CÉSAR 2015 PALMARÈS

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Director Abderrahmane Sissako reacts next to his trophy after winning the Best Director Award for the film "Timbuktu" at the 40th Cesar Awards ceremony in Paris

« Il n’y a pas de choc des civilisations, il y a une rencontre de civilisations. » Abderrahmane Sissako

 

Finalement, les César ont du bon ! Injustement ignoré par le palmarès de Cannes en mai dernier, Timbuktu, fable poétique et ode à la résistance qui témoigne de la barbarie perpétrée par les djihadistes dans le nord du Mali, a raflé vendredi soir sept trophées sur les huit nominations annoncées, dont les plus prestigieux (Meilleurs film, réalisateur et scénario original). Sur scène, son réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako a rendu hommage à la France « capable de se dresser devant l’horreur » et a mis de la solennité et de la gravité dans une cérémonie toujours aussi longue, mais plus réussie que d’habitude, animée avec brio par un Edouard Baer survolté.

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Président inattendu de cette 40ème, Dany Boon, drôle comme il ne l’a pas été depuis longtemps, a d’emblée donné le ton en ironisant sur son manque de réussite aux César, où il a été trois fois nominé par le passé et est toujours reparti bredouille : « Mais, comme dirait Raymond Devos, trois fois rien, c’est déjà quelque chose. » Dans la foulée, il a évoqué avec humour l’absence, dans la liste des nominations, de Lucy de Luc Besson et de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?, les deux succès populaires retentissants de l’année. On saluera aussi les petits intermèdes plutôt pertinents (les enfants des nommés abandonnés par leurs parents en pleine période de vacances scolaires, le duel des auditions de Pierre Niney et Eric Elmosnino pour le rôle d’ Yves Saint Laurent, ou ce tournage de court-métrage improvisé auquel la Ministre de la culture Fleur Pellerin, « la fine fleur du gouvernement » s’est prêtée de bonne grâce). Ajoutés à cela la superbe prestation de Fatouma Diawara interprétant la chanson de Timbuktu, l’hommage émouvant et en chansons à Alain Resnais par ses comédiens fétiches devant une Sabine Azéma en larmes, et un second, à François Truffaut, par -M- revisitant la chanson de L’amour en douce créée par Alain Souchon alors qu’Edouard Baer tendait une trompette à Ibrahim Maalouf, et vendredi soir, les César avaient un petit goût d’Oscars.

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Côté compétition, les cartes ont été rebattues à chaque récompense engrangée par Timbuktu, qui n’a finalement laissé que des miettes aux autres films français en compétition. Saint Laurent, le grand favori aux dix nominations, est le premier à en avoir fait les frais. Le biopic de Bertrand Bonello, en dépit de qualités manifestes, s’est seulement vu attribuer le César des Meilleurs costumes. Malgré tout, ce trophée symbolique a tout d’une revanche pour une équipe à qui Pierre Bergé (il a tenté de faire barrage à cette production depuis le début) a interdit l’accès aux archives et collections du grand couturier. Aussi furibond que mauvais joueur, l’homme d’affaires a d’ailleurs tweeté, à l’issue de la cérémonie : « YSL Bonello. César du costume. Os à ronger. César de complaisance qu’il ne mérite même pas. Film méchant, homophobe, où seul Ulliel existe. »

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Le duel entre les deux Saint Laurent a finalement été désamorcé par Pierre Niney, venu chercher son César du Meilleur acteur. Très sport, le jeune acteur s’est adressé à son concurrent et ami Gaspard Ulliel, en regrettant que les médias aient fait des gorges chaudes de cette guerre entre les deux productions (un César au final pour chacune). On peut déplorer l’aspect « singe savant » de son jeu dans le film, mais Pierre Niney, comédien surdoué, n’a cependant pas volé sa récompense, même si le grand atout de ce biopic restera l’incarnation de Pierre Bergé par Guillaume Gallienne, immensément attachant en amant protecteur et jaloux. Hélas, ce dernier, nommé pour le César du Meilleur second rôle, s’est fait damer le pion par Reda Kateb, épatant aussi pour son rôle de médecin humaniste dans Hippocrate. Sur scène, tout en humilité, l’acteur de trente-sept ans, qui fait une carrière internationale, n’a pas boudé son plaisir, et a dit tout le bien qu’il pensait des seconds rôles, « ceux qui ne prennent pas toute la lumière. »

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L’autre grand favori de la compétition, Les Combattants, de Thomas Cailley, a en revanche reçu les honneurs qu’il mérite. Sacré Meilleur premier film, il voit ses deux jeunes comédiens principaux récompensés. Kévin Azaïs, frère de l’acteur Vincent Rottiers, remporte le César du Meilleur espoir (son discours, désarmant de naturel, a suscité l’hilarité générale), tandis qu’Adèle Haenel obtient celui de la Meilleure actrice (un an après avoir obtenu le César du Meilleur second rôle pour Suzanne), écartant ses prestigieuses aînées Marion Cotillard, Juliette Binoche et Catherine Deneuve. Désopilante dans le film de Thomas Cailley, la comédienne est venue recevoir son trophée en robe de soirée, mais avec la même allure de baroudeuse qui fait merveille dans Les combattants.

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“Place aux jeunes !” semblait être le mot d’ordre de cette quarantième qui a offert à Kristen Stewart, autre jeune fonceuse en robe du soir, le César du Meilleur second rôle féminin pour sa performance remarquée dans Sils Maria, d’Olivier Assayas. C’est la première fois qu’un César est attribué à une actrice américaine.

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Parmi les autres petits événements de la soirée, qui a, selon l’usage, traîné en longueur, on notera les larmes de la jeune Louane Emera, ex-candidate de The Voice, qui a décroché le César du Meilleur espoir féminin pour son rôle dans La famille Bélier (comédie largement plébiscitée par le public),

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la présence rare d’Etienne Daho, venu remettre (en chansons et avec l’actrice-chanteuse Cécile Cassel) le César de la Meilleure musique, la distinction attendue de Mommy au César du Meilleur film étranger (même si on pouvait lui préférer Grand Budapest Hotel), et l’hommage à rallonges de Marion Cotillard, dont la robe Dior (aussitôt rebaptisée « robe badminton » sur Tweeter) n’a pas fait l’unanimité, au génial Sean Penn, aussi chic que hagard, et qui n’en demandait pas tant. Enfin, si personne n’a mentionné Charlie au cours de la soirée, le dessinateur et réalisateur Joann Sfar, venu remettre le César du Meilleur film d’animation, a fait une allusion poignante aux événements tragiques de janvier en concluant « On n’est même pas sûr de pouvoir encore travailler tranquille. Mais on va essayer… »

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PALMARÈS

Meilleur film : Timbuktu

Meilleur premier film : Les Combattants (de Thomas Cailley) lire critique

Meilleur réalisateur : Abderrahmane Sissako (Timbuktu)

Meilleur actrice : Adèle Haenel (Les Combattants)

Meilleur acteur : Pierre Niney (Yves Saint Laurent)

Meilleur scénario original : Abderrahmane Sissako et Kessen Tall (Timbuku)

Meilleure adaptation : Volker Schlöndorff et Cyril Gely (Diplomatie)

Meilleur second rôle féminin : Kristen Stewart (Sils Maria)

Meilleur second rôle masculin : Reda Kateb (Hippocrate) lire critique et test DVD

Meilleur espoir féminin : Louane Emera (La famille Bélier)

Meileur Espoir masculin : Kévin Azaïs (Les Combattants)

Meilleur documentaire : Le sel de la terre (de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado)

Meilleur film étranger : Mommy (de Xavier Dolan)

Meilleur film d’animation : Minuscule, la vallée des fourmis perdues (de Thomas Szabo et Hélène Giraud)

Meilleur court-métrage d’animation : Les petit cailloux (de Chloé Mazlo)

Meilleur court-métrage : La femme de Rio (d’Emma Luchini et Nicolas Rey)

Meilleure musique : Amine Bouhafa (Timbuktu)

Meilleurs costumes : Anaïs Romand (Saint Laurent)

Meilleur son : Roman Dymny, Thierry Delor et Philippe Welsh (Timbuktu)

Meilleure photo : Sofian El Fani (Timbuktu)

Meilleurs décors : Thierry Flamand (La Belle et la bête de Christophe Gans) lire critique

Meilleur montage : Nadia Ben Rachid (Timbuktu)

César d’honneur : Sean Penn

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TOP SORTIES Semaine du 8 au 14 décembre 2014

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

L’événement de la semaine, c’est la sortie du nouvel et dernier épisode de la trilogie Le Hobbit, du fantastique Peter Jackson, qui tombe à point pour les fêtes de Noël. On a également appris que l’appel d’offres lancé récemment par Warner pour porter à l’écran Ready Player One, le roman de SF d’Ernest Cline, a mis les meilleurs réalisateurs sur les dents (Christopher Nolan, Peter Jackson, Robert Zemeckis sont en lice…), que le studio japonais Toho travaille sur un prochain Godzilla, et que Judd Apatow devrait produire Juliet, Naked, l’adaptation du récent roman de Nick Hornby (Kate Winslet devrait en être la vedette). Et tandis que la chaîne Syfy développe Krypton, une série préquelle de Superman, la pause de Noël à la télévision américaine perturbe la diffusion des séries en France (la saison 5 de The Walking Dead, interrompue sur OCS Choc, ne reprendra que début février, Scandal sera de retour fin janvier…). Et en attendant la parution en octobre 2015 de l’adaptation du Petit Prince, réalisée par Mark Osborne (Kung Fu Panda) dont la première bande-annonce est en ligne, voici ce qu’on peut découvrir cette semaine, en salles et ailleurs.

 

Cinéma
Sorties du mercredi 10 décembre

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 Le Hobbit : La bataille des cinq armées (The Hobbit : The Battle Of The Five Armies)
Peter Jackson  2014
Heroic fantasy (2h24)
Avec Ian McKellen, Luke Evans, Lee Pace, Richard Armitage, Martin Freeman, Evangeline Lilly
Parce que depuis le premier épisode du Seigneur des anneaux en 2001, Peter Jackson occupe une place particulière dans le cœur des amoureux de Tolkien et de l’heroic fantasy, domaine qu’il a tout bonnement révolutionné au cinéma. On lui fait confiance pour terminer l’aventure en beauté.
Bande-annonce

 

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Timbuktu
Abderrahmane Sissako  2014
Drame (1h37)
Avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kiki, Abel Jafri
Le cinéaste esthète et humaniste mauritanien, déjà auteur de l’excellent Bamako, reconstitue l’occupation de Tombouctou par les djihadistes qui ont soumis en 2012 les habitants à la loi islamique. Un chef-d’œuvre, injustement oublié du palmarès de Cannes cette année.
Bande-annonce

 

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Men, Women & Children
Jason Reitman  2014
Comédie dramatique (1h59)
Avec Jennifer Garner, Adam Sandler, Rosemary DeWitt, Ansel Elgort
Le réalisateur de Juno et de l’épatant Young Adult, passé maître dans l’art de parler de la jeunesse, des désillusions et des conflits de générations, se penche sur les problèmes de communication dans notre société ultra-connectée.
Bande-annonce

 

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Le chant de la mer (Song Of The Sea)
Tomm Moore  2014
Animation (1h33)
Le dessin animé traditionnel n’a pas dit son dernier mot ! Le réalisateur irlandais de Brendan et le secret de Kells revisite ici le mythe de la selkie, une fée de la mer, mi-femme mi-phoque, dans un sublime conte celtique qui n’a rien à envier au cinéma de Miyazaki.
Bande-annonce

 

Et aussi

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Qu’Allah bénisse la France!
Abd Al Malik  2014
Comédie dramatique (1h35)
Avec Marc Zinga, Sabrina Ouazani
Le rappeur français adapte son autobiographie dans ce film en noir et blanc, esthétique et pavé de bonnes intentions, et en appelle à Rocco et ses frères plutôt qu’à Scarface. La photo est signée Pierre Aïm, chef opérateur de La Haine, et la musique, Abd Al Malik, Bilal, Wallen et Laurent Garnier.
Bande-annonce

 

Sorties DVD/Blu-ray 
 

A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent)
Richard Lester
avec les Beatles
1964 – le 10 décembre en double-DVD et Blu-ray (Carlotta Films)

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Nouveau master restauré 4K, son en 5.1, le film culte tourné en pleine beatlemania paraît pour la première fois en Blu-ray (et double-DVD Collector). Il est enrichi d’interviews d’époque, de documents d’archives et d’analyses de spécialistes. On peut aussi le découvrir dès le 10 décembre en salles.

 

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Detective Dee 2 : la légende du Dragon des mers (Di Renjie : Shen du long wang)
Tsui Hark
avec Mark Chao, Feng Shaofeng, Carina Lau
1954 — Le 10 décembre en Blu-ray 3D, Blu-ray, DVD et Intégrale épisodes 1 et 2 (Wild Side Video)

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Tsui Hark continue à sublimer le genre du wu xia pian (film de sabre) dans ce deuxième épisode épique encore plus grandiose, somptueux et virevoltant.

 

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Les gardiens de la galaxie (Guardians Of The Galaxy)
James Gunn
Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Lee Pace, Dave Bautista
2014 — Le 13 décembre en Blu-ray 3D, Blu-ray et DVD (Marvel)

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Space opera déjanté et familial, le blockbuster le plus jubilatoire de l’été 2014 débarque en vidéo, prêt à être déposé au pied du sapin !

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Sacco et Vanzetti (Sacco e Vanzetti)
Giuliano Montaldo
Avec Gian Maria Volonté, Riccardo Cucciolla, Cyril Cusak
1971— Le 10 décembre Blu-ray et DVD Collector (Carlotta Films)

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Dans le Massachusetts en 1920, deux anarchistes italiens sont accusés à tort de braquage et condamnés à mort pour leurs convictions politiques… Giuliano Montaldo retrace leur destin tragique dans ce film engagé, que sa bande originale, signée Ennio Morricone, avec la participation de Joan Baez, a rendu mémorable. Il est disponible pour la première fois en version restaurée Haute Définition, assorti d’interviews du cinéaste et d’Ennio Morricone.

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True Blood saison 7
Alan Ball
Avec Anna Paquin, Stephen Moyer, Sam Trammel, Alexander Skasgard
2014 — Le 8 décembre en Blu-ray et DVD (Warner)

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True Blood, c’est fini ! Développées par Alan Ball (Six Feet Under) d’après la série de livres de Charlaine Harris, les aventures de la télépathe Sookie Stackhouse dans une Louisiane où coexistent humains et vampires ont été considérées comme une allégorie du mouvement pour les droits des homosexuels et des personnes transgenre. Un coffret paru à la même date regroupe les sept saisons de cette série aussi romanesque que fantastique entamée en 2008.

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