissie Hynde, qui n’en demandait pas tant. Qu’importe ! Beaucoup de faits sont exacts, et la mise en scène de Danny Boyle déchire. L’occasion de voir les pérégrinations des jeunes Vivienne Westwood, Jordan et Malcolm McLaren, mais aussi de s’immerger dans cette Angleterre de la seconde moitié des années 70 violentée par la politique de Margaret Thatcher.
Une reconstitution intelligente de la tragédie qui a secoué la France de 1986. À Paris, Malik Oussekine, jeune étudiant français d’origine algérienne, rentre tranquillement chez lui après avoir assisté à un concert de jazz lorsqu’il est poursuivi par des Voltigeurs. Ces policiers à moto, déployés dans la capitale depuis les manifestations des étudiants, en colère contre le projet de loi Devaquet, ont l’ordre de disperser les excités. Malik Oussekine n’est pas une menace, mais il est d’origine arabe. Ça lui vaut d’être tabassé à mort dans le hall d’immeuble où il a tenté de se réfugier. Créée par Antoine Chevrollier, la mini-série de quatre épisodes met en exergue le cynisme et la dérive autoritaire du pouvoir (François Mitterrand est alors président) durant toute cette affaire. Un uppercut et des comédiens au top ! Avec Sayyid El Alami, Hiam Habbass, Kad Merad, Laurent Stocker, Mouna Soualem, Tewfik Jallab et Thierry Godard, l’épatant Gilou d’Engrenages, qu’on a jamais tant détesté.
Une série de malencontreux hasards peut transformer n’importe quel individu en assassin. C’est le postulat de départ de cette mini-série imaginée par Steven Moffat, le créateur de
Le tournage du Parrain ne fut pas un chemin de roses. La mafia et un certain Frank Sinatra ont tout fait pour contrecarrer le projet. Adaptée des mémoires du producteur Albert S. Ruddy, cette mini-série drôle et flamboyante de Leslie Greif et Michael Tolkin (scénariste de The Player) propulse dans le Hollywood du début des années 70 et fait revivre les légendes, comme le directeur de production Robert Evans, Marlon Brando, l’auteur Mario Puzo ou Sinatra. La distribution est aux petits oignons : Miles Teller, Matthew Goode, Colin Hanks, Dan Fogler, Giovanni Ribisi, Burn Gorman, Nora Arnezeder, sans oublier la formidable Juno Temple. Un régal pour les cinéphiles !
Ce n’est certes pas la série feel-good de l’année, et c’est même probablement le show dont le visionnage se révèle le plus éprouvant. En revanche, elle revêt un intérêt historique indéniable et une pertinence bienvenue. Ce portrait acide de Boris Johnson, campé par un Kenneth Branagh bluffant, ne fait pas dans la dentelle. Lui et son gouvernement sont constamment tournés en ridicule, et ce serait drôle si le mandat de BoJo ne correspondait pas à l’arrivée de la pandémie de Covid, qu’il a gérée de manière catastrophique. Cette mini-série coécrite par Kieron Quirke et Michael Winterbotton (The Road To Guantanamo) a des accents de faux-documentaire, taillé pour marquer les consciences. Les nombreuses séquences dans les hôpitaux et les maisons de retraite, où les malades et les soignants sont confrontés à la mort dans des conditions scandaleuses, sont redoutables de réalisme. Elles sont un contrepoint nécessaires à la légèreté avec laquelle l’artisan du Brexit a abordé les problèmes. Glaçant !
La performance de l’année !
La belle actrice française révèle ici un tempérament comique insoupçonné. Elle est très très drôle.
Le talent d’acteur à l’état pur. Ce n’est pas nouveau, mais c’est toujours bluffant. Une leçon.
L’actrice sud-coréenne avait déjà brillé dans Mademoiselle de Park Chan-wook et dans la série Mr Sunshine. Aux dernières nouvelles, elle est donc toujours aussi géniale.
Aux côtés de Chloé Jouannet et de la toujours impeccable Pascale Arbillot, Louise Coldefy fait montre d’un tempérament de feu. Elle est tout bonnement irrésistible dans cette sympathique comédie, premier film de Noémie Lefort, qui se distingue aussi par la musique du duo français Pur-Sang, dont la reprise de « I Was Made For Lovin You » immortalisée par Kiss, est magnifique.
Le blockbuster échevelé de Michael Bay permet à l’acteur américain de jouer un rôle de psychopathe inattendu, qui rappelle le fou furieux campé par Nicolas Cage dans Face-Off de John Woo. Un personnage borderline jusqu’à en être comique, et un Gyllenhaal très à l’aise dans ce festival d’explosions et de cadrages hallucinants. Pour la finesse, on repassera, mais pour le spectacle, c’est tout bon.
À l’instar d’Eléonore Klarwein dans Diabolo Menthe et de Jean-Pierre Léaud dans Les 400 coups, son petit minois grave hante ce film très délicat, qu’elle porte sur les épaules. Elle a tout d’une grande.
Quasi omniprésente devant la caméra d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, Adèle Exarchopoulos exprime le désarroi d’une jeunesse paumée, sans idéaux. Elle est aussi juste que touchante.
Impossible de les départager. Dans des registres très différents, les deux comédiens donnent chacun une véritable leçon de jeu. L’un pince-sans-rire, l’autre volubile, et tous deux excellents.
Qui a suivi la série a forcément remarqué cette jeune actrice danoise. Elle y campe la surdouée polonaise Nadya, que le filou Dominic Morgan (Patrick Dempsey) va prendre sous son aile. Un personnage étrange et attachant qu’elle joue à la perfection. Une révélation.














