CÉSAR, OSCARS, RAZZIES 2017

 

CÉSAR 2017, 42ème

 

 (Photo AFP)
 « Monsieur Terzian, vous nous éclaboussez de joie de vivre ! ».

Même s’il n’a pas véritablement démérité, Jérôme Commandeur a manqué un tantinet de peps pour animer cette 42ème cérémonie des César à la Salle Pleyel, et son humour pince-sans-rire est apparu souvent terne comparé à celui, plus rentre-dedans, de sa consœur Florence Foresti l’année précédente. Après une séquence d’ouverture laborieuse, puis un hommage dansé à George Michael à peine plus enlevé, la cérémonie sans président — Roman Polanski s’étant retiré sous la pression des ligues féministes — s’est déroulée sans encombre, ni exaltation, relevée quand même par des moments sympathiques.

Morceaux choisis 

« Je salue le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux ! Il a peu de travail en ce moment, il peut se permettre de venir aux César. »

À Isabelle Huppert : « Golden Globe de la Meilleure actrice le mois dernier, nommée ce soir aux César dans la même catégorie et qui s’envole demain pour les Oscars. Vous raflez tout chère Isabelle, à tel point que la presse parle d’une hupperisation du cinéma. »

À Anne Fontaine : « Les Innocentes, c’est l’histoire de nonnes abusées par des soldats russes, dans un couvent polonais en décembre 45… Autant dire, chère Anne, que pour les César, vous avez mis les chances de votre côté. »

 « A l’énoncé de ce speech, on peut dire, cher François Ozon, que Frantz, sublime et impossible histoire d’amour entre une Allemande et un Français à la fin de la Première Guerre mondiale, comparé au Innocentes d’Anne Fontaine, c’est Camping 3. »

Les lauréats sont… 
 

L’année 2016 a été plutôt réjouissante pour le cinéma français. Outre le record historique de fréquentation des salles, la production a brillé par sa diversité et sa qualité. La compétition s’annonçait donc des plus serrées. Avec leurs onze nominations chacun, Elle de Paul Verhoeven, et Frantz, de François Ozon, faisaient figure de favoris, suivis de Ma Loute (9 nominations), Mal de pierres (8) et Divines (7).

Elle a logiquement raflé les César du Meilleur film et de la Meilleure actrice pour Isabelle Huppert (son deuxième après celui obtenu pour La cérémonie, de Claude Chabrol), mais il aura fallu attendre la toute fin de soirée pour que le film de Paul Verhoeven remporte ses deux premiers trophées.

(Photo AFP)

« Je pense parfois aux rapports entre l’interprète que je suis et les rôles que j’ai joués. Et bien je crois que pour Elle, le rôle l’emporte sur l’interprète. Parce qu’au fond, je ne jouais pas plus mal dans d’autres films, mais, cette année, il me semble que vous l’avez mieux remarqué. »

Pour Frantz, en revanche, c’est un peu la douche froide, le film ne s’est vu attribuer que le César mérité de la Meilleure photo (signée Pascal Marti), celui du Meilleur espoir féminin attendu pour l’extraordinaire Paula Beer lui ayant échappé.

Au nombre de trophées, c’est Juste la fin du monde et le challenger Divines qui l’emportent, avec trois César chacun. Le bijou de Xavier Dolan a été salué pour le montage, la réalisation et pour la jolie prestation de Gaspard Ulliel, César plutôt inattendu du Meilleur acteur (surtout lorsqu’on pense à la performance de Nicolas Duvauchelle dans Je ne suis pas un salaud). L’absence de Gaspard Ulliel (en tournage) a permis à l’inénarrable Xavier Dolan de battre le record de présence sur scène de la soirée (il est en effet le monteur de ses films).


(Photo Bertrand Guay/AFP)

Divines, de Houda Benyamina, couronné Meilleur premier film, offre respectivement à ses deux comédiennes Déborah Lukumuena et Oulaya Amamra les César de Meilleur second rôle féminin, et du Meilleur espoir. On pardonne à Déborah Lukumuena d’avoir chipé le trophée aux épatantes Nathalie Baye et Anne Consigny, pour son discours aussi pertinent qu’émouvant.

(Photo Bertrand Guay/AFP)
Reprenant les mots d’Annie Girardot, la jeune comédienne débutante, très émue a clamé : « Moi je ne sais pas si le cinéma m’aime, mais j’ai envie de vous dire que je l’aime terriblement. »

 

(Photo Philippe Wojazer/REUTERS)
Si les votants n’ont pas donné leur préférence au surprenant Diamant noir, premier film d’Arthur Harari, il a brillé malgré tout grâce à son comédien principal, Niels Schneider, lauréat habité du César du Meilleur espoir : « Je vous prie d’excuser mes cafouillages, les mots ont tendance à se télescoper dans les moments de joie comme celui-ci. », qui a rendu un hommage vibrant à Hafed Benotman, son partenaire dans le film, décédé en 2015.


Injustement boudé par la critique à sa sortie début 2016, L’Odyssée de Jérôme Salle, a remporté quant à lui le César du son, ce qui a valu le discours le plus romantique de la soirée, de la part d’un des membres de l’équipe venu chercher le trophée « Je voudrais partager ce César, d’une part avec mon fils, et d’une part avec la femme que j’aime, qui est ma voisine d’en face. »

 


Moi Daniel Blake, de Ken Loach, rafle sans surprise le César du Meilleur film étranger, et Ma vie de courgette, de Jean-Claude Barras, est couronné des César du Meilleur long-métrage d’animation, et de la Meilleure adaptation (elle est signée Céline Sciama). Le film a également reçu une nomination à l’Oscar.

 


L’Académie a également distingué Chocolat, via le César du Meilleur second rôle pour James Thierrée et les décors de Jérémie D. Lignot, L’effet aquatique, pour le scénario original de la regrettée Solveig Ansbach et Jean-Luc Gaget, Dans les forêts de Sibérie, pour la musique de l’incontournable Ibrahim Maalouf et La danseuse, pour les costumes signés Anaïs Romand.

 


Parmi les coups d’éclat de cette cérémonie, on retiendra l’hommage à Jean-Paul Belmondo, devant sa famille et entouré de sa famille de cinéma, le clin d’œil à La La Land par Jérôme Commandeur et Marthe Villalonga, le sketch du choix du superlatif par Jérôme Commandeur et Nathalie Baye, et le coup de gueule de François Ruffin, réalisateur de Merci Patron, récompensé par le César du Meilleur documentaire, envers les délocalisations des usines.

« Ca dure comme ça depuis trente ans parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés et donc on n’en a rien à foutre ! Si c’était des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement ! »

 

(Photo Bertrand Guay/AFP)
La palme de l’humour revient à Jean Dujardin et George Clooney venu recevoir son César d’honneur. Chargé par ce dernier de traduire ses propos, l’acteur français en a profité pour tacler Donald Trump, avec la complicité avec son ami américain :

George Clooney : « Les réalisateurs incroyables avec qui j’ai travaillé m’ont protégé, inspiré. Grâce à eux je mesure l’honneur de travailler dans le cinéma. »
Traduction par Jean Dujardin : « Donald Trump est un danger pour le monde, et je ferai tout mon possible pour m’opposer à la peur et à la haine qu’il tente d’instaurer. »

Déceptions

Force est de constater que si le palmarès s’est révélé équitable et équilibré, certains films méritants sont tout de même restés sur le carreau. Bruno Dumont, hélas, n’a pas été récompensé pour son audace. Ma Loute est en effet reparti bredouille, comme Les innocentes d’Anne Fontaine et le beau Mal de pierres de Nicole Garcia. Rien non plus pour Le fils de Jean, ni Victoria, Irréprochable, ou La fille de Brest pourtant plébiscités par la critique,

Glamour

Le César AFAP du Glamour est décerné à Soko, nominée malheureuse de La danseuse, mais magnifique en robe Gucci.

(ABACA)

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES CÉSAR 2017 
Critique Elle
Critique Frantz
Critique Diamant noir
Critique Juste la fin du monde

 

OSCARS 2017, 89ème

 

« Peut-être que ce n’est pas très tendance en ce moment, mais j’aimerais remercier le Président Trump. Vous vous souvenez, l’année dernière, on pensait que c’était les Oscars qui étaient racistes… »

 Qui aurait pu penser que la cérémonie des Oscars, d’ordinaire huilée comme une horloge suisse, allait cafouiller à ce point. Tout avait pourtant bien commencé, avec une performance de Justin Timberlake, qui, sur son tube « Can’t Stop The Feeling », nommé à l’Oscar de la Meilleure chanson, a fait danser d’entrée de jeu tout le parterre d’invités avant que le maître de cérémonie, Jimmy Kimmel, spirituel animateur du Jimmy Kimmel Live, n’investisse la scène.

« Des millions de téléspectateurs regardent cette retransmission dans deux cent cinquante pays, qui, soit dit en passant, maintenant nous détestent. »

A Isabelle Huppert : « Je suis ravi qu’on vous ait laissé passer la frontière. On est très accueillants, ici à Hollywood. On ne fait pas de discrimination basée sur le pays d’origine. Ici, en général quand on discrimine, c’est en fonction de l’âge et du poids. »

« C’est une année incroyable pour le cinéma, les noirs ont sauvé la Nasa, et les blancs ont sauvé le jazz. C’est ce qu’on appelle le progrès. » (allusion aux Figures de l’ombre et La La Land)

« Matt Damon et moi on se connaît depuis longtemps. Vraiment. D’ailleurs, ça fait tellement longtemps qu’on se connaît que quand je l’ai rencontré, le plus gros des deux, c’était moi. »

 « Viggo Mortensen, il est vraiment formidable. Il est nommé comme Meilleur acteur dans Captain Fantastic. C’est vraiment mérité. Ça arrive trop souvent que l’Académie des Oscars ne récompense que des films que les gens ont vus. »

« Nous sommes ici pour rendre hommage aux grands acteurs, mais aussi aux acteurs qui ont l’air formidable, et qui ne le sont pas vraiment. Parmi tous ces ‘soi-disant’ grands acteurs à Hollywood, il y en a une sur qui le temps n’a pas d’emprise. Ses performances ne manquent jamais de décevoir. Depuis son interprétation médiocre dans Voyage au bout de l’enfer, en passant par Out Of Africa, Kramer contre Kramer, ou Le choix de Sophie, Meryl Streep déçoit systématiquement, et ça fait cinquante films tout au long de sa terne carrière qu’elle fait ça. » (allusion au tweet de Donald Trump, sur le tweet assassin de Donald trump, qui avait dit de Meryl Streep qu’elle était « l’actrice la plus surestimée d’Hollywood »).

« Vous êtes nommés et certains d’entre vous auront le privilège de faire un discours, qui sera retweeté en lettres majuscules par le Président des Etats-Unis, pendant qu’il sera assis sur le trône à cinq heures du matin. »

 

Les lauréats sont… 

Hélas, le raz de marée La La Land n’a pas eu lieu. Estampillé phénomène dès sa sortie, en décembre 2016, le deuxième long-métrage de Damien Chazelle, auréolé de sept Golden Globes le mois précédent, n’a pas transformé ses quatorze nominations. Ce n’est pas réellement une surprise, le film était victime d’un backlash depuis quelques semaines aux Etats-Unis. Les critiques et les médias ont été en effet aussi prompts à le démolir qu’ils l’avaient été à l’encenser, le jugeant finalement « pas si terrible », « truffé de clichés », et pointant « les médiocres qualités de danseurs et chanteurs » d’Emma Stone et Ryan Gosling. Si l’Oscar du Meilleur film lui a échappé au profit de Moonlight, le deuxième long-métrage de Barry Jenkins, La La Land repart vainqueur au nombre de trophées, six au total.

(photo Gavin Bond pour Variety)

La comédie musicale a logiquement remporté les Oscars de la Meilleure chansonCity Of Stars ») et de la Meilleure musique (elle est signée Justin Hurwitz), ceux des Meilleur décors et Meilleure photo (Linus Sandgreen), celui du Meilleur réalisateur (à trente-deux ans, Damien Chazelle devient ainsi le plus jeune cinéaste oscarisé), et de la Meilleure actrice pour Emma Stone, dont le talent de comédienne ne souffre pas de discussion, qui coiffe au poteau Isabelle Huppert et Natalie Portman.

 

 

Difficile de ne pas voir dans la victoire de Moonlight, de Barry Jenkins, la volonté de l’Académie de faire oublier les polémiques de l’année précédente, et le fameux #OscarsSoWhite. Racontant le parcours d’un jeune homosexuel noir aux Etats-Unis, Moonlight bat non seulement le record du plus petit budget de l’histoire des Oscars (un million et demi de dollars) mais s’inscrit également comme le premier film LGBT (Lesbians, Gays, Bisexuels, Trans) noir à remporter l’Oscar.

(photo REUTERS/Lucy Nicholson)

Moonlight remporte aussi l’Oscar de la Meilleure adaptation et l’Oscar du Meilleur second rôle masculin, pour le très sympathique Mahershala Ali.

 

(photo Forbes)

Très logiquement aussi, Casey Affleck rafle l’Oscar du Meilleur acteur, pour le bouleversant Manchester By The Sea devant son frère ému aux larmes. Sa victoire a été accueillie par une volée de bois vert sur la toile, l’acteur de quarante et un an faisant face à des accusations de harcèlement sexuel sur des faits remontant à 2010. Le film de Kenneth Lonergan remporte également l’Oscar du Meilleur scénario original.

 

Parmi les autres films distingués, Tu ne tueras point, de Mel Gibson remporte deux Oscars techniques, pour le son et le montage.

 

Fences, de Denzel Washington est salué par l’Oscar du Meilleur second rôle féminin. La toujours formidable Viola Davis a livré le discours le plus bouleversant de la soirée :

« Je veux exhumer les histoires de gens qui ont eu d’énormes rêves et n’ont jamais vu ces rêves devenir réalité. Des gens qui sont tombés amoureux et ont perdu. Je suis devenue une artiste et heureusement que je l’ai fait. En effet, nous sommes la seule profession qui célèbre le sens de vivre une vie. »

 

Le Client, d’ Asgar Fahradi, remporte l’Oscar du Meilleur film étranger. Resté dans son pays avec toute l’équipe du film en guise de protestation, et refusant de bénéficier d’une exception en tant qu’artiste, le cinéaste iranien a fait lire une déclaration applaudie par l’assistance.

« Mon absence témoigne de mon respect envers mes compatriotes et des autres nations à qui on a manqué de respect du fait de cette loi inhumaine interdisant aux immigrants l’accès aux Etats-Unis. »

 

Tandis que Les animaux fantastiques reçoit l’Oscar des Meilleurs costumes, Premier contact celui du Meilleur montage sonore, et Le livre de la jungle celui des Meilleurs effets spéciaux, l’épatant Suicide Squad remporte l’Oscar des Meilleurs maquillages et on s’en réjouit.

A la fin de ses remerciements, l’un des membres de l’équipe, en tant qu’immigré italien, a tenu à dédier cette victoire à tous immigrés du monde.

 

La chouette production Disney Zootopie remporte l’Oscar du Meilleur film d’animation.

 

Après le succès de la série American Crime Story, consacré au tristement célèbre ex-joueur de football américain, c’est O.J. : Made in America, le documentaire fleuve (7h 43) d’Ezra Edelman qui obtient l’Oscar dans sa catégorie.

 

Parmi les moments mémorables :

– Les bonbons tombés du ciel.
– Les vannes continuelles de Jimmy Kimmel à Matt Damon, et le reportage hilarant censé témoigner du manque de talent de l’acteur.
– L’édition Oscar des tweets méchants, lus par les acteurs concernés.
« Emma Stone ressemble à une traînée qui prend du crack, dans chacun de ses rôles. »

– Les touristes débarqués d’un bus tour qui arrivent d’une entrée latérale au beau milieu de la soirée, pensant visiter une exposition sur les costumes. N’en croyant pas leurs yeux, ils se retrouvent nez à nez avec le parterre de stars qui leur sont présentées par Jimmy Kimmel :
« Je vous présente Ryan Gosling, surtout ne le regardez pas trop longtemps, vous allez vous brûler les yeux. »

#LaLaGate #EnveloppeGate

Et enfin, la bourde magistrale, voire historique, a été commise dans les dernières minutes de la cérémonie par le tandem mythique Faye Dunaway et Warren Beatty venus remettre l’Oscar du Meilleur film. Visiblement embarrassé en lisant le résultat, Beatty a refilé le carton à sa partenaire, qui a clamé « La La Land ». Le temps que toute l’équipe du film se précipite sur scène, émue, pour remercier, le staff de l’Académie s’est rendu compte de l’erreur. Après un moment de confusion générale, Jordan Horowitz, le producteur de La La Land lui-même, s’est emparé violemment du bon carton et annoncé au micro la victoire de Moonlight. L’incident de l’enveloppe donnée par erreur a valu de nombreux tweets hilarants, dont celui de M. Night Shyamalan : « I wrote the ending of Academy Awards 2017@JimmyKimmel We really got them ! »

(Photo by Kevin Winter/Getty Images)

Dans son émission, Jimmy Kimmel a déclaré que « c’était la pire fin d’un show TV depuis la fin de Lost. » et a raillé la fuite de Faye Dunaway. La vilaine (son visage revu par la chirurgie esthétique est une véritable horreur !) s’est en effet enfuie comme une malpropre, laissant l’infortuné Warren Beatty tenter bravement et vainement de s’excuser.

(Photo Variety)

Pas de rancœur toutefois. Depuis, Damien Chazelle et Barry Jenkins, deux jeunes cinéastes qui se connaissent depuis leurs débuts, sont revenus avec fair play sur l’incident en livrant une interview commune au magazine Variety.

Glamour

Oscar de la plus belle robe AFAP est attribué cette année à Nicole Kidman, sublime en Armani Privé

(Getty Pictures)

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES OSCARS 2017

RAZZIE AWARDS 2017

La veille des Oscars, avait lieu comme il est d’usage la 37ème soirée des Razzie Awards, qui récompensent le pire du cinéma hollywoodien. Deux films se sont partagé les trophées.

Il avait été applaudi par Donald Trump durant la campagne, mais ce 25 février, le documentaire à charge, Hillary’s America, The Secret History of the Democratic Party a été élu le pire film de l’année, son metteur en scène très conservateur Dinesh D’Souza a été lui aussi distingué en tant que pire réalisateur et acteur (dans son propre rôle), sa partenaire Becky Turner, qui prête ses traits à Hillary Clinton, a été couronnée elle aussi.

Batman v Superman : l’aube de la justice, de Zack Synder, continue son chemin de croix. Il a remporté quatre trophées, dont celui de la pire suite ou remake, du pire second rôle (Jesse Eisenberg), pire scénario et pire combinaison à l’écran (Ben Affleck et Henry Cavill).

Quand à Kristen Wiig, elle a été distinguée par le trophée du pire second rôle de l’année pour sa prestation dans Zoolander 2, de Ben Stiller, qui avait obtenu le plus grand nombre de nominations (8) à égalité avec Batman v Superman.

PALMARÈS CÉSAR ET OSCARS 2016

Comme l’année précédente, les cérémonies des César et Oscars ont eu lieu en février 2016 à deux jours d’intervalle. Retour sur un week-end chargé en récompenses, déceptions et paillettes, qui s’est achevé, cerise sur le gâteau, par la victoire de Leonardo DiCaprio.

 

CÉSAR 2016, 41ème

flo

« Calmez-vous ! Les gens vont croire qu’on s’amuse. »

 Après l’ironie élégante d’Edouard Baer l’année dernière, place à l’humour déménageur de Florence Foresti ! C’est en effet à l’humoriste qu’est revenue la tâche ingrate d’animer la cérémonie la plus réfrigérante de l’année. Vendredi 26 février, sur la scène du théâtre du Châtelet, elle n’a pas ménagé sa peine et a fait le show, à grands coups de « Putain ! », son juron favori. Et si elle a vampirisé la soirée, qui a pris des allures de Spectacle de Florence Foresti, elle s’est souvent révélée très drôle.

Florence

Morceaux choisis 

« Le budget des Oscars… trente millions de dollars. Mais t’imagines ce que j’aurais fait avec trente millions de dollars ? Déjà, je ne me serais pas prise comme maîtresse de cérémonie. Ou alors j’aurais fait un peu de chirurgie esthétique quand même… Et puis à trente millions de dollars tu peux être drôle… Attention ! Moi je vais vous faire des vannes à cent cinquante balles maximum hein ! Cent soixante-quinze si j’ai des fulgurances, mais faut pas s’attendre à mieux ! »

« C’est un peu notre Leonardo DiCaprio ce soir, Vincent Lindon. Toujours nominé, jamais césarisé. Mais on y croit ce soir ! En même temps, tu as de la chance. Aux Etats-Unis, pour avoir un Oscar, il faut se rouler dans la neige, se battre avec un ours, dormir dans un cheval mort… En France, tu te laisses pousser la moustache, t’as tes chances. »

 A Michael Douglas venu recevoir son second César d’honneur : « Vous êtes un homme à femmes. Au cinéma, les femmes vous désirent… Elles vous désirent et puis au final elles ont toujours envie de vous buter, c’est étrange. Toutes : Sharon Stone, Glenn Close et l’autre qui me ressemble… Demi Moore. »

Au sujet de Loubna Abidar, nommée pour Much Loved : « Une actrice s’est récemment fait agresser parce qu’elle jouait le rôle d’une prostituée. Alors à ces gens-là, je voudrais rappeler un concept de maternelle : la fiction n’est pas la réalité… Anthony Hopkins ne mange pas des cervelles humaines. Non ! Gérard Depardieu n’a pas découvert l’Amérique. Non ! Il a découvert la Russie, donc ça n’a rien à voir ! Des fois, il y a des pièges… »

 « Et au-delà de ce concept très simple, un second encore plus simple : on ne tape pas les actrices, et on ne tape pas non plus les prostituées étrangement. Et on ne tape personne en fait. »

Les lauréats sont… 

Lelouch Getty Images

« Je crois au cinéma plus qu’à tout le reste. » Sans surprise, c’est par une déclaration d’amour au 7ème art que Claude Lelouch, Président de la 41ème cérémonie, a déclaré ouverte la compétition. Après avoir rendu hommage aux oubliés des César (à bon entendeur, salut !), il a engagé les nominés à méditer cette phrase de Nelson Mandela : « Je gagne ou j’apprends. » et de conclure avec cette réflexion vertigineusement optimiste : « Comme je crois à l’incroyable fertilité du chaos, et que le chaos est de plus en plus chaotique, on n’est pas à l’abri de vivre des années merveilleuses, extraordinaires et géniales. Préparez vos caméras, il y aura des choses formidables à filmer ! »

A l’issue des trois heures d’une soirée raccourcie, plus rythmée que d’ordinaire, et entremêlée de sketches plutôt réussis dont un numéro hilarant de Jérôme Commandeur, mais un hommage aux disparus un tantinet bancal — resserré sur le cinéma français, mais au son de la chanson « Life On Mars? », d’un certain David Bowie, Anglais, et du coup jamais cité — le palmarès en demi-teinte a célébré le cinéma français dans sa diversité, et en particulier le film d’auteur. Parmi les films primés, on note en effet l’affluence d’œuvres à petit budget et extrêmement rentables. Selon l’hebdomadaire Le Film français, le taux d’amortissement en salles de La loi du marché atteint 180, 7 %. Demain, Mustang, Much Loved et Fatima ne sont pas loin derrière.

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Contrairement à l’année précédente, où on avait assisté au triomphe de Timbuktu (sept César à lui seul), aucun film ne s’est réellement détaché. Malgré leurs onze nominations respectives, les deux favoris — Marguerite de Xavier Giannoli et Trois souvenirs de ma jeunesse, d’Arnaud Desplechin — sont repartis avec quatre César pour le premier, un seul – mais prestigieux — Meilleur réalisateur — pour le second. Les votants ont choisi de récompenser plus équitablement une sélection d’œuvres de qualité, à forte inclinaison sociale. Et en offrant à Fatima, chronique humaniste sur les difficultés de l’intégration, le César du Meilleur film, la récompense suprême, les jurés ont fait un choix résolument politique. Son réalisateur Philippe Faucon obtient pour l’occasion le César de la Meilleure adaptation, et la jeune et Jolie Zita Hanrot, celui du Meilleur espoir féminin.

Fat AFP:P. Kovaric

 

Au nombre de trophées, c’est pourtant Marguerite et le challenger Mustang qui l’emportent, avec quatre trophées chacun. Catherine Frot obtient sans surprise le César de la Meilleure actrice, très mérité, et, à l’image du film, son discours de remerciement était humain et bouleversant. « Oui, Marguerite chante faux. Mais elle a un tel désir de beauté, de l’absolue beauté, que c’est une artiste pour moi. »

Frot Photo Abaca

 

Le réjouissant Mustang, de Deniz Gamze Ergüven, fable sur l’histoire de cinq jeunes sœurs éprises de liberté, en butte à un patriarcat étouffant, décroche, entre autres, les César du Meilleur premier film et du Meilleur scénario original. On n’en attendait pas moins pour un film qui suscite l’enthousiasme depuis sa première projection, et a été retenu pour représenter la France aux Oscars.

Deniz AFP:P. Kovarik

 

La jolie prestation de Benoît Magimel et la vraie performance du débutant Rod Paradot permettent à l’attachant La tête haute d’Emmanuelle Bercot, de remporter deux trophées (Meilleur second rôle et Meilleur espoir). A quarante-deux ans, Benoît Magimel, sous le regard ému de son ex-compagne Juliette Binoche, reçoit donc le premier César de sa carrière (il avait été déjà nominé pour Les voleurs, en 1996 et Cloclo en 2013).

Ben Abaca

« Merci à Emmanuelle Bercot qui m’a fait confiance à un moment où j’en avais probablement le plus besoin. »

 

Rod

Quant à Rod Paradot, sacré Meilleur espoir masculin, il a livré un discours d’une sincérité touchante. Il a fait rire  : « Les films du Kiosque, c’est franchement des producteurs que j’kiffe… » et pleurer la salle : « Et à la fin, je dois remercier ma mère, parce que c’est elle qui tous les jours croit en moi. »

 

Après son triomphe à Cannes, Vincent Lindon tient enfin son César du Meilleur acteur. La sixième fois aura été la bonne et c’est avec l’épatant La loi du marché, de Stéphane Brizé qu’il a mis fin à la malédiction.

Vince afp.com:P.Kovarik

 

On retiendra encore la victoire de l’écolo Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, distingué par le César du Meilleur film documentaire, et celle, inattendue, de Sidse Babett Knudsen, (l’héroïne de la série danoise Borgen), sacrée Meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans L’hermine de Christian Vincent.

Sidse afp:kovaric

Le César du Meilleur film d’animation est allé au Petit Prince, de Mark Osborne, tandis que celui du Meilleur film étranger a été obtenu par Birdman, d’Alejandro Gonzáles Iñárritu. Enfin, Valley Of Love, de Guillaume Nicloux, nommé dans trois catégories, remporte le César de la Meilleure photo (elle est signée Christophe Offenstein).

Valley

Déceptions

Si dix films nommés se sont partagé les trophées, certains sont malgré tout repartis bredouille. C’est le cas de Mon roi, de Maïwenn, et de Dheepan, de Jacques Audiard, en dépit de leurs huit nominations respectives. Les cowboys de Thomas Bidegain, nommé dans quatre catégories, a lui aussi fait chou blanc.

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES CÉSAR 2016
Critiques et tests DVD Marguerite, Mon roi, La tête haute
Critique La loi du marché

Glamour

Les gagnantes AFAP: Juliette Binoche (en Roberto Cavalli), Mélanie Laurent (en Saint Laurent), Deborah François (je cherche encore…)

Juli
Méla

Deb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OSCARS 2016, 88ème

#OscarsSoWhite

En 2015, la cérémonie des Oscars, présentée par Neil Patrick Harris, s’était révélée anti-politiquement correcte, en faisant la part belle aux discours engagés — sur l’égalité des salaires hommes-femmes, l’injustice faite aux noirs et aux immigrés mexicains. Celle de 2016, comme on pouvait s’y attendre, lui a emboîté le pas. Et cette fois, la polémique avait débuté aux Etats-Unis dès l’annonce des nominations. En effet, pour la deuxième année consécutive, aucun noir n’a été nommé. Même les acteurs et réalisateurs noirs des populaires N. W. A : Straight Outta Compton (la seule nomination est allée aux scénaristes, blancs), ou Creed (seul Sylvester Stallone a été nommé) n’ont pas été retenus.

Du pain béni pour le comédien Chris Rock, maître de cérémonie, qui a attaqué bille en tête :

Chriss

« Vous vous rendez compte que s’il y avait une catégorie pour les présentateurs, je n’aurais pas eu le job ! Pourquoi cette polémique aujourd’hui ? C’est la 88ème cérémonie des Oscars. Donc, cette absence de noirs s’est déjà produite au moins 71 fois. Vous vous doutez bien que c’est déjà arrivé dans les années 50, 60. Dans les années 60, une année où Sidney n’a pas fait de film, je suis sûr qu’il n’y avait pas de noirs nommés. Et les noirs n’ont pas protesté. Pourquoi ? Parce qu’on avait d’autres chats à fouetter à l’époque. On était trop occupés à se faire violer et lyncher pour s’intéresser au prix du Meilleur chef opérateur. Quand votre grand-mère pendouille sous un arbre, c’est très dur de s’inquiéter du Meilleur documentaire ou du Meilleur court-métrage étranger. »

« Cette année, les choses vont être un peu différentes. Dans notre section In Memoriam, nous rendrons hommage à tous les noirs qui ont été abattus par la police en allant au cinéma. »

 Par souci d’impartialité, Chris Rock a également taclé des acteurs noirs :

« Jada Pinkett Smith était folle. Elle a dit qu’elle ne viendrait pas en signe de protestation. Jada qui boycotte les Oscars, c’est comme moi qui boycotterais la culotte de Rihanna… Je n’y étais pas invité ! »

 « Jada n’était pas contente. Son homme n’était pas nommé pour Seul contre tous (Concussion). Ce n’est pas juste que Will ait été si bon et qu’il ne soit pas nommé. C’est vrai. Mais c’est également injuste que Will ait été payé vingt millions d’euros pour Wild Wild West. OK ? »

Tout au long de la soirée, la question noire est revenue dans des sketches et clins d’œil souvent hilarants, tel Sacha Baron Cohen qui a rendu un hommage aux acteurs noirs « et au plus grand d’entre eux : Dark Vador. »

Les lauréats sont… 

Comme celui des César deux jours auparavant, le palmarès des Oscars a mis à l’honneur la diversité. Il a également réparé les oublis du récent palmarès des Golden Globes. Ainsi s’il n’avait pas eu les faveurs du jury de la Hollywood Foreign Press Association en janvier, Spotlight, de Tom McCarthy, a remporté dimanche soir l’Oscar du Meilleur film (et du Meilleur scénario) au nez et à la barbe de The Revenant, le grand favori (12 nominations). L’Académie des Oscars a donné sa préférence à un film indépendant engagé (Spotlight reconstitue l’enquête menée par le Boston Globe sur les abus sexuels au sein de l’Eglise catholique) plutôt qu’à un spectaculaire film de survie et de vengeance. Tom McCarthy a confié dans son discours de remerciement espérer que le message du film soit porté jusqu’au Vatican, et a exhorté le Pape François « à protéger les enfants et à rétablir la foi. »

Spot

 

Innaritu

Avec ses trois Oscars en poche, The Revenant n’a pas été snobé. Alejandro Gonzáles Iñárritu a été sacré Meilleur réalisateur pour la seconde année consécutive (après Birdman) ;  le génial chef opérateur Emmanuel Lubezki a été salué pour la photo et surtout la lumière, extraordinaire, du film et…

venant

Leonardo DiCaprio obtient enfin, après avoir échoué à trois reprises (pour Aviator, Blood Diamond et Le loup de Wall Street) la statuette tant convoitée, autant par lui-même que ses fans. Il peut enfin tourner la page. Et comme aux Golden Globes, il a axé son discours vers la protection des minorités et de l’environnement.

Leo

« Faire The Revenant, c’était parler des relations de l’Homme et du monde naturel, monde dont nous avons tous ressenti le réchauffement. 2015 a été l’année la plus chaude enregistrée. Notre production a dû se rendre à l’extrémité sud de cette planète, juste pour trouver de la neige. Le changement climatique est réel. Et il a lieu maintenant. C’est la menace la plus urgente à laquelle l’ensemble de nos espèces sont confrontées. Nous devons soutenir les dirigeants du monde entier qui ne s’expriment pas au nom des grands pollueurs, des grandes entreprises, mais au nom de l’humanité tout entière, des peuples indigènes du monde, des milliards de personnes défavorisées qui seront affectées par ça. Pour les enfants de nos enfants et pour tous ceux dont les voix ont été noyées par la politique de l’avidité. Ne considérons pas cette planète comme un acquis, tout comme je ne considère pas cette récompense comme acquise. »

 

Autre oublié des Golden Globes, le rock’n’roll Mad Max Fury Road, de George Miller, a raflé dimanche tous les prix techniques, ne laissant pas une miette à Star Wars : Le réveil de la Force. Décors et production artistique, Costumes, Maquillage et coiffures, montage, montage sonore, mixage sonore… cinq Oscars remportés sur les dix nominations initiales.

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On saluera aussi les victoires de :

Brie Larson, qui réussit un doublé (elle avait obtenu le Gloden Globe en janvier dernier) en recevant l’Oscar de la Meilleure actrice pour Room de Lenny Abrahamson.

Brie

Tout en jaune, la jeune et exquise Alicia Vikander remporte l’Oscar du Meilleur second rôle féminin, pour sa prestation dans The Danish Girl de Tom Hooper.

Alicia V

Sylvester Stallone était attendu, mais c’est l’extraordinaire Mark Rylance, récemment acclamé pour son interprétation de Thomas Cromwell dans la mini-série Wolf Hall, qui obtient l’Oscar du Meilleur second rôle masculin, pour Le pont des espions, de Steven Spielberg.

Rylance

The Big Short (Le casse du siècle), satire sur la crise des subprimes qui a frappé Wall Street, reçoit l’Oscar de la Meilleure adaptation (d’un livre de Michael Lewis). En acceptant son prix, son très sympathique réalisateur, Adam McKay (grand complice de Will Ferrell), a mis en garde ses concitoyens : « Si vous ne voulez pas que la finance régisse la vie politique, arrêtez de voter pour des candidats à la solde des grosses banques, de l’industrie du pétrole ou de milliardaires cinglés ! »

McKay

 

A quatre-vingt-sept ans, Ennio Morricone est enfin salué par l’Oscar de la Meilleure musique, pour Les huit salopards, de Quentin Tarantino. Ce n’est certes pas sa meilleure, mais il le méritait tant de fois auparavant qu’on ne boudera pas l’hommage. Son premier geste a été d’embrasser John Williams, assis à ses côtés, nommé pour la musique de Star Wars : Le réveil de la Force.

Morricone

 

L’Oscar de la Meilleure chanson a été attribué aux lauréats du Golden Globe, Jimmy Napes et Sam Smith, pour l’honorable « Writing’s On The Wall », de Spectre. Convaincu sur le moment d’être le premier gay à recevoir un Oscar, Sam Smith l’a dédié  à la communauté gay de la planète. « Je suis ici en tant qu’homme gay et fier de l’être. J’espère qu’un jour nous serons réellement égaux. »

Smith

 

Contre toute attente, Ex-Machina, l’excellente surprise réalisée par Alex Garland (avec une troublante Alicia Vikander) remporte l’Oscar des effets visuels.

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Une fois encore, Le fils de Saul de de László Nemes ravit le titre de Meilleur film étranger au Français Mustang, de Deniz Gamze Ergüven tandis que Vice-versa de Pete Docter, est élu Meilleur film d’animation de l’année. Enfin, Amy de Asif Kapadia, rafle l’Oscar du Meilleur documentaire.

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Vice versa

Amy

 

Les déceptions

Repartent bredouilles cette année : Carol, de Todd Haynes (6 nominations), Seul sur Mars, de Ridley Scott (6), Star Wars : Le réveil de la Force de J. J. Abrams (5), Sicario, de Denis Villeneuve (3), Brooklyn, de John Crowley, adapté d’un roman de Nick Hornby (3), Steve Jobs, de Danny Boyle (2) et Joy, de David O. Russell (1).

Les nommés malheureux se consoleront avec le sac cadeau offert par l’Académie à tous les participants, quelle que soit l’issue du vote, et dont le contenu cette année avoisine la coquette somme de 200 000 dollars. Il fait bon perdre aux Oscars !

Emotion

Robots

Parmi les moments les plus émouvants de la soirée, on retiendra le numéro des robots de Star Wars montés sur scène, celui de Woody et Buzz l’Eclair, et l’hommage aux disparus (dont David Bowie !), sur « Blackbird » des Beatles, interprétée avec beaucoup de sensibilité par Dave Grohl, chanteur de Foo Fighters et ex-batteur de Nirvana.

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Glamour

Le prix AFAP de la plus belle robe est décerné à Cate Blanchett, sublime en Armani Privé.

Blanchett

INTÉGRALITÉ DU PALMARÈS DES OSCARS 2016

Crédits photos : AFAP remercie Getty Images, Abaca, AFP, Patrick Kovarick, Kevin Winter, Bestimage, Canal+

OSCARS 2015 PALMARÈS

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C’est l’année des petites révolutions ! Deux jours après une cérémonie des César plus excitante que prévu, celle des Oscars, présentée par Neil Patrick Harris, s’est, elle aussi, révélée plutôt étonnante. Moins consensuelle que d’habitude, la soirée a été ponctuée par des discours puissants et des déclarations engagées — sur l’égalité des salaires hommes-femmes (et l’égalité des droits tout court), l’injustice faite aux noirs, celle aux immigrés mexicains… — Et pourtant, cette 87eme nuit des Oscars avait débutée par une adorable ode à la famille par J. K. Simmons venu chercher son Oscar du Meilleur second rôle pour Whiplash. Même Lady Gaga a chanté (et bien) La Mélodie du bonheur, c’est tout dire…

 

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« Who gave this son of a bitch his green card ? » (Qui a donné une carte verte à ce fils de pute ?) Sean Penn annonçant l’Oscar du Meilleur film (Birdman) réalisé par Alejandro González Iñárritu

Ces temps-ci, il n’est pas de cérémonie réussie sans Sean Penn. Deux jours après avoir reçu les hommages du cinéma français sur la scène du Châtelet à Paris, l’acteur-réalisateur a créé un mini-scandale avec cette petite blague à l’encontre de son ami Alejandro González Iñárritu, qui l’avait dirigé en 2003 dans 21 grammes et auquel il s’apprêtait à remettre l’Oscar du Meilleur film. Si le cinéaste mexicain a trouvé la plaisanterie hilarante, le second degré de cette private joke n’a pas été capté par tout le monde et, depuis dimanche soir, Sean Penn est cloué au pilori sur les réseaux sociaux.

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Alejandro González Iñárritu, tout à sa joie d’avoir remporté quatre Oscars (Meilleurs film, réalisateur, scénario original et photographie) pour son Birdman, grand vainqueur de la soirée, a saisi la perche tendue par Sean Penn pour appeler à un meilleur traitement des immigrés mexicains aux Etats-Unis.

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Birdman, qui a remis en selle l’acteur Michael Keaton (entouré dans le film d’une belle brochette de stars – Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis…) est une comédie noire et fantasque sur les déboires d’un ex-acteur de films de super-héros qui tente de renouer avec la gloire au théâtre. Le film, qui a fait l’unanimité aux Etats-Unis, sera sur les écrans français dès demain.

 

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Bien lotis au palmarès eux aussi, le merveilleux et lubitschien The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson, décroche quatre Oscars (Costumes, direction artistique, maquillage et coiffure, bande-originale), et l’outsider Whiplash, déjà salué, entre autres, à Sundance, Deauville et aux Golden Globes, obtient trois statuettes, pour les Meilleurs second rôle (J.K. Simmons), montage et mixage sonore.

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J.K. Simmons

 

Les acteurs favoris ont eux aussi été couronnés. Six mois après avoir remporté un Prix d’interprétation à Cannes (pour Maps To The Stars) et une distinction aux Golden Globes, Julianne Moore a reçu des mains d’un Matthew McConaughey très barbu l’Oscar de la Meilleure actrice pour Still Alice, dans lequel elle incarne une linguiste atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle a entamé son discours de remerciement ainsi : « J’ai lu un article qui disait que gagner un Oscar pouvait rallonger l’espérance de vie de cinq ans. Si c’est vrai, j’aimerais remercier l’Académie parce que j’ai un mari plus jeune que moi. »

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Et comme au cinéma, la maladie paie, Eddie Redmayne a raflé comme prévu l’Oscar du Meilleur acteur pour Une merveilleuse histoire du temps. Il y campe le physicien Stephen Hawking, atteint de la maladie de Charcot. La joie du jeune acteur, très démonstratif sur scène, était rafraîchissante.

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Patricia Arquette, lauréate de l’Oscar du Meilleur second rôle féminin pour Boyhood, auquel elle a offert sa seule récompense (alors qu’il était l’un des favoris de la compétition) a fait un joli coup d’éclat sur scène. Après les remerciements d’usage, elle s’est lancée dans un plaidoyer en faveur de l’égalité des salaires hommes-femmes qui a fait se lever d’un bond Meryl Streep. Cette dernière a levé le bras en hurlant un « YES ! », applaudi par sa voisine Jennifer Lopez.

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Oscars-2015-L-egalite-salariale-Meryl-Streep-est-pour_portrait_w532« A toutes les femmes qui ont enfanté, à tous les contribuables et citoyens de ce pays, nous nous battons pour que chacun jouisse des mêmes droits. Il est temps pour nous les femmes d’obtenir l’égalité salariale et l’égalité des droits aux Etats-Unis. »

 

Autre temps fort de la cérémonie : la superbe prestation de John Legend et Common, entourés d’une chorale, interprétant sur scène « Glory », la chanson de Selma, le film d’Ava DuVernay retraçant la marche pour les droits civiques menée par Martin Luther King en 1964, injustement oublié des nominations cette année. S’en est suivie une standing ovation de la part d’un public en larmes (notamment David Oyelowo et Oprah Winfrey, l’acteur principal et la productrice du film, ainsi que Chris Pine).

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En recevant l’Oscar de la Meilleure chanson originale, les deux interprètes ont prononcé chacun un discours percutant. Common a évoqué le pont de Selma, où a eu lieu la marche civique : « L’esprit de ce pont dépasse la race, le genre, l’orientation sexuelle et le statut social. L’esprit de ce pont relie l’enfant du sud de Chicago rêvant d’une vie meilleure à ceux en France qui se lèvent pour la liberté d’expression, à ceux de Hong Kong qui manifestent pour la démocratie. Ce pont a été construit sur de l’espoir, soudé avec de la compassion et élevé avec de l’amour pour tous les êtres humains. »

Et John Legend de conclure : « Nous avons plus d’hommes noirs dans les prisons aujourd’hui qu’au temps de l’esclavage en 1850. »

 

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« Tonight we honor Hollywood’s best and whitest…. Sorry, brightest » (Ce soir nous honorons ce qu’Hollywood a de meilleur et de plus blanc… pardon, de plus brillant)

On notera que la soirée a été menée avec classe et professionnalisme, et pour la première fois, par Neil Patrick Harris (bien connu pour son rôle de Barney dans la série How I Met Your Mother), qui a entamé les festivités par un magnifique hommage au cinéma façon broadway, en poussant lui-même la chansonnette (rejoint par Jack Black et Anna Kendrick). Au cours de la soirée, le maître de cérémonie n’a pas omis de faire des allusions piquantes aux critiques récentes envers le manque de diversité dans la sélection des nominés, et s’est même fendu d’une arrivée en slip soulignée de « Acting is a noble profession » en clin d’œil à une séquence de Birdman.

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Parmi les autres faits marquants de la soirée, outre la découverte que le colosse Dwayne Johnson a pleuré devant Le Roi Lion (mais qui ne l’a pas fait ?), on retiendra que si Timbuktu s’est hélas fait ravir son trophée du Meilleur film étranger par le Polonais Ida de Pawel Pawlikowski, le compositeur français Alexandre Desplat a enfin reçu son premier Oscar après huit nominations infructueuses. Nommé à la fois pour The Imitation Game et The Grand Budapest Hotel, c’est avec ce dernier qu’il obtient sa statuette amplement méritée.

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The Imitation Game, sur la vie tragique du scientifique homosexuel Alan Turing, en lice pour l’Oscar du Meilleur film, n’est pas reparti bredouille. Le jeune scénariste Graham Moore, a remporté l’Oscar de la Meilleure adaptation et s’est fait remarquer sur scène avec un discours véhément et bouleversant. Il a déclaré qu’à seize ans, lui aussi se sentait différent et avait tenté de se suicider, avant de conclure sur un « Stay weird ! Stay different ! » (Restez bizarre ! Restez différent !) ovationné par toute la salle, et repris, depuis, en force sur les réseaux sociaux.

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Les nouveaux héros (Big Hero 6) a décroché l’Oscar du Meilleur film d’animation (Don Hall, l’un des coréalisateurs a qualifié son producteur John Lasseter de « best boss in the world »), et Citizenfour, de Laura Poitras, consacré à l’histoire d’Edward Snowden, celui du Meilleur documentaire.

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Enfin, Marion Cotillard portait une tenue moins risquée qu’à la soirée des César,

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Gwyneth Paltrow, avec sa rose géante sur l’épaule, aurait mérité l’Oscar de la Meilleure poupée Barbie.

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Scarlett Johansson celui de la coiffure la plus ratée,

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Pour Jared Leto un Oscar christique,

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et pour Emma Stone le titre de Miss Congeniality.

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